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Existe-t-il un moyen de « minimiser » la crise d’adolescence ?

 

Tout adolescent est concerné par cette crise. Cependant, certains vont avoir une adolescence « bruyante » et d’autres vont passer plus inaperçus. Les changements corporels, l’acceptation du nouveau corps, la sexualité constituent autant de facteurs susceptibles de provoquer des perturbations plus ou moins durables et/ou profondes. L’adolescent, cherchant à obtenir plus d’autonomie et à se libérer de l’emprise parentale, adopte des comportements d’opposition.

Les conflits familiaux ne constituent pas les seuls signes de l’entrée dans la puberté
L’adolescent va apporter des modifications dans son apparence (vêtements, coiffure, piercing...), peut se replier sur lui, adopter des conduites à risque (addictions, attrait pour la mort...).
Cela devient inquiétant lorsqu’il bascule dans l’excès, car cela signe l’existence d’une souffrance qu’il ne parvient plus à gérer. Les parents peuvent essayer le dialogue, les consultations de professionnels ou proposer des lectures.

Il peut arriver que certains adolescents, effrayés par cette période de transition, adoptent plutôt une attitude de proximité avec les parents ou qu’ils soient fréquemment souffrants, avec de nombreuses périodes de « maladies », retardant ainsi la « crise » qui se manifestera ultérieurement.

A quel moment emmener l’adolescent chez le psychologue ?
Quel professionnel de santé mentale choisir : un psychologue, un psychiatre ou un psychothérapeute ?

L’idée que l’adolescent puisse avoir besoin d’une aide extérieure affecte les parents et leur donne le sentiment d’avoir échoué dans leur fonction parentale. Cependant, l’adolescent peut avoir besoin de parler à une personne neutre. Il peut présenter des problèmes psychologiques relatifs à des périodes difficiles (deuil, séparation des parents, maladie...). Certains symptômes sont plus alarmants que d’autres. Il en est ainsi de résultats scolaires en baisse, d’angoisses, de difficultés de communication, de troubles alimentaires, de comportements agressifs et de pleurs fréquents. A ce stade, une consultation peut s’avérer pertinente.

Divers professionnels de santé sont compétents pour apporter de l’aide à un adolescent en difficulté.

Le psychiatre, médecin spécialisé, peut prescrire des médicaments s’il y a besoin (pour calmer la souffrance immédiate) et ses consultations sont remboursées par la Sécurité Sociale. Il constitue un bon interlocuteur pour une dépression ou un trouble du comportement. Avec la parole, il traite à long terme.

Le psychologue s’intéresse à l’individu dans son unicité et son originalité. Il ne cherche pas à enfermer un sujet dans une catégorie mais à comprendre, à travers l’exploration et l’analyse de sa personnalité et de son vécu, ce qui le tourmente et le fragilise. Ses prestations sont gratuites dans les structures publiques.

Le psychothérapeute a reçu une formation en psychothérapie non sanctionnée par un diplôme. Cette profession est très peu réglementée et le choix de l’interlocuteur doit inciter à la plus grande vigilance. Cependant, un psychothérapeute peut être psychologue ou psychiatre de formation.

Afin de choisir le professionnel le plus adapté, il existe diverses démarches. Les parents peuvent en parler avec le médecin généraliste ou le pédiatre qui les conseillera dans le choix à faire et leur donnera des adresses. Cela peut également se faire par le « bouche à oreille », mais il s’avère nécessaire de vérifier que le professionnel possède bien les diplômes requis. L’adolescent peut également être orienté par la psychologue scolaire.

Pour tenter de conduire un adolescent chez un professionnel de santé, il est nécessaire de lui expliquer qu’il sagit d’une personne neutre, qui pourra lui apporter de l’aide et un certain éclairage, et ce dans le respect du secret professionnel. Il pourra l’aider à comprendre ce qui lui arrive et à gérer cette nouvelle situation. Il faut préciser à l’adolescent qu’il peut y aller une fois pour voir comment cela se passe. Il doit se sentir en confiance avec le professionnel, et si ce n’est pas le cas il est toujours possible d’en rencontrer un autre avec lequel il arrivera mieux à exprimer sa souffrance.

Extrait de l’ouvrage "L’adolescent et la violence" de Caroline Sahuc aux éditions Studyparents

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