Comment sensibiliser l’adolescent à l’importance du cursus scolaire ?
L’adolescence est une période de remaniements qui déstabilise plus ou moins intensément l’adolescent. Ce dernier a besoin de ses parents malgré ses revendications d’indépendance. De leur côté, les parents doivent comprendre que les méthodes autoritaires (punitions, sanctions) sont inefficaces et qu’elles font de l’objet de la sanction une contrainte.

Comment donner à l’adolescent goût aux études ?
L’objectif de communication est très important entre adolescents et parents, car il permet aux parents d’asseoir une certaine autorité, mais pas un autoritarisme qui n’est pas cadrant. Les parents peuvent ainsi encourager l’adolescent à se trouver des objectifs personnels réalistes et mesurables, mais doivent éviter de les lui imposer. En effet, les objectifs flous ou imprécis sont rarement atteints. Les parents peuvent lui donner l’envie de progresser en lui demandant de faire mieux et non de faire systématiquement bien, ce qui permet une augmentation progressive des résultats.
Les parents doivent se montrer disponibles et ouverts, pour signifier à l’adolescent que ce dernier peut venir les trouver pour discuter et dialoguer sur divers thèmes. Il se sentira ainsi compris. D’autre part, les parents doivent veiller à donner un avis objectif, sans catégoriser ou juger, sans rabaisser ou se moquer, pour que l’adolescent soit plus sensible à leurs remarques. Le point important est de se montrer constructif. Une critique peut s’avérer tout à fait positive dans la mesure où elle est constructive.
Les parents peuvent responsabiliser l’adolescent pour qu’il se sente personnellement impliqué dans certaines tâches ou activités, ce qui lui permettra de se remettre en question et de chercher les causes de ses échecs ou réussites. Cette attitude d’introspection engage ainsi l’adolescent sur la voie de l’adultité (le devenir adulte), le responsabilise et le rend de plus en plus autonome.
Comment remobiliser un adolescent qui n’étudie pas ?
Les parents qui constatent que leur adolescent n’étudie pas, peuvent mettre en place quelques stratégies pour l’inciter à se mettre au travail. Cela peut se traduire par une simple vérification des devoirs qui doivent être faits et des leçons qui doivent être apprises. Il ne s’agit pas de harceler l’adolescent mais de s’assurer de la réalisation de ce qui est à faire pour le lendemain.
Une autre approche peut consister à négocier avec l’adolescent un certain travail en échange de certains droits (permission de sortir, de regarder la télévision un peu plus tard...). Généralement, ces négociations sont génératrices de réussites ou d’améliorations qui méritent d’être relevées et encouragées. Les parents doivent garder à l’esprit que la valorisation des efforts prime sur les résultats scolaires, car les résultats ne sont pas nécessairement proportionnels à l’effort accompli.
Dans le cas où la négociation ne porte pas ses fruits, les parents doivent veiller à ne pas retirer plus de droits ou privilèges prévus initialement, et à sanctionner l’adolescent dans certaines limites. Par exemple, il n’est pas très pertinent d’interdire définitivement à un adolescent de voir sa copine, sous peine qu’il le fasse en cachette et au détriment de ses résultats. Cela ne contribuera pas à améliorer la situation, ni l’entente familiale.
Comment apporter et transmettre une hygiène de travail à l’adolescent ?
Les parents peuvent expliquer que les succès ne tombent pas du ciel et que cela nécessite des efforts, une organisation et des méthodes de travail, comme une bonne prise de notes ou une attention soutenue, et des conditions de mémorisation optimales.
L’adolescent doit généralement prendre des notes en classe, excepté lorsque l’enseignant propose des polycopiés. Dans ce cas, les parents peuvent suggérer à l’adolescent de compléter ces polycopiés : cela l’oblige d’une part à prendre connaissance du document et d’autre part à rechercher des informations complémentaires. L’adolescent se familiarise ainsi davantage avec les informations. Dans le cas où l’adolescent est tenu de prendre des notes, les parents peuvent déjà s’assurer que ce dernier possède tout le matériel nécessaire pour aller en classe (cahiers, crayons, règle) et lui rappeler quelques stratégies élémentaires de prises de notes (utiliser des abréviations, ne pas noter tous les mots...). Les parents doivent éviter d’être indifférents au travail réalisé en classe et rappeler à l’adolescent de prendre connaissance de ses cours. Ils peuvent également regarder attentivement les bulletins scolaires qui sont des sources d’informations importantes sur le comportement de l’adolescent en classe.
