Définition et caractéristiques d’un enfant hyperactif
Le trouble d’hyperactivité constitue un trouble du développement qui commence dès le début de la vie, mais dont l’expression est d’intensité et de forme variables selon les âges. Ce trouble doit apparaître avant l’âge de 7 ans et entraîner une gêne fonctionnelle dans au moins deux types d’environnements (école, maison). Il est généralement diagnostiqué à l’âge scolaire, ou à la maternelle dans certains cas plus graves, et se traduit par un fonctionnement social et scolaire altéré. Les symptômes ne surviennent pas exclusivement au cours d’un autre trouble et ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble (anxiété, autisme...). En effet, l’hyperactivité peut être secondaire à une autre maladie (traumatismes, épilepsie) et à des troubles graves du développement (autisme, syndrome d’Asperger), et doit être isolée d’autres troubles (dépression, retard mental, enfant précoce).
Les troubles de l’enfant hyperactif sont décrits depuis le début du XXe siècle. En effet, plusieurs recherches ont porté sur les comportements d’agitation et de turbulence de l’enfant, et ont entraîné des remaniements terminologiques successifs (insuffisance psychomotrice, hyperkinésie, trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, hyperactivité avec troubles de l’attention, etc.). Actuellement les classifications internationales parlent du trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité ou de trouble hyperkinétique. Au niveau statistique, il y aurait entre 2 et 5 % d’enfants hyperactifs en France, ce qui correspond à un enfant hyperactif par classe. De plus, le trouble est trois à quatre fois plus fréquent chez les garçons.
Quelles sont les caractéristiques de l’enfant hyperactif ?
Un enfant hyperactif souffre de difficultés précoces et durables dans trois domaines : l’hyperactivité, l’impulsivité et l’inattention. Ces manifestations sont inappropriées dans leur intensité, compte tenu de l’âge et du niveau de développement de l’enfant, et surviennent dans les différentes situations qui nécessitent de l’attention, une inhibition de l’impulsivité et une restriction des mouvements.
L’inattention ou le déficit d’attention représente une sensibilité exacerbée à la distraction, qui se manifeste souvent de manière insidieuse et déroutante, voire sélective et occasionnelle. L’enfant a du mal à soutenir son attention et se laisse facilement distraire par n’importe quel stimulus extérieur.
En famille, les parents rapportent que l’enfant ne semble jamais écouter quand on s’adresse à lui personnellement, qu’il a du mal à se concentrer, qu’il a des oublis fréquents, et qu’il semble toujours être dans la lune. Dans la vie sociale, l’enfant a du mal à participer de façon adéquate à une conversation ; il se concentre difficilement sur les préoccupations des autres, ne prête pas attention aux détails, intègre mal les règles du dialogue ou du jeu proposé.
A l’école, l’enseignant peut se plaindre que l’enfant paraît ailleurs et décalé par rapport aux autres, qu’il ne se conforme pas aux consignes, qu’il n’a pas le bon matériel ou perd les objets indispensables à son travail et qu’il évite les activités qui nécessitent un effort mental. Contrairement à la croyance, beaucoup d’enfants, d’adolescents et d’adultes présentent un trouble déficitaire de l’attention sans aucune manifestation d’hyperactivité. Leurs problèmes n’en sont pas moins importants et ils ont souvent de grandes difficultés à être attentifs, à se mettre au travail, à ne pas se disperser, à s’organiser, à demeurer attentifs à ce qu’ils font, à ignorer les éléments perturbateurs et distrayants de leur environnement.
L’enfant souffrant d’impulsivité répond avant la fin d’une question ou réagit trop rapidement, sans envisager les possibles conséquences (négatives, destructrices, dangereuses) de sa réponse, qu’elle soit verbale ou physique. Il rencontre d’importantes difficultés à attendre son tour, interrompt les autres ou impose sa présence et fait irruption dans les conversations. Lorsqu’il désire ardemment un objet dont l’accès est contrôlé par un adulte mais qu’il doit attendre pour l’obtenir (jouet, cinéma, jeux vidéo...), l’enfant harcèle littéralement l’adulte pendant tout le temps d’attente. Il peut se montrer exagérément exigeant et égocentrique aux yeux de l’entourage. Il manque de censure sociale et paraît impoli. Toutes ces interventions intempestives conduisent à de nombreuses punitions et remontrances, et aboutissent à un rejet par ses pairs et les adultes.
L’hyperactivité traduit une activité motrice excessive ou inappropriée pour le niveau de développement. L’enfant est ainsi animé de mouvements inutiles ou inadéquats, compte tenu de la situation et de l’activité. A l’école, par exemple, il a du mal à se tenir tranquille, remue souvent les mains, tripote des objets, se tortille sur sa chaise et se lève sans permission. Il parle souvent trop et se situe souvent à la « limite ».
Trois types d’hyperactivité sont décrits selon l’importance des symptômes : le type mixte, le type à inattention prédominante et le type hyperactivité/impulsivité prédominante. Les formes mixtes ou à hyperactivité prédominante sont plus fréquentes chez les garçons, alors que la forme à inattention prédominante se rencontre davantage chez les filles.
Quelles autres pathologies peuvent être associées à l’hyperactivité ?
