Ados : questions d’autorité
Range ta chambre, viens manger à l’heure, ne rentre pas trop tard à la maison...Quand arrive l’adolescence, tout devient sujet à discussion. Votre enfant n’acquiesce plus comme avant à vos ordres et néglige vos conseils. Un impératif : rester à l’écoute, sans renoncer à fixer des limites.

Aujourd’hui, beaucoup de parents pensent que l’autonomie s’acquiert hors de la famille, dans le monde de la culture « jeune ». En revanche, ces mêmes parents restent parfois très exigeants en ce qui concerne l’école, enjeu important et objet de sanction. Conclusion ? Ils desserrent la vis pour les loisirs - sorties, musique, jeux vidéos - mais la resserrent trop pour les études.
Restez mesuré !
Qu’il s’agisse de l’école où des sorties, l’objectif est le
même : rester vigilant mais responsabiliser l’ado.
Bref... opter pour un savant dosage entre liberté et
contrôle.
Comment ? En jouant son rôle de parent. Un rôle
indispensable ! Essentiel ! Vital pour les jeunes ! Dans
cette période d’égoïsme et de fragilité, le rôle des
parents consiste à faire contrepoids, à créer autour
d’eux un univers stable, sécurisant, rassurant. En deux
mots, il convient de faire preuve d’une juste
autorité.
Un grand besoin de stabilité
Pour faire face à leurs turbulences intérieures, ils ont besoin de trouver auprès de leurs parents, les personnes auxquelles ils tiennent le plus au monde, même s’ils le nient, la stabilité, la sécurité qu’ils n’ont pas en eux-mêmes.
Des « non » fermes et argumentés
Pour éviter qu’ils ne dérivent et ne se mettent en danger,
il leur est nécessaire de sentir qu’ils sont protégés
par des personnes fiables qui les empêcheront de franchir
certaines limites.
« Non, tu ne sors pas dans cette tenue provocante. »
« Non tu ne rentres à 4 heures du matin. »
Un « non » argumenté et ferme. Et si tu n’obéis pas, la
sanction tombe ! On explique, on discute, on négocie,
mais on fixe des règles. Les ados ont besoin d’une
boussole pour s’orienter. Aux parents de leur montrer
les grandes directions.
Sans limites, la liberté est un poids et une source
d’angoisse. On ne sait qu’en faire ! La résistance parentale à laquelle ils se heurtent leur permet de s’opposer, de mesurer les risques, de prendre leurs responsabilités, de décider et d’exister par eux-mêmes. C’est le but de l’éducation. Avant de prendre leur envol, il faut qu’ils se fassent les griffes sur un mur solide qui ne s’effrite pas à chaque fois qu’ils l’égratignent.
ATTENTION
Les sanctions doivent être mesurées, adaptées et parfois négociées. Ne vous laissez pas aller : non absolu aux sévices physiques : gifles, coups...
Évitez à tout prix les humiliations verbales : « Tu me fais honte », « Tu n’arriveras à rien... »
De même, veillez à ne pas céder au chantage affectif :
« Si tu m’aimes, tu ne fais pas ça... »
Et en cas de débordement accidentel, toujours s’en expliquer calmement avec l’ado. |
Et quand l’autorité ne marche pas !
C’est souvent le cas, mais seulement en apparence ! Beaucoup de parents sont découragés parce qu’ils ont l’impression que toutes les punitions, toutes les sanctions
ou les mises en garde n’ont aucune prise sur leur ado. C’est épuisant, éreintant de revenir inlassablement sur les mêmes sujets, d’essayer d’imposer une discipline qui est sans arrêt contestée, discutée. Malgré tout, il ne faut pas désespérer. Parce que même si ça ne se voit pas, à la longue ça fonctionne, quand on sait aussi faire preuve d’indulgence et de modération. Les résultats se feront sentir tôt ou tard et, devenus adultes, les ados seront reconnaissants à leurs parents d’avoir tenu bon jusqu’au bout !
L’autorité mais pas l’autoritarisme
L’autorité n’est pas une fin en soi. C’est un cadre nécessaire et sécurisant à condition de faire preuve également de :
• disponibilité, qualité d’écoute ;
• tendresse, indulgence ;
• confiance. |
Extrait de Mon ado est en crise, Dominique François, coll.Que faire, éd. Studyparents, avec la participation de PsychoEnfants.
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