De l’anglais au menu des vacances scolaires ?

Il l’avait dit en septembre 2007, il l’a réaffirmé en cette rentrée 2008 : Xavier Darcos souhaite que les bacheliers français jonglent sans problème avec la langue de Shakespeare - en un mot : qu’ils soient bilingues.
L’année dernière, c’est sur l’enseignement de l’anglais en primaire que s’était penché le ministre de l’Education : des dispositifs de visioconférence ont été mis en place dans 40 écoles à titre expérimental, et 1000 écoles devraient au total en être dotées à présent. Le 1er septembre 2008, sur 20minutes.fr, c’était au tour du collège et du lycée d’être sous les feux de l’actualité. Invité d’un t’chat, Xavier Darcos a déclaré : "De la sixième à la terminale, un élève suit près de 700 heures d’anglais ; le résultat n’est pas à la hauteur d’un tel investissement." Quelles propositions, alors, pour remédier à cette situation, jugée décevante ? Le ministre de l’Education n’a pas tardé à les présenter, sur TF1 et France 2 :
l’anglais viendra compléter l’offre d’accompagnement scolaire, organisé en fin de journée
l’e-learning sera développé
pendant les vacances d’hiver et d’été, les élèves pourront s’inscrire à des stages d’anglais, menés par des professeurs volontaires. Tout comme le soutien scolaire instauré l’année dernière pendant les congés scolaires, ces cours seront gratuits.
A première vue donc, le ministre se tient à ses objectifs sur la question. Les langues vivantes restent une priorité, comme l’annonçait le plan du 20 février 2008, qui vise à renforcer leur pratique à l’école dans les 4 ans qui viennent. De même, les récentes propositions de Xavier Darcos soulignent l’un des thèmes majeurs de cette rentrée : l’ouverture sur l’Europe. Plusieurs manifestations sont ainsi prévues en septembre et en octobre, avec les buts suivants : encourager l’étude des langues, encourager partenariats et échanges scolaires. Les stages d’anglais viendraient concrétiser ces intentions. Mais ne modifient-ils pas aussi leur portée ?
L’association des professeurs de langues vivantes (APLV) a réagi aux messages du ministre de l’Education dans un communiqué, le 3 septembre. Son président, Sylvestre Vanuxem, note que cela renforce l’idée que l’anglais doit être choisi avant tout en première langue vivante. Quid alors du multilinguisme ? Sera-t-il toujours encouragé ? Autre point souligné par l’APLV : la confusion engendrée par l’emploi du mot "bilingue". Cela risque de créer "chez une partie des parents d’élèves une attente irréaliste". L’APLV rappelle que les compétences des élèves sont censées être évaluées selon le Cadre européen commun de référence ; ainsi, les élèves sont censées valider le niveau A2 pour obtenir le brevet des collèges.
(le 04/09/08)
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