Ce trouble d’hyperactivité s’accompagne fréquemment d’autres pathologies qui accentuent l’échec scolaire et l’exclusion. Il s’agit, entre autres, des troubles des apprentissages, des troubles oppositionnels, des troubles des conduites, des troubles anxio-dépressifs, des troubles du sommeil, des troubles sphinctériens, des troubles du sommeil et des tics.
Les troubles des apprentissages se retrouvent fréquemment et à certains degrés (simple retard, dysphasie, dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie).
Les troubles oppositionnels se traduisent par un ensemble de comportement d’opposition, de désobéissance, de provocation et se manifestent en particulier chez les garçons. L’enfant conteste, refuse, se met en colère ou ne se prête pas aux règles de vie. Le trouble des conduites se caractérise, quant à lui, par des comportements de transgression des droits d’autrui et des règles sociales (vols, infraction, école buissonnière, fugues).
Les troubles anxieux et dépressifs peuvent passer inaperçus et être ignorés des parents, car ils sont généralement masqués par le côté « bruyant » du trouble (agitation, inattention, difficultés scolaires, bagarres). Les parents ne se rendent pas toujours compte que leur enfant souffre de la situation, qu’il a peur d’aller à l’école, qu’il n’a pas confiance en lui et se sent nul, et qu’il regrette de ne pas être parfait pour ses parents.
Les enfants hyperactifs rencontrent également des troubles liés au sommeil comme des difficultés d’endormissement, un coucher tardif, un sommeil agité, des réveils nocturnes, et une fatigue au réveil. L’énurésie et l’encoprésie constituent deux troubles sphinctériens assez fréquents chez l’enfant hyperactif, ainsi que les tics. L’hyperactivité est également relativement fréquente dans le syndrome de Gilles de la Tourette (trouble neurologique qui se caractérise par des tics sonores ou moteurs incontrôlables, produits de façon répétée et stéréotypée).
Comment peut-on comprendre ce trouble d’hyperactivité ?
L’origine de ce trouble n’est pas clairement établie dans la mesure où il correspond à l’intrication de plusieurs facteurs (neurologiques, familiaux, génétiques) à des degrés divers.
Au niveau des facteurs neurobiologiques, on parle de dysfonctionnement cérébral. Les explorations en imagerie cérébrale renseignent sur les dysfonctionnements dans différentes zones cérébrales. Il y aurait par exemple une réduction globale du volume cérébral chez les enfants hyperactifs. Actuellement, il n’y a pas de zone cérébrale particulièrement localisée. Au niveau cognitif, il y aurait un défaut d’inhibition de la réponse impulsive, et au niveau génétique, les études suggèrent une part d’hérédité importante qui se trouve confirmée chez les jumeaux.
Des facteurs prénataux et périnataux (grande prématurité, intoxications au tabac ou à l’alcool pendant la grossesse, carence en fer) et des facteurs postnataux (dépression maternelle, difficultés relationnelles intrafamiliales, placement, précarité, maladie mentale d’un parent, décès, séparation, inorganisation de l’environnement familial, manque de structuration) sont susceptibles de contribuer à la constitution ou à l’aggravation du trouble, et d’entraîner un comportement d’agitation pour compenser. C’est pourquoi le contexte environnemental et familial doit être largement pris en considération.
En quoi consiste la prise en charge des enfants hyperactifs ?
La prise en charge des enfants hyperactifs est très diversifiée et multiple, c’est-à-dire que les différentes interventions peuvent être complémentaires : thérapies éducatives, rééducatives, psychothérapeutiques, familiales et pharmacologiques. Une prise en charge multiple obtient des résultats meilleurs et plus durables.
Ainsi, souvent qualifiés de « perturbateurs », ces enfants peuvent suivre un programme d’entraînement cognitif centré sur la mise en activité des processus attentionnels à l’aide de jeux sur ordinateur. Ce type d’entraînement permet une autorégulation verbale qui favorise la prise de conscience de son activité.
Ils peuvent également suivre une rééducation psychomotrice de type relaxation qui contribue notamment à la rééducation du trouble attentionnel pour apprendre à l’enfant des stratégies adaptatives, ainsi qu’une psychothérapie analytique qui donne à l’enfant la possibilité de mettre en scène et d’élaborer des fantasmes de son monde interne.
Cela peut aussi se traduire par une thérapie familiale ou plus spécifiquement mère-enfant, dans les cas où les troubles apparaissent au premier plan. La psychothérapie psychodynamique permet également de travailler l’histoire familiale et d’analyser les conditions de vie et d’échanges dans lesquelles se trouve l’enfant.
En dernier lieu, ces enfants peuvent être soulagés à l’aide d’un traitement pharmacologique basé sur l’utilisation de psychostimulants comme le méthylphénidate (en France) dont les effets spécifiques sont observés dans les domaines moteur, social et cognitif, et qui est globalement bien toléré et dont les effets indésirables sont peu importants.
La Ritaline est également prescrite ( médicament de type amphétamines, qui existe sous deux formes : à libération immédiate ou à libération prolongée). Ce traitement permet de produire une substance dont l’absence serait à l’origine de l’hyperactivité. On peut observer des améliorations mais également une absence d’amélioration et une augmentation de l’activité. Une aggravation de l’humeur d’allure dépressive est possible. La Ritaline peut avoir un effet à court terme et permettre des temps de rupture dans une semaine. Ces enfants peuvent également recevoir un traitement antidépresseur.
Article extrait de l’ouvrage Comment motiver votre enfant, Caroline SAHUC, collection Eclairages aux éditions Studyparents
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