Bâtiment, des opportunités de carrière
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Le bâtiment est un secteur d’avenir. C’est le message que la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) lance aux jeunes. A l’occasion du concours national « Conjuguez les métiers du bâtiment au féminin », elle invite notamment les collégiens à découvrir la diversité de ses professions et parcours de formation. Roselyne Lecoultre, présidente de la Commision nationale des femmes d’artisans, nous présente cette initiative.

- Quels sont les objectifs du projet « Conjuguez les métiers du bâtiment au féminin » ? Il concerne plus particulièrement les filles, mais les garçons ne manquent-ils pas eux aussi d’informations sur ces métiers ?
Les filles sont aussi aptes que les garçons à réussir dans les métiers du bâtiment, c’est l’un des messages clés de l’opération. Les équipes qui concourrent sont mixtes : garçons et filles ont besoin les uns des autres pour réussir et cela prouve aux filles qu’elles sont les bienvenues dans le secteur du bâtiment ! Mais c’est aux jeunes en général que nous nous adressons. Il s’agit de corriger les idées reçues du type « si tu n’es pas bon à l’école, tu iras dans le bâtiment ». Bien au contraire, on ne doit pas choisir ces orientations par défaut. Nous avons besoin de personnes compétentes, qui ont suivi des formations adaptées.
Par ailleurs, le secteur a beaucoup évolué : les charpentiers par exemple peuvent utiliser des machines à commande numérique tandis que les maçons recourrent à la mécanisation des tâches. Des réalités bien éloignées de l’image que l’on se fait de ces métiers.
- Pourquoi ce concours est-il dédié aux collégiens ? La classe de troisième est-elle le moment propice pour envisager cette orientation professionnelle ?
Depuis 2006, une option de découverte professionnelle est proposée en classe de troisième. C’est dans ce cadre que nous pouvons mettre en place de telles actions. Ce concours les invite à se rendre dans des entreprises et à discuter avec des professionnels. Seules ces rencontres leur permettront de faire évoluer leur projet.
De plus, la troisième est un palier d’orientation ; à ce stade-là, les élèves peuvent déjà faire le choix d’un BEP.
- Comment présenteriez-vous le secteur du bâtiment à des élèves ?
De nombreux niveaux de qualification, des compétences très variées : la diversité est une caractéristique fondamentale du bâtiment. Ce secteur ouvre une multitude de perspectives, dans la menuiserie, la serrurerie, l’électricité, la plomberie, la maçonnerie... De plus, il est actuellement très lié aux questions de développement durable, si chères aux jeunes. Toutes les installations devront respecter des normes très précises dans les années à venir. La protection de l’environnement et ses impératifs ont bouleversé le secteur du bâtiment. De nombreux chantiers s’annoncent, et les jeunes vont être des acteurs majeurs de ces changements.
- Quels sont les atouts de ces métiers ?
Il y a tout d’abord de nombreuses possibilités d’évolution professionnelle. On peut très vite devenir son propre patron. On observe souvent cette ambition chez les filles : quand elles choisissent le bâtiment, 90% d’entre elles déclarent vouloir devenir chefs d’entreprises. Rappelons que dans les quinze ans à venir, 30% des entreprises d’artisanat vont changer de patron. Les jeunes trouveront toujours un travail près de chez eux, il n’y a pas de délocalisation, ces entreprises s’inscrivent dans le tissu économique local. Les salaires également sont intéressants.
- Vous dites que les filles qui choisissent le bâtiment sont très motivées. Est-il donc nécessaire de leur rappeler l’intérêt des métiers du bâtiment ?
Jusqu’ici, les jeunes filles qui s’orientaient vers le bâtiment étaient animées par une vocation, ou avaient pu se familiariser avec cet univers grâce à des personnes de leur famille qui y travaillent. Elles sont encore peu nombreuses parmi les artisans. Nous souhaitons que les jeunes filles qui n’ont pas encore de projet considèrent nos métiers parmi l’éventail de choix d’orientation. Il s’agit de sensibiliser un public plus large à nos carrières.
Durant le concours, les garçons coopèrent avec des filles, ce qui leur donne une autre image du secteur. Plus tard, ils auront moins de réticences à embaucher des femmes.
- Un mot pour conclure ?
Je suis ravie que nous organisions ce concours pour la deuxième année consécutive, c’est un très bon moyen de nouer un dialogue entre écoles et entreprises.
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Propos recueillis par Aurélie Djavadi. (le 18/10/07)
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