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L’art-thérapie


Spontanément, on pourrait se limiter à définir l’art-thérapie seulement comme une psychothérapie à médiation artistique, c’est-à-dire une psychothérapie qui utilise l’art comme médiation.
Il s’avère évident que l’art-thérapie n’est pas un travail portant uniquement sur l’expression, c’est une thérapie en soi. Elle inscrit l’expression dans un processus qui fait évoluer la forme créée. L’expression soulage certes, mais la création, qui en plus se situe dans un suivi, opère une transformation.
De même, l’art-thérapie n’est pas un vulgaire décryptage psychologique de l’expression artistique. Elle peut être comparée à un masque qu’il ne faut cependant pas dévoiler trop prématurément ni à la légère. L’art en lui-même n’est pas soignant, mais c’est la façon de l’utiliser dans une perspective soignante qui importe.
L’art-thérapie doit être compris comme technique de soin et plus spécifiquement de soin de l’âme. Elle doit permettre au patient de « prendre plaisir à faire1 », et de renouer la relation à soi-même et à l’autre. Elle doit permettre également la réappropriation de la réalité à partir de l’imaginaire.



Les valeurs thérapeutiques de l’art-thérapie sont certes conditionnées par les indications, la nature de l’atelier et ses composants, mais quelques traits communs peuvent néanmoins se dégager.
L’art-thérapie permet de faire revivre au patient des vécus infantiles grâce à la possibilité d’évoluer dans cet espace intermédiaire où il peut s’exercer à la maîtrise. Elle permet de reconstruire les limites dedans-dehors grâce à sa valeur de contenant. Elle stimule la créativité et l’imaginaire, les facultés d’expression du patient. Elle a un effet anxiolytique, par la confiance en soi regagnée. Elle améliore ou même restaure la relation avec les autres.
L’art-thérapie offre un dépaysement en permettant au sujet de sortir de lui-même et de mieux contourner les résistances. Elle permet un enrichissement au travers des émois d’autrui, de leur discours, des échanges. Elle sollicite le plaisir en favorisant le déplacement de certaines angoisses et défenses.
La créativité et l’innovation sont de rigueur ; le sujet construit quelque chose au niveau personnel, au niveau de sa problématique, et en fonction de ses capacités, et cela passe par la relation thérapeutique, le groupe. L’art-thérapie possède une dimension intégrative qui permet d’absorber ce qui est vu et ressenti.
Les modalités sont à resituer par rapport à la nature du traitement envisagé : individuel, en groupe, en institution, ou en cabinet privé. L’art-thérapie doit faire l’objet d’une prescription, et donne lieu à une présentation de la technique et de l’atelier au patient. Les indications sont indépendantes des talents ou capacités du sujet. En général, l’art-thérapie s’adresse à tous les sujets handicapés ou porteurs de failles, car elle participe à la connaissance de soi et aspire au développement de modes d’expression.
Elle convient également au traitement des sujets traumatisés crâniens, en les aidant à se retrouver eux-mêmes. Elle est également profitable aux sujets qui ont des problèmes relationnels, car le sujet va découvrir d’autres possibilités de communication à travers un langage de type non verbal.
En psychiatrie, l’art-thérapie touche l’intra et l’extrahospitalier, et convient à toutes les pathologies mentales. Dans les cas de névrose, cela engendre un déblocage de l’action et l’expression.
Pour les psychoses, l’art-thérapie constitue un complément thérapeutique ou une alternative consécutive àl’échec d’autres thérapies. Elle favorise l’adaptation au réel, et la relation peut être améliorée grâce à l’infra-verbal. Le choix de la technique doit être mûrement réfléchi.
L’art-thérapie, et plus particulièrement de groupe, est vivement conseillée pour les dépressions ou les états dépressifs, en parallèle des traitements médicamenteux. L’élan vital est restauré à travers l’espace transitionnel de jeu et les échanges favorisés. Les sujets déficients intellectuels peuvent exploiter cette voie, et le travail est davantage centré sur les côtés relationnels et affectifs.
L’atelier, individuel ou de groupe. Cet atelier, qu’il soit de groupe ou individuel, constitue un espace de liberté, qui passe par la mise en place d’un cadre parfaitement défini. Cet espace de liberté est assez comparable à l’espace transitionnel de Winnicott 2 ; c’est un espace de jeu, un espace intermédiaire, qui a valeur de contenant et de limite dedans-dehors pour le sujet.
La mise en place du cadre passe par la détermination d’un espace lieu, d’un espace-temps (horaires, fréquence, durée fixe) et d’un certain nombre de règles. Il n’y a pas un cadre type, mais plutôt différentes options en fonction de la forme de l’atelier, des médiations utilisées, du nombre de patients et du nombre de thérapeutes.

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