Ingénieur, un métier d’avenir
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Le 28 septembre a été lancé le concours national « Un Pont pour l’avenir ». Au fil de l’année scolaire 2007-2008, des classes de 4e et de 3e vont coopérer avec des étudiants ingénieurs pour construire des maquettes. A travers ce dialogue entre générations, c’est autre manière pour les collégiens de penser leur orientation. Un vrai « pont vers leur avenir », dont nous parle Michel Robert, président de la Commission « Ecoles d’ingénieurs et Société », qui a piloté l’opération.

- Dans le cadre de ce projet, vous souhaitez « déployer de nouvelles passerelles entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur ». Quels seraient donc les défauts des passerelles actuelles ?
Les passerelles actuelles sont trop institutionnelles. Les collégiens peuvent bien sûr s’adresser à des conseillers, consulter des brochures dans des centres d’information et d’orientation. Mais rencontrer des jeunes qui ont accompli ces études, c’est l’un des meilleurs moyens de communication. Ce dialogue les incite à se projeter dans un avenir qu’ils n’auraient pas d’emblée envisagé. En découvrant le parcours de leurs aînés, les collégiens vont « oser s’imaginer » eux-mêmes ingénieurs
- « Oser imaginer », ce n’est donc pas si évident que cela ?
Nous intervenons dans des collèges situés en zones d’éducation prioritaires (ZEP) et en zones rurales, dans lesquels les élèves, bien souvent, n’imaginent pas qu’eux-mêmes puissent devenir ingénieurs. Notre but est de promouvoir l’égalité des chances et de faire passer ce message : les métiers de l’ingénieur sont ouverts à tous.
L’une de mes collègues, en charge de la mission « égalité des chances » a été très étonnée, lorsqu’elle s’est rendue dans un collège des Ardennes de constater que les jeunes filles écartaient d’emblée ces voies scientifiques de leur projets d’orientation. Elles ne pensaient pas y avoir leur place.
- Pourquoi les élèves se détournent-ils actuellement des voies scientifiques ?
Les maths et les sciences sont des matières réputées difficiles. Mais l’explication majeure réside dans l’image actuelle des sciences : la technologie ne fait plus rêver les adolescents. C’est devenu une part inhérente de leur quotidien ; devinent-ils tous les processus de recherche qui ont permis d’élaborer le téléphone portable, cet outil si commun pour eux aujourd’hui ? Peut-être les événements autour de la conquête de l’espace vont-ils à nouveau éveiller la curiosité des jeunes.
- S’agit-il aussi d’un défaut d’information sur ces métiers ?
Le métier d’ingénieur est très varié, il existe une multitude de spécialités. Les missions d’un médecin ou d’un enseignant, les jeunes se les représentent plus aisément ; l’intitulé « ingénieur » leur paraît flou et abstrait pour eux. Soupçonnent-ils le travail en amont de tous les ingénieurs pour perfectionner les ordinateurs, téléphones portables... ?
- Que diriez-vous à des jeunes pour les sensibiliser aux atouts des carrières scientifiques ?
Voici les fonctions de ces professionnels, selon la Commission des titres d’ingénieur : « protéger l’homme, la vie, l’environnement et participer au bien-être collectif ». Des missions bien éloignées d’une association courante chez les collégiens entre progrès scientifiques et pollution. Autre aspect très attrayant du métier d’ingénieur : sa dimension créative. Dans leur quête d’innovation, ce sont en quelque sorte des artistes. C’est aussi cela que vont découvrir les collégiens à travers l’aspect ludique de notre opération « Un Pont pour l’avenir ».
Il ne faut pas oublier que les débouchés vont être nombreux dans les années à venir. Le pays va avoir besoin de cadres scientifiques. Un exemple : dans notre dernière promotion d’ingénieurs à l’ESSTIN (école d’ingénieurs interne à l’Université Nancy I), 50% des élèves avaient décroché un emploi avant d’avoir obtenu leur diplôme.
-Quels sont les autres objectifs d’ « Un Pont pour l’avenir » ?
Il y aura donc une collaboration entre des collégiens et des élèves ingénieurs. Mais la communication ira bien au-delà. Un site internet spécifique va prolonger l’aspect ludique avec des jeux, des forums et surtout des blogs, tenus par les différentes classes de collèges. Un moyen privilégié de partager leur expérience. D’autant plus que les échanges seront transcrits dans plusieurs langues, grâce à la coopération des professeurs de langues.
Pour plus d’infos sur « Un Pont pour l’avenir », consultez les sites www.unpontpourlavenir.org et www.cdefi.fr.
Propos recueillis par Aurélie Djavadi.
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