Jeux vidéo : comment en faire bon usage ?
Risque de dépendance ou confusion entre le réel et l’imaginaire...Voilà les craintes qui surgissent dès qu’on évoque les jeux vidéo. Or ce sont des loisirs comme les autres, avec leurs atouts et leurs limites. Le point avec Patrice Huerre, psychiatre des hôpitaux, spécialiste des questions liées à l’enfance et l’adolescence et auteur de « Place au jeu » (éditions Nathan, 2007).

Quels sont les bénéfices des jeux vidéo ?
S’ils sont utilisés de façon modérée, les jeux vidéo favorisent la dextérité ainsi que la rapidité. A l’heure où règnent les nouvelles technologies, ils préparent en quelque sorte les adolescents au monde adulte. Mais au-delà de ces apports sur le plan psychomoteur, il y a aussi le plaisir de découvrir des situations nouvelles, de relever des défis...et d’en discuter avec ses amis ! Les jeunes parlent beaucoup entre eux de jeux vidéo et s’échangent des astuces, c’est une source de socialisation.
N’y a-t-il donc pas de risques de repli sur soi ?
Les jeux vidéo peuvent devenir des refuges pour des enfants qui souffrent d’un manque d’estime d’eux-mêmes et ont des difficultés à aller vers les autres. Mais ils auraient pu tout aussi bien se replier sur une autre activité. Ce n’est pas le jeu qui est en cause, mais l’usage qui en est fait. A l’exception bien sûr de certains supports, conçus pour entraîner une dépendance.
Comment choisir alors un jeu vidéo ?
Très important : il faut que le jeu ait une fin. On gagne, on perd, on valide les objectifs d’un niveau, sans qu’il faille pour autant y passer 20 heures. Autre aspect, le scénario : comme pour les films ou les émissions de télé, chaque parent a son mot à dire sur le contenu. Un suivi essentiel, qui doit aussi s’appliquer aux conditions de jeu. Entendez-vous sur des horaires à respecter, passez un petit accord, que vous adapterez en fonction de l’âge. Ne l’oubliez pas, un enfant a besoin de ses parents pour réguler sa relation aux jeux vidéo.
Dans quels cas faut-il s’inquiéter ?
En fonction de l’âge et de la personnalité des enfants, la durée de jeu varie. Difficile alors d’indiquer des repères précis. Plus que le temps passé devant l’écran, c’est l’attitude de votre enfant vis-à-vis des jeux vidéo qui doit vous interpeller : s’il délaisse tous ses autres loisirs et ne s’intéresse plus qu’à ses performances en jeux vidéo, alors il y a lieu de s’inquiéter.
Propos recueillis par Aurélie Djavadi (le 19/02/08)
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