8 questions sur ses débuts au conservatoire
Vous rêvez de l’inscrire au conservatoire pour qu’il étudie la musique. Une décision qui soulève de nombreuses questions, du choix de l’instrument aux exigences de travail personnel. En effet, on ne se lance pas à la légère dans un tel investissement. Le point sur quelques interrogations fréquentes.

Un élève de CP peut-il concilier l’apprentissage de la lecture et du solfège ? Ou vaut-il mieux l’inscrire plus tard au conservatoire ?
Vous craignez une surcharge de travail à cette étape-clé de sa scolarité. Mais si votre enfant ne souffre pas de difficultés particulières, cette approche simultanée peut être tout à fait stimulante : lire des textes, déchiffrer des partitions, ces deux activités sollicitent la même réflexion. Par ailleurs, en musique, l’effort est moindre, il n’y a que sept notes à reconnaître. La découverte du solfège se greffe donc sans problème sur le processus d’apprentissage de la lecture.
Pourquoi commencer le solfège avant les cours d’instrument ?
Il est nécessaire d’avoir acquis une certaine aisance en rythme et lecture de notes avant de découvrir un instrument et ses techniques. Si l’élève n’a pas acquis les connaissances fondamentales en solfège, il sera freiné dans sa progression en piano, au violon... En une demi-heure de cours d’instrument, le professeur n’a pas le temps de combler les lacunes de son élève. Leurs horaires ne recoupent pas, certes, mais ces cours sont complémentaires.
Pendant un an, il n’étudie que du solfège. Ne risque-t-il pas de se lasser, lui qui était venu au conservatoire pour jouer d’un instrument ?
Certes, il sera déçu, mais patienter pendant un an ne sera pas une trop grande épreuve. D’une part, cela lui laisse du temps pour réfléchir au choix d’un instrument. Certains conservatoires proposent d’ailleurs des cycles d’ateliers à cette fin. D’autre part, le solfège ne se résume pas à de la théorie et va souvent de pair avec la participation à une chorale : l’enfant peut d’emblée coopérer avec d’autres enfants, ce qui est motivant.
Y a-t-il des critères d’âge pour certains instruments ?
En général, un enfant peut s’inscrire au conservatoire à partir de 5/6 ans, et il n’y a pas de limite d’âge. Pour certains instruments toutefois, il faudra patienter. Pour des questions de souffle par exemple, les élèves ne peuvent commencer la flûte que lorsqu’ils ont leurs dents définitives.
« Cours », « travail personnel »...Par certains aspects, les conservatoires fonctionnent comme des écoles. Leur but est-il de former de musiciens professionnels ?
Cette formation peut bien sûr ouvrir aux enfants d’autres horizons dans les domaines artistiques et culturels. Certains s’inscriront même par la suite dans des cursus spécifiques et feront de la musique leur métier. Mais le but des conservatoires est avant tout de former des musiciens amateurs, qui grâce à des cours complets, pourront jouer de la musique toute leur vie, pour leur plaisir, tout simplement.
Peut-on progresser sans avoir l’oreille musicale ?
Durant les premières années, tout est affaire de concentration, de motivation et de travail personnel. Les cours de musique s’adressent à tous et pas aux seuls petits Mozart en herbe. Les élèves qui font preuve de sérieux pourront acquérir en 5/6 ans un niveau tout à fait honorable, et jouer de la musique toute leur vie, pour leur propre loisir ou dans des groupes d’amateurs.
Il veut faire du violon ; et ce n’est absolument pas l’instrument auquel vous pensiez. Faut-il suivre son choix ?
S’il vous en parle depuis quelques temps et semble très motivé, pourquoi ne pas l’écouter ? Cette motivation est le gage d’un investissement personnel certain. Ne lui faites pas tout un réquisitoire des difficultés qui l’attendent, discutez avec lui pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un engouement passager.
Au bout de quelques cours, il se décourage et ne veut plus retourner au conservatoire. Que faire ?
Peut-être n’était-ce pas le bon moment. Ou peut-être ne s’agit-il que d’une impression passagère, parce qu’il n’a pas encore d’amis, parce qu’il ne comprend pas bien encore le fonctionnement du cours... Il faut donc insister un minimum, et se donner quelques mois pour juger de la situation. Si au bout d’un an, rien n’a changé, inutile en effet de s’entêter.
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Merci à Sophie, professeur de piano.
Aurélie Djavadi.
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