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En maths, il fait un blocage

Il suffit de prononcer les mots "équation" ou "géométrie" pour que votre enfant panique. Il n’en démord pas : c’est trop difficile. Parfois même, il vous lance ce verdict : « Je suis « nul en maths ». Or un blocage dans cette discipline n’a rien d’irréversible. Anne Siety*, psychopédagogue, a rencontré nombre de ces élèves angoissés face aux maths et rappelle qu’il faut garder confiance.



- Pourquoi les mathématiques font-elles si peur ? Est-ce lié aux enjeux scolaires qui pèsent sur cette matière ? Ou y a-t-il d’autres raisons ?

Aujourd’hui, les mathématiques occupent une place très importante dans la scolarité, ce qui ne favorise pas la sérénité des élèves, c’est certain. Mais les blocages existent depuis bien plus longtemps : au XIXe siècle, déjà, Flaubert se plaignait d’être noyé en maths !
Pour trouver la source de ces angoisses, peut-être faut-il donc s’interroger sur la matière elle-même et le rapport que nous entretenons avec elle. Au fil des cours, l’enfant découvre des notions abstraites.


Mais ces notions, nouvelles pour lui, sont désignées par un vocabulaire concret. « Racine », « repère » ou « hauteur », ces mots, il les a rencontrés dans d’autres contextes : il peut alors être tenté de leur donner un contenu personnel, de les définir en fonction de son propre vécu. Lorsque nous ne comprenons pas une notion mathématique, c’est souvent parce qu’elle fait résonner en nous une émotion forte.

- Les mathématiques le renverraient donc à son passé ?

Ce n’est pas si direct que cela. Mais alors que le « bourrage de crâne » n’avance à rien, les élèves progressent lorsqu’ils s’interrogent sur leur rencontre avec les maths et sur ce que cette matière réveille en eux. Il ne s’agit plus alors d’ingurgiter des leçons qui n’ont pas de sens pour eux. Je me souviens d’une adolescente qui faisait un blocage sur les racines carrées. Elle a commencé à y voir plus clair en abordant avec ses parents l’histoire de son adoption, et de ses propres racines.

(GIF) - Quand faut-il mettre en place un soutien scolaire ?

Les blocages surgissent dans des situations très diverses : un enfant peut avoir des notes moyennes mais vivre un cauchemar à chaque devoir sur table. Les notes ne sont donc pas le seul critère ; rechercher une aide extérieure a un sens lorsque l’enfant exprime une souffrance dans son rapport aux mathématiques. N’attendez pas du soutien- quel qu’il soit- des résultats immédiats. En général, un certain temps est nécessaire pour que l’enfant puisse surmonter ses problèmes. L’important, c’est que les choses changent peu à peu. Il ne fait plus de nuit blanche la veille d’un contrôle ? Ses cahiers sont mieux tenus ? Ce sont déjà des progrès, mettez-les en valeur sans faire attention aux difficultés qui demeurent. Et n’oubliez jamais : comme le rappelait Françoise Dolto, tous les enfants sont intelligents, l’intelligence mathématique n’est qu’une toute petite partie de l’intelligence générale.

* Anne Siety a publié Mathématiques, ma chère terreur et Les mathématiques apprivoisées aux éditions Hachette Littératures.


Propos recueillis par Aurélie Djavadi


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