Accueil Studyparents >> Psycho/santé >> Aborder la question de l’argent avec l’adolescent
Comment réagir si l’adolescent veut travailler parallèlement à ses études ?
Si l’adolescent exprime le désir de travailler parallèlement à ses études, les parents peuvent discuter avec lui des inconvénients d’un travail rémunéré après l’école. L’idée n’est pas de rejeter ce désir de l’adolescent, mais de lui faire prendre conscience de ce que cela implique une certaine organisation et un certain investissement. Les parents peuvent aider l’adolescent à discerner ce qui est le plus important pour lui, cependant la décision de mener à bien ce projet lui appartient. Les parents peuvent accepter que l’adolescent effectue un « petit boulot » à condition que cela n’entrave pas son temps d’étude, et que cela soit un temps très partiel. Si les parents considèrent que les études de l’adolescent sont susceptibles d’en pâtir, ils peuvent décider d’augmenter son argent de poche. Si le cursus de l’adolescent est médiocre, l’empêcher de travailler après l’école ou l’obliger à quitter son job, n’améliorera pas nécessairement les résultats. L’adolescent peut même désinvestir sa scolarité s’il sent que ses parents ne lui font pas confiance et ne le sentent pas responsable.
Que faire si l’adolescent dépense sans compter ?
Vêtements, maquillage, jeux vidéo ou bandes dessinées... Les adolescents claquent leur argent de poche sitôt qu’ils l’ont reçu, car ils ont du mal à refréner leurs envies et, du coup, ils dépensent sans compter. Cette attitude peut inquiéter les parents concernant la capacité de leur enfant à gérer son argent lorsqu’il sera plus âgé.
Devant ce constat, les parents peuvent aider l’adolescent à mieux utiliser son argent. L’idée première est de commencer par définir une somme fixe à allouer à l’adolescent toutes les semaines ou tous les 15 jours, pour initier ce dernier à tenir des comptes sur une courte période. Quand il sera suffisamment entraîné, ce délai pourra être allongé à une fois par mois. La somme peut être également modifiée et ajustée en fonction de certaines situations (classe de neige, période de vacances).
Ensuite, les parents doivent éviter de tomber dans le piège de l’adolescent qui n’a plus d’argent et vient réclamer une petite avance ou une rallonge. Si les parents cèdent, les notions de budget et d’économies perdent de leur sens. Il n’est cependant pas exclu d’offrir des objets à l’adolescent de temps à autre. Un cadeau et une rallonge financière n’ont pas la même valeur. De plus, les parents doivent tenir le même discours et ne pas se désolidariser, sous peine de voir l’adolescent rechercher une faveur chez un des deux parents quand ce dernier a dit non, et inversement.
Les parents peuvent également rappeler tout simplement la notion d’argent, aider l’adolescent à évaluer ses dépenses, à faire des économies, à réfléchir avant d’acheter un article, patienter avant d’acheter l’article tant convoité (le plaisir n’en sera qu’accru). Il est important pour son avenir que l’adolescent accepte la frustration de ne pas obtenir tout ce qu’il désire dans l’immédiateté sous peine de le voir se transformer en « insatisfait chronique ».
Quelle attitude adopter face à l’adolescent par rapport à l’argent ?
L’argent est fréquemment un médiateur de lien entre l’adolescent et ses parents. En effet, les parents qui constatent que leur adolescent gagne en autonomie craignent qu’il ne s’éloigne de plus en plus, jusqu’à oublier leur existence. Ils utilisent alors l’argent pour garder un lien ou un contrôle sur leur enfant, pour éviter la séparation. Or, un adolescent qui est maintenu dans la complète dépendance financière de ses parents ne peut pas devenir autonome. Les parents doivent essayer de ne pas tout financer. Ils peuvent faire participer l’adolescent en ne payant qu’une partie et en lui laissant l’autre. Bien sûr, il faut tenir compte des ressources de l’adolescent, l’idée étant de lui faire intégrer les notions d’argent, d’épargne et de patience.
De même, si l’adolescent ne jure que par son indépendance, les parents ne doivent pas le laisser sans ressources du jour au lendemain, sous peine que l’adolescent ne se sente abandonné. Il est nécessaire d’effectuer une transition en douceur vers l’autonomie : le laisser seul un week-end, lui permettre d’effectuer un petit travail d’appoint, l’aider à passer son permis ou lui proposer la conduite accompagnée par exemple.
Comment encourager l’adolescent à faire du bénévolat ?
Les adolescents se montrent fréquemment intéressés par les grandes causes, les projets à caractère humanitaire, les catastrophes écologiques, et le bénévolat en général. Si les parents sentent un profond intérêt chez leur adolescent, ils peuvent l’encourager à explorer quelques pistes peut-être moins ambitieuses mais très formatrices. Le bénévolat combat la souffrance et l’injustice. Il permet également à l’adolescent de se confronter à la réalité et à la désillusion, car changer le monde n’est pas une chose aussi aisée qu’il y paraît.
Les secteurs accessibles aux bénévoles adolescents sont assez diversifiés. Ils peuvent notamment concerner le secourisme, les animaux ou la solidarité. Certains de ces bénévolats nécessitent une autorisation parentale. Le secourisme auprès de pompiers par exemple permet à l’adolescent de s’initier aux techniques de secours et de lutte contre l’incendie. En ce qui concerne la cause animalière, l’adolescent peut travailler dans les refuges, sortir et soigner les animaux. Dans le cadre de la solidarité, l’adolescent peut rendre visite à des personnes âgées ou distribuer des repas dans des espaces réservés aux personnes sans domicile fixe.
Extrait de : Comment motiver votre enfant, Caroline SAHUC, collection Eclairages aux éditions Studyrama


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