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Comment prendre en charge et aider un enfant déficient intellectuel ?

La déficience intellectuelle, ou retard mental, fait partie des troubles du développement. Cela correspond à un délai plus ou moins important dans la construction des capacités mentales. Il peut signifier un retard du développement de l’intelligence de l’enfant.



Prendre en charge et aider un enfant déficient intellectuel

La détection et la prise en charge précoces sont importantes car l’enfant déficient doit être stimulé dans une certaine intensité (ni trop excessive, ni trop faible) et le plus tôt possible. En effet, un enfant déficient non stimulé peut voir son état s’aggraver. L’objectif n’est pas d’accroître à tout prix les performances intellectuelles qui resteront plus ou moins faibles selon le retard, mais de développer au maximum l’autonomie et les capacités sociales de l’enfant, pour qu’il soit susceptible de mener une vie aussi adaptée que possible. L’acquisition de la maîtrise sphinctérienne représente par exemple une étape importante. Les performances intellectuelles pourront être certes améliorées dans une certaine limite.

Les parents peuvent choisir de s’occuper personnellement de l’enfant ou de le confier à une institution spécialisée. Cela représente un problème relativement délicat dans la mesure où l’enfant déficient demande une constante attention. De plus, les soins sont totalement différents en fonction de la gravité du retard. Ainsi les enfants présentant un retard moyen doivent être aidés au maximum afin de développer le plus possible leur potentiel de développement. Au contraire, l’enfant qui présente un retard profond nécessite des soins constants et doit être considéré par ses parents en fonction de son âge mental et non de son âge réel. Il a cependant besoin comme tout autre enfant, d’amour, d’affection, d’attention, de jeu, d’amis, pour ressentir sécurité et bonheur, et ne pas se replier sur lui-même.



L’idée majeure est avant tout d’être patient, de ne proposer qu’une activité à la fois, de ne transmettre qu’une information importante dans un même temps, et de tenir compte de l’instabilité et de la fatigue de l’enfant. Certains parents choisissent d’ignorer le retard mental de leur enfant et font semblant de croire que leur enfant est normal. Ils essaient à tout prix de lui inculquer des connaissances qui dépassent de loin ses capacités et se positionnent dans une dynamique de stimulation constante. Cette sur-stimulation est nocive pour l’enfant et peut entraîner un repli sur soi. De plus, lorsqu’il s’agit d’un retard profond, l’enfant ne connaît que l’échec. Il perd alors confiance en lui, a tendance à devenir agressif et opposant, et peut basculer dans la maladie mentale (psychose).

Les parents peuvent également demander une prise en charge de type psychothérapie tant pour l’enfant que la famille. En effet, cela permet à l’enfant présentant un retard simple de traiter son inadaptation familiale et son anxiété, et à la famille (parents, fratrie) de tenter d’accepter le déficit intellectuel de l’enfant. Le thérapeute doit les déculpabiliser et leur indiquer l’attitude la plus juste à adopter afin d’éviter le rejet et la surprotection dommageables pour l’enfant.

Pour les enfants déficients, ces thérapies utilisent le langage habituel des enfants (jeux, dessins, pâte à modeler), ainsi que le langage proprement dit, afin de permettre une qualité d’échange qui facilite l’expression de la vie émotionnelle et affective de l’enfant. De plus, elles impliquent toujours l’enfant comme une personne singulière, engagée dans un échange avec une autre personne, afin d’obtenir une sédation d’une souffrance psychique et une transformation de la personnalité.

Les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP), à mi-chemin des centres hospitaliers et services de PMI (protection maternelle et infantile), permettent d’effectuer le bilan du handicap chez l’enfant d’âge préscolaire, d’organiser sa prise en charge thérapeutique sans le soustraire au milieu familial. Ils ont un rôle de guidance psychologique et de soutien technique dans la réadaptation.

Au niveau pédagogique, les enfants présentant un retard léger peuvent être placés dans des classes d’attente permettant de reculer l’entrée au cours préparatoire, dans des classes de perfectionnement à faible effectif, ou dans des sections d’éducation spécialisée (SES) annexées à plusieurs collèges. Au niveau médico-pédagogique, deux sortes d’instituts médico-pédagogiques peuvent accueillir des enfants déficients. Les externats médico-pédagogiques (EMP) reçoivent les enfants qui ont des retards légers ou moyens, et sont constitués d’une équipe pluridisciplinaire (éducateurs spécialisés, psychothérapeutes, psychomotriciens, kinésithérapeutes, orthophonistes, psychiatres).

Les rééducations psychomotrices sont instaurées en complément des différents modes d’expression corporelle déjà utilisés dans l’institution (éducation psychomotrice de base, éducation physique et sportive, danse rythmique, théâtre, piscine, poney). Les internats médico-pédagogiques (IMP) gèrent les enfants qui ont un retard grave assorti de troubles caractériels mal tolérés dans leurs familles. Ils prennent également en charge les enfants présentant un retard profond.

Le Comité d’étude et de soins aux polyhandicapés (CESAP) de la Région Parisienne assure les consultations médicales pour les enfants pris en charge par leurs familles. Les centres médico-psychologiques (CMP) et les centres médico-psychopédagogiques (CMPP), qui possèdent une équipe pluridisciplinaire, sont réservés aux enfants vivant dans leur famille et souffrant de difficultés psychologiques.
Les instituts médico-professionnels (IMPro) et les ateliers protégés (centres d’aide par le travail, ou CAT) sont destinés à favoriser l’insertion professionnelle des adolescents déficients intellectuels.

Comment respecter les besoins des adolescents déficients intellectuels ?

Ces adolescents, même déficients, n’échappent pas aux bouleversements pubertaires : ils ont toutes les interrogations et les incertitudes de la crise pubertaire avec cependant plus de difficulté à les comprendre et à maîtriser le trouble émotionnel qui en résulte. Les angoisses qu’ils ressentent et provoquent dans l’entourage (familial, social et institutionnel) s’en trouvent majorées. Elles risquent d’aggraver en retour l’expression pulsionnelle qui traduit leur déstabilisation au sortir de l’enfance ainsi que leur désorientation devant le passage vers le monde adulte. C’est l’époque où les risques de passages à l’acte (fugues, agressivité, repli) augmentent et sont susceptibles d’entraîner un très haut risque d’exclusion familiale, sociale, et même institutionnelle. L’idée est de se montrer particulièrement attentifs et disponibles à l’égard de ces adolescents. Il est nécessaire d’informer l’adolescent de ses limites, de ses possibilités, du sens de l’éducation, pour lui redonner une maîtrise sur son devenir. Il s’agit de respecter l’adolescent et laisser s’exprimer ses revendications, de lui offrir les soutiens nécessaires pour traverser sans trop de souffrance l’adolescence, en étant à juste distance, en rencontrant par exemple l’équipe qui s’occupe de l’enfant. Le rôle des parents et de l’institution est de préparer l’adolescent déficient à une vie d’adulte aussi autonome que possible, en lui permettant de s’entraîner à un maniement responsable de l’argent et à l’exercice de ses responsabilités.

Extrait de : Comment motiver votre enfant, Caroline SAHUC, collection Eclairages, éditions Studyparents

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