Des étudiants mobilisés contre l’échec scolaire
Le 24 septembre 2008, des bénévoles, des parents et des enseignants se réunissent dans toute la France. Le but : esquisser des solutions pour enrayer l’échec scolaire. L’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) est à l’origine de cette initiative. Le point sur l’action de ces jeunes engagés contre les inégalités, avec Tanguy Fichou, chargé de communication de l’AFEV.

Pourquoi une telle mobilisation ?
15% des élèves qui entrent en sixième éprouvent de grandes difficultés à lire et à écrire. 1 jeune sur 5 quitte le système scolaire sans diplôme. Et d’une année sur l’autre, la situation reste aussi préoccupante. Pourtant, sur le terrain, de nombreux bénévoles s’investissent pour aider ces enfants et adolescents à surmonter leurs difficultés. Mais il manque une coordination globale. Au-delà d’une prise de conscience du problème, il s’agit d’enclencher une vraie dynamique de lutte contre l’échec scolaire au niveau national. Voilà l’objet de la journée du 24 septembre.
Comment interviennent les membres de l’AFEV ?
Nous travaillons avec l’Education nationale. Ce sont les enseignants qui orientent les élèves les plus en difficulté vers l’AFEV. Ils sont pour la plupart inscrits au primaire ou au collège, et abordent une étape cruciale de leur parcours : entrée au CP, passage du CM2 à la sixième, choix d’orientation en troisième... Nous mettons alors en place un accompagnement individualisé : chacun d’entre eux est parrainé par un étudiant, à raison de deux heures par semaine. Le bénévole l’aide dans ses devoirs, lui conseille des méthodes de travail. Mais au-delà du travail scolaire, il organise aussi des activités de découverte éducative : visite de musée, sortie à la bibliothèque...
Quels sont les bénéfices de cette formule ?
19% des parents estiment que leurs enfants aiment beaucoup plus aller à l’école depuis qu’ils sont accompagnés par l’AFEV. 83% d’entre eux ont aussi remarqué une amélioration des notes. D’après cette enquête menée par Trajectoires Reflex en février 2008, les résultats de notre action sont positifs. Le plus de ce soutien individualisé : l’étudiant se démarque de l’institution scolaire, parfois perçue comme coercitive ou rejetée par les élèves en difficulté. Il devient un tiers auquel on peut se confier, un jeune en voie de réussite auquel on peut s’identifier.
Un mot pour conclure ?
Nous suivons chaque année 10000 élèves dans leurs études. Or on compte 150000 jeunes en difficulté scolaire. L’école a un rôle à jouer, les familles aussi... Mais les causes de l’échec scolaire sont si diverses qu’il faut construire de nouvelles politiques publique.
Propos recueillis par Aurélie Djavadi (septembre 2008)
|