L’adolescent peut se montrer relativement inattentif en classe. Ce manque d’attention peut avoir différentes origines comme le manque de sommeil, le manque d’exercice physique, des carences alimentaires ou un excédent de stress. Les parents doivent alors réintroduire quelques règles d’hygiène de vie pour améliorer l’attention de leur enfant en classe. Ils peuvent ainsi l’encourager à faire du sport pour se détendre, à prendre un petit-déjeuner et ne pas partir le ventre vide en classe, veiller à ce qu’il dorme suffisamment et ne se couche pas à des heures trop tardives car il a cours le lendemain. Une autre mission des parents est de ne pas cautionner les absences de l’adolescent, car le manque d’informations conduit au désintéressement qui engendre à son tour le manque d’attention.
Dans le cadre de difficultés de mémorisation, les parents peuvent encourager l’adolescent à faire des fiches qui permettent de réorganiser le cours (avec des codes couleur par exemple) et favorisent le processus de mémorisation. L’adolescent peut également se faire des résumés, car il est plus facile de mémoriser un résumé qu’un chapitre entier. Les parents peuvent également inciter l’adolescent à relire souvent ses résumés afin de favoriser la mémorisation à long terme. L’idée majeure est que l’adolescent doit mémoriser ses cours dans des conditions optimales, c’est-à-dire dans un environnement non bruyant, sans écouter de musique ou regarder la télévision, et sans qu’il soit dérangé par les autres enfants de la fratrie.
Une autre base méthodologique consiste à réaliser un programme de travail et tenter de le respecter au mieux. Les parents peuvent encadrer l’adolescent dans la mise en place d’un programme de travail, et insister quant au respect de ce programme. Afin d’augmenter la capacité de concentration du jeune, il ne faut pas hésiter à l’inciter à faire une pause pour se délasser quelques instants et se remettre à travailler rapidement et efficacement. Les parents doivent déconseiller à l’adolescent de travailler trop longtemps s’il est fatigué ou s’il se trouve dans l’incapacité de se concentrer.
Les parents doivent également rappeler à l’adolescent qu’il doit fournir un travail régulier et quotidien pour obtenir des résultats satisfaisants et limiter les échecs. Pour renforcer cette idée, les parents peuvent valoriser tout succès qu’ils sont amenés à connaître, et peuvent témoigner leur reconnaissance en offrant à l’adolescent une gratification (le laisser sortir plus tard avec ses amis, lui offrir un petit présent, lui préparer un plat dont il raffole), l’idée étant de l’encourager à fournir un travail régulier et de récompenser ses efforts. Il est cependant important de ne pas stresser l’adolescent en lui soulignant que les bons résultats n’affluent pas ou que ses efforts ne sont pas très payants. De même si, à long terme, l’adolescent est censé gagner en autonomie, les parents doivent toujours garder un contrôle à distance du travail effectué par l’adolescent.
Comment faire prendre conscience à l’adolescent de l’importance de la culture ?
Dans un premier temps, il faut préciser à l’adolescent qu’il existe une différence entre culture et intelligence, et que la culture s’acquiert pour partie à l’école, mais aussi à travers des activités extrascolaires telles que les lectures personnelles, les visites de musées, les expositions ou les documentaires télévisés.
Les parents peuvent donc inviter leur adolescent à consulter des ouvrages de référence (encyclopédies, dictionnaires, atlas...), l’accompagner au musée, lui faire découvrir des œuvres d’art, des sites historiques pétris d’histoire ou l’envoyer faire des stages linguistiques à l’étranger.
Cela peut également se traduire par le visionnage de documentaires ou d’émissions culturelles à la télévision. Cela permet ainsi d’initier l’adolescent à la culture et aux divers moyens de l’appréhender.
Un écueil à éviter est de déprécier l’aspect culturel au détriment d’autres activités qui seraient plus rentables financièrement, ou de dévaloriser certaines matières scolaires socialement plus gratifiantes et plus prometteuses professionnellement comme les sciences au détriment de la géographie par exemple.
Extrait de l’ouvrage Comment motiver votre enfant, Caroline SAHUC, collection Eclairages aux éditions Studyrama
|