Comment peut-on définir la déficience intellectuelle ?
La déficience intellectuelle, ou retard mental, fait partie des troubles du développement. Cela correspond à un délai plus ou moins important dans la construction des capacités mentales. Il peut signifier un retard du développement de l’intelligence de l’enfant. Il renvoie à un handicap global qui va concerner les efficiences intellectuelles exprimées par l’enfant.
Le retard mental touche 1 % de la population, et se définit par 3 critères dont l’existence d’un quotient intellectuel (QI) inférieur ou égal à 70, un déficit du comportement adaptatif (capacités d’autonomie et de socialisation) par rapport à un environnement social, et la manifestation de la déficience au cours du développement, de la période de la naissance à l’âge adulte. La déficience intellectuelle doit être distinguée des déficits sensoriels (malvoyance, surdité, audimutité), des déficits instrumentaux (dyslexie, dysphasie, dysorthographie), des handicaps moteurs (infirmité motrice cérébrale), des pseudo-arriérations culturelles des enfants transplantés parlant une langue étrangère, des retards scolaires dus à l’absentéisme, des retards liés à des troubles psychoaffectifs, et des troubles psychiatriques (dépression).
Quelles sont les caractéristiques cognitives des enfants déficients intellectuels ?
Au niveau cognitif, le premier point est une lenteur ou un retard du développement intellectuel. Il existe un décalage par rapport aux normes ; les compétences se développent à des vitesses différentes.
Le deuxième point concerne le ralentissement ou l’arrêt prématuré du développement, qui entraîne un inachèvement de construction cognitive et une stagnation du développement intellectuel.
Le troisième point concerne le traitement de l’information. L’enfant a des capacités attentionnelles fragiles, des processus attentionnels défaillants, une mémoire de travail faible et une sensibilité à l’environnement. De même, la résolution de problèmes s’appuie sur la flexibilité, la souplesse cognitive qui suppose des capacités de passer d’une information à une autre. Or chez ces enfants, il y a une certaine lenteur, une confusion à réfléchir et à mettre en lien les connaissances, donc peu de stratégies cognitives.
Cependant, on observe que lorsque l’environnement est structuré et organisé, et quand la mise en œuvre des compétences de l’enfant est organisée, les performances sont meilleures, ce qui ouvre la voie de possibilités d’adaptation.
Quelles sont les caractéristiques socio-affectives des enfants déficients intellectuels ?
Voici les caractéristiques socio-affectives concernent l’adaptation sociale et les fonctions psychologiques de défense et de dégagement. La motivation et l’intérêt sont faibles. Il existe un défaut d’investissement des domaines cognitifs et culturels, ainsi que des difficultés à imaginer qu’un apprentissage peut être source d’enrichissement. Ces difficultés peuvent être liées à des identifications douloureuses, voire impossibles, aux parents, aux éducateurs porteurs de ces idéaux concernant l’autonomie et l’apprentissage.
L’estime de soi est généralement faible et fragilisée par les échecs d’apprentissage de l’autonomie et les échecs relationnels. Les apprentissages scolaires ou préscolaires sont trop exigeants et les échecs sont trop importants par rapport aux investissements. Ainsi, ces enfants se trouvent rapidement en situation d’échec, ce qui peut se transformer en situation d’infériorité. S’ils continuent leur scolarité en milieu ordinaire, leur situation d’échec scolaire peut renforcer leurs inhibitions et la lenteur de leur développement. Les adultes peuvent exiger trop en regard des capacités de l’enfant.
