Faites votre bilan de parents
Perdus entre les injonctions des psys et leur volonté d’être justes, voire parfaits, tous les parents doutent. Pour nous aider à redevenir créatifs et à trouver nos propres solutions, entretien avec Anne-Catherine Pernot-Masson, pédopsychiatre.

« Jamais les parents n’ont été aussi impliqués qu’aujourd’hui. Mais ils sont noyés dans une multiplicité de conseils éducatifs souvent contradictoires. Du coup, ils ont du mal à choisir une ligne de conduite stable et cohérente. Sans compter qu’ils sont seuls face à des objectifs inaccessibles : réussir leur vie de couple, de famille, et assurer le bonheur de leurs enfants.
Parents et enfants subissent une pression énorme. Les recettes qu’ils essaient d’appliquer n’étant pas forcément en phase avec leurs croyances et leurs valeurs personnelles, ces « solutions » ne fonctionnent qu’un temps.
Résultat : les parents en changent, les enfants perdent leurs repères, et les parents leur confiance en eux... Il faut réfléchir au fossé qui sépare le souhait de la réalité, mais aussi à mesurer le réalisme ou l’irréalisme de l’attente parentale. Quelques conseils pratiques pour se rappeler les bases de la bonne communication parents-enfants.
L’autorité : vous n’arrivez pas à vous faire respecter
Le conseil : développer la confiance en soi
Pour trouver le point d’équilibre, appréhendez l’autorité comme un synonyme de responsabilité. L’autorité découle de la confiance qu’ont les parents dans leur capacité à choisir et à appliquer ce qu’ils estiment juste et nécessaire au bon développement de leur enfant.
L’intimité : vous voulez tout savoir
Le conseil : trouver la bonne distance
Respecter le domaine privé de ses enfants. Cela veut dire accepter l’idée qu’une famille est composée d’individus distincts ayant des besoins spécifiques selon leur âge, leur position dans la famille et leur personnalité. Le respect de son enfant commence avec une notion fondamentale : lui apprendre par l’exemple que son corps lui appartient.
La hiérarchie familiale : vous confondez les rôles
Le conseil : assumer votre rôle (et votre âge !)
Assumer son rôle de parent, c’est aussi savoir accepter d’avoir le mauvais rôle : celui qui interdit ou punit, frustre ou critique. Ce n’est pas toujours agréable, mais c’est bien plus structurant pour l’enfant qu’un parent négociateur, séducteur ou fuyant. On peut être complice avec son enfant, tout en restant adulte.
Co-parentalité : la crise
Le conseil : retrouver de la cohérence
Former une équipe parentale cohérente, cela veut dire prendre le temps d’exposer à son partenaire ses convictions, ses doutes, ses propositions, puis écouter les siennes de manière à décider ensemble de la conduite à tenir.
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