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Psychologie » L’adolescence, à la découverte de soi
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L’angoisse


A l’adolescence, l’angoisse ravivée par le changement pubertaire doit trouver un moyen de se décharger. Elle est parfois déplacée vers un objet ou une situation. Cela donne naissance à une phobie. Si elle n’est pas déplacée sur un objet précis, elle peut rester diffuse et donnera éventuellement lieu à des crises d’angoisse dans des moments qui la ravivent particulièrement.
La dépression peut être associée aux crises d’angoisse et à l’angoisse permanente. Par ailleurs, il risque de découler des stratégies d’évitement une isolation et une désocialisation.

Les phobies
Elles représentent des moyens pour le psychisme de déplacer l’angoisse issue d’un conflit intrapsychique vers un objet extérieur. La phobie constitue une peur irraisonnée et incontrôlable pour un ou plusieurs objets, situations ou personnes (dits objets phobogènes) n’étant pas dangereux par euxmêmes.
La peur cède lorsque l’objet phobogène disparaît et entraîne des conduites d’évitement et l’utilisation d’objets contraphobiques, c’est-à-dire pour lutter contre ces phobies. L’adolescent a tendance à fuir les situations de groupe et se dirige vers l’isolement.
Selon l’objet phobique, la phobie est plus ou moins handicapante. S’il s’agit d’une phobie d’un animal rare, comme c’est fréquent chez l’adolescente, elle est peu gênante pour le sujet. Mais s’il s’agit d’une phobie des grands espaces (agoraphobie) ou au contraire d’espaces clos (claustrophobie), elle devient plus handicapante pour la vie quotidienne.

Les crises d’angoisse
Elles constituent des accès anxieux qui surviennent soudainement avec des sentiments de peur (de mourir, d’irréalité ou de dépersonnalisation), et des signes physiologiques variables comme une agitation motrice, une sudation intense, une accélération cardiaque, des vertiges ou des tremblements.



Le sentiment d’angoisse permanent
Ce sentiment est également répandu chez les adolescents. Il se structure à la fin de l’adolescence. Le jeune ne se sent jamais tranquille. Il a toujours peur que quelque chose arrive comme s’il était en danger imminent.

La phobie sociale
Elle constitue une forme pathologique de la timidité que l’on retrouve pour 2 à 4 % de la population et qui débute généralement à l’adolescence.
Le sujet a la conviction que toute situation sociale recèle un danger et a paradoxalement conscience du caractère excessif de ses craintes.
La phobie sociale se traduit par un véritable sentiment de panique dans certaines situations sociales (peur de parler devant un public ou peur de répondre « à côté » lors d’un entretien), et se matérialise par une fuite ou un évitement systématique de la situation angoissante. Ce qui va progressivement envahir plusieurs ou tous les domaines de la vie du sujet (professionnel, affectif, relationnel) et créer un dysfonctionnement social majeur.
Ce trouble peut être limité à une ou deux situations ou être complètement étendu. Il y a une réelle souffrance individuelle qui peut pousser le sujet à consommer de l’alcool et/ou des tranquillisants de façon excessive.

Facteurs explicatifs
A l’adolescence, ce type de symptômes montre que le niveau d’angoisse est accentué par les changements narcissiques et objectaux.
Dans une problématique névrotique, les enjeux du complexe d’Œdipe apparaissent plus dangereux du fait de l’accès à la sexualité adulte.
A un niveau narcissique, l’angoisse est liée aux transformations corporelles et à la perte d’une partie de l’identité de l’enfance.

Prise en charge
Les phobies très handicapantes peuvent être traitées par une psychothérapie. Deux types sont les plus utilisés.

-  Psychothérapies
Soit la thérapie s’attaque directement à la disparition de la phobie, il s’agit de la thérapie comportementale. L’exposition graduée s’intéresse aux conduites d’évitement et de fuite d’un sujet face à une situation angoissante, mais qui ne font que renforcer l’angoisse.
L’idée étant d’amener progressivement le sujet à affronter la ou les situations angoissantes par paliers d’expositions de plus en plus soutenues.
L’entraînement aux compétences sociales permet de travailler des situations dans lesquelles le sujet se sent en difficulté.
La restructuration cognitive, forme de thérapie cognitive, se propose de travailler sur les processus de pensée dysfonctionnels du sujet à l’origine d’interprétations erronées. L’idée est d’aider le sujet à prendre conscience etcomprendre que ses perceptions liées à une situation angoissante sont déformées et qu’elles revêtent des conséquences négatives.
Soit la thérapie vise le conflit intrapsychique inconscient et l’extinction de la phobie en sera juste des conséquences. C’est la psychothérapie psychodynamique, qui est efficace pour les attaques de panique.

-  Relaxation
Les techniques de relaxation peuvent aider les jeunes souffrant d’angoisse permanente. La relaxation est préconisée lorsque l’anxiété est très importante et très invalidante pour le sujet.
Elle est souvent utilisée en complément de la thérapie d’exposition graduée pour travailler au niveau imaginaire, c’est-à-dire pour que le sujet s’imagine dans la situation angoissante et réduise son angoisse au minimum.
Les améliorations constatées sont souvent modestes, mais ont le bénéfice d’apporter un certain confort en contrôlant mieux les signes de tension physique. Deux techniques sont préférentiellement utilisées : le training autogène de Schultz1 et la relaxation musculaire de Jacobson.

-  Médicaments
Une aide médicamenteuse aide également le jeune qui est submergé par l’angoisse. Les psychotropes constituent un traitement pharmacologique qui vise à diminuer les symptômes de souffrance psychologique. Néanmoins, il est reproché aux psychotropes leur action transitoire et superficielle, dans le sens où ils ne contribueraient qu’à suspendre ou masquer des difficultés qui refont généralement surface à l’arrêt du traitement.
Aussi, dans un souci d’efficacité, est-il absolument nécessaire d’associer un traitement pharmacologique à une prise en charge de type psychologique.
Parmi les psychotropes prescrits, on retrouve les bêtabloquants qui abaissent ou suppriment les effets physiques du trac (accélération du rythme cardiaque, palpitations) et de l’émotivité (mains moites, bouche sèche), mais n’agissent pas sur la dimension psychologique de l’anxiété. Ces bêtabloquants vont permettre au sujet de trouver un certain confort et de pouvoir affronter les situations angoissantes. Cette amélioration se solde par une diminution progressive de l’utilisation des bêtabloquants.
Les antidépresseurs sont également utilisés dans le cadre de problèmes d’anxiété très importants (attaque de panique3, troubles obsessionnels compulsifs), donc chez les phobiques sociaux et les personnalités évitantes.
Ils permettent de diminuer l’angoisse en situation et atténuent la crainte du jugement lié au regard d’autrui.
Les tranquillisants sont aussi utilisés, et notamment les benzodiazépines, mais ne sont plus prescrits systématiquement. Ils comportent des effets secondaires même s’ils diminuent la tension et l’anxiété. En effet, il existe par exemple un risque de dépendance ou de chronicisation des troubles.

Lire : "Comprendre son enfant 11-17 ans", Caroline Sahuc, Studyrama.

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