Les échecs sont également possibles dans les relations. Les autres enfants et les adultes ne comprennent généralement pas l’enfant déficient mental. Il peut donc être rapidement marginalisé et exclu. Leur non-appartenance au groupe est parfois accentuée par des jugements implicites ou explicites de l’enseignant ou des camarades et par leur échec dans les tâches scolaires. Cela peut être vécu comme une blessure narcissique qui va souligner le décalage entre le désir de réussir (celui de l’enfant, partagé par les adultes) et la réalité. On peut observer l’installation de sentiments d’insécurité, d’instabilité, d’échec, qui peuvent s’exprimer par de l’agressivité, de l’agitation, des troubles du comportement contre l’entourage, pour tenter de s’ajuster face à la frustration. L’enfant déficient intellectuel peut chercher à dissimuler son infériorité de façon maladroite et dérisoire par l’entêtement, la négation de l’échec ou l’affirmation de la réussite, ou bien fuir les situations génératrices d’échecs, qui engendrent l’instabilité ou l’hyperémotivité, par des mensonges et des fabulations.
Quels sont les différents degrés de sévérité de déficience ?
Les différents degrés de sévérité se mesurent à l’aide de tests psychométriques, et permettent notamment d’obtenir un quotient intellectuel (QI) qui permet de situer l’enfant par rapport aux enfants du même âge.
Les enfants qui présentent un retard mental dit léger ont un quotient intellectuel compris entre 55 et 70, ce qui correspond à un décalage de 3 ou 4 ans. Cela correspond à 85 % des enfants atteints de retard. Ce sont les acquisitions scolaires qui sont principalement touchées. Le retard léger nécessite la mise en place d’une prise en charge éducative spécialisée ou un encadrement dans une classe adaptée.
Les enfants chez lesquels on identifie un retard mental dit moyen possèdent un quotient intellectuel compris entre 35-40 et 50-55. Cela représente 10 % des enfants atteints de retard. Le retard concerne l’apprentissage préscolaire et relève d’une prise en charge éducative spécialisée. Ces enfants peuvent acquérir une certaine forme d’autonomie. Adolescents, ils possèdent l’équivalent d’un développement mental d’un enfant de 6-7 ans.
Les enfants qui ont un retard mental dit grave obtiennent un quotient intellectuel compris entre 20 et 35-40. Cela correspond à 3 à 4 % des enfants atteints de retard. Ces enfants ont peu ou pas d’acquisitions préscolaires, c’est-à-dire qu’ils ont des problèmes de développement du langage et du développement moteur. Ces enfants doivent être pris en charge par le biais d’une éducation spécialisée.
Les enfants qui présentent un retard mental dit profond possèdent un quotient intellectuel inférieur à 20. Cela touche 1 à 2 % des enfants atteints de retard. L’enfant possède des capacités sensori-motrices très limitées et des anomalies neurologiques sévères qui nécessitent une éducation spécialisée. A ce niveau, on parle souvent de polyhandicap, car ces enfants ont des troubles moteurs généralisés et des invalidités multiples. Ils sont généralement accueillis en maison d’accueil spécialisée.
Quel est le contexte d’apparition d’un retard mental ?
Pour environ deux tiers des enfants présentant un retard, le contexte d’apparition est connu, et se compose de facteurs isolés ou combinés. Pour le tiers restant, il n’y a pas d’explication particulière. Parmi les facteurs connus, on peut citer des facteurs biologiques, comme des problèmes métaboliques qui interfèrent au niveau du cerveau ou des anomalies chromosomiques de type « trisomie 21 » ou « syndrome du X fragile ».
Au niveau de la grossesse, on peut retrouver des altérations précoces du développement de l’embryon comme une atteinte prénatale d’origine toxique (alcoolisme maternel, infection, médicament, drogue...) ou des problèmes périnataux comme la malnutrition fœtale ou la prématurité.
D’autres facteurs sont à mettre en lien avec les affections physiques dans l’enfance comme les infections de type méningites sévères, des traumatismes ou l’épilepsie. Une carence affective et une absence de stimulation sociale sont des facteurs environnementaux qui jouent également un rôle important. En dernier lieu, cela peut être des troubles psychologiques comme l’autisme ou le syndrome de Rett, dans lesquels il y a une perte des acquisitions intellectuelles.
Extrait de : Comment motiver votre enfant, Caroline SAHUC, collection Eclairages, éditions Studyparents
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