Accueil Studyparents >> Psycho/santé >> Dis-nous ce que tu veux ... on ne veut que ton bonheur !
Une absence de direction dangereuse pour les plus vulnérables
Quand il n’y a plus d’appui, que chacun est invité à trouver le sens de sa vie dans sa propre histoire, il devient très difficile pour l’adolescent de découvrir un idéal susceptible de devenir moteur de vie.
Placé dans cette situation, l’enfant ou l’adolescent est pris dans un faisceau de désirs contradictoires :
Ne rien faire et réussir,
Exister individuellement et se fondre dans la masse,
Jouer le jeu de la compétition à l’excès et vouloir maintenir la paix entre copains,
S’amuser collectivement mais en retirer un bénéfice personnel...
La conquête de soi comme dernière aventure
Evoluant dans un monde sans idéaux évidents, dans une société de consommation et d’abondance qui met tout à sa portée, l’adolescent a choisi de se concentrer sur « le dernier continent inconnu : celui des émotions ». L’adolescent recherche en priorité des raccourcis pour vibrer, aimer, adhérer, s’enflammer...Mais il y a un revers : les plus sensibles ou les plus vulnérables se découvrent totalement démunis devant toute contrariété, toute absence d’immédiateté de la réponse.
L’adolescent est devenu socio dépendant : ce sont les autres qui déterminent sa vie, qui sont responsables ou pas du succès d’un projet.Dans ce contexte, l’utilisation massive et souvent simultanée des nouvelles technologies (« multi-tasking »), répond à leur besoin de créer un monde virtuel dans lequel l’affectif et l’émotion priment sur la réalité.
Prisonnier de ses comportements
Prisonnier de ses émotions, l’adolescent peut également le devenir de ses comportements. Parce qu’il ne sait pas qui il est, ni où il va, l’adolescent va donc chercher ses limites dans la recherche des extrêmes pouvant même aller jusqu’à la souffrance paroxystique et l’attaque contre soi.
Instrumenter les émotions
Paradoxalement, on s’aperçoit aussi que l’émotion est devenue une figure imposée par la société.
La peur de l’échec scolaire, puis du chômage est transmise très tôt au cours de la scolarité par des adultes eux-mêmes aux prises avec ces réalités.
Les médias jouent largement sur le registre émotionnel alors que ni les adultes, ni les adolescents ne sont réellement armés pour comprendre la violence du monde qui les entoure.
Les marques, auxquelles les adolescents attachent une telle importance, ont appris à tirer partie du rire, des larmes ou de la peur. L’étude NRJ Lab (2005)* dévoile qu’une bonne publicité est celle qui les fait rire (68%), les touche (32,5%) ou les choque (30%).
L’instrumentalisation des émotions induit des comportements d’addiction par rapport à des ambiances, des lieux, des comportements...
Nos enfants dans un « no man’s land » ?
Les adultes ont une lourde responsabilité dans la situation actuelle. Actuellement la menace qui pèse sur nos adolescents n’est, ni un retour de l’ordre moral, ni celui d’une discipline digne du début du siècle dernier. C’est bien celui de l’abandon.
Le futur reste à faire. Saura-t-on dépasser les erreurs commises, trouver les nuances et se donner les moyens d’essayer de donner les repères dont nos adolescents ont besoin ?
* YOUTHology, étude 2005, NRJ Lab
Plus d’informations sur le 2ème forum Adolescences


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