Infirmier (ère) : les défis du métier
Des acteurs clés du système de santé ? C’est peu dire. De la prévention aux soins, les infirmiers sont sur tous les fronts, et ne devraient pas manquer de travail dans les années qui viennent.

Recruter des infirmiers (ères), c’est aujourd’hui un vrai casse-tête pour hôpitaux et cliniques. On manque en effet de personnel qualifié. Dans un tel contexte, des études au premier poste, le chemin peut être assez court. Mais à l’avenir, les jeunes diplômés des IFSI (Instituts de formation en soins infirmiers) seront-ils encore les bienvenus ? Oui, si l’on se réfère à l’étude « Les métiers en 2015 » (1) : « infirmier » figure parmi les dix familles professionnelles qui vont créer le plus d’emplois dans les 10 ans prochains. Entre hausse des départs en retraite et vieillissement de la population, les jeunes générations représenteront des renforts attendus.
Le dialogue pour devise
Vaccins, visites médicales... Autant d’occasions de rencontrer des infirmiers. De là à se faire une idée juste de leur métier, il y a un pas ! Perfusions, pansements ou injections, voilà des images qui marquent la mémoire et que l’on associe le plus souvent aux blouses blanches.
« Cet aspect technique est sans doute la partie la plus visible du métier », note Jérôme Clément, cadre infirmier, rédacteur pour le site infirmiers.com et responsable pédagogique de Médiformation. « Mais elle ne peut être réalisée sans les deux autres facettes du métier : l’éducation et la dimension relationnelle. »
L’infirmier accompagne les malades au cours de leur hospitalisation ; il ne se contente pas de leur « donner de l’information », il doit adapter le discours à son public et trouver les mots justes dans toute situation. Ainsi, il a un « rôle moteur » tout au long des soins, note Jérôme Clément. Au-delà du savoir-faire technique, les qualités de communication sont primordiales.
Un métier, plusieurs façons de l’exercer
Postulants aux écoles d’infirmiers, interrogez-vous sur votre vocation ! Avoir envie d’aider les autres, c’est une condition indispensable, mais pas suffisante, pour choisir cette voie. Il faut aussi une certaine endurance : les horaires sont souvent irréguliers, et chaque jour, l’on est confronté à la souffrance. « Mais c’est un métier très enrichissant sur le plan humain », poursuit Jérôme Clément. « Une vie ne suffit pas pour explorer ses différents modes d’exercice ».
Au terme de leur formation, les infirmiers sont polyvalents, mais selon le service auquel ils vont être affectés - pédiatrie, psychiatrie...- ils vivront des expériences bien différentes. Notons qu’il est possible de compléter son diplôme d’Etat d’infirmier (DEI) par une spécialisation dans les domaines suivants : puériculture, bloc opératoire, anesthésie.
Non seulement le métier met en jeu des compétences variées, mais il offre tout un éventail de carrières. Et les missions vont encore changer et s’étoffer ; « la consultation infirmière se développe, en tabacologie notamment », souligne Jérôme Clément ». Autre défi de la profession : s’adapter en permanence aux attentes des patients. « On ne soigne pas aujourd’hui comme on soignait il y a vingt ans. Les nouveaux besoins et les choix de société ont et auront une influence sur le métier d’infirmier ».
(1) « Les métiers en 2015 », publication du CAS (Centre d’analyse stratégique) et de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche et des Statistiques du Ministère de l’Emploi et de la Cohésion Sociale), janvier 2007.
Pour devenir infirmier(ère) :
Trois ans d’études en IFSI (Instituts de formation en soins infirmiers)
On entre dans ces instituts sur concours, après le bac |
Aurélie Djavadi
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