L’hypersomnie
Variante de l’insomnie, l’hypersomnie est un dérèglement du sommeil qui consiste à trop dormir. L’enfant, malgré de nombreuses heures de sommeil, semble constamment fatigué.
Il arrive qu’un enfant dorme très longtemps, très profondément, semble encore fatigué après avoir pourtant fait une si grande nuit et s’endorme souvent dans la journée, un peu n’importe où et à n’importe quel moment.
A l’inverse de l’insomnie, l’enfant semble ici ne jamais avoir eu assez de sommeil. Il dort trop, mais ce n’est pas suffisant, et les réveils pour aller à l’école sont souvent difficiles.
Il existe beaucoup d’origines possibles à un tel trouble et selon les cas, il faudra réfléchir au sens que prend cette manifestation dans la vie de l’enfant.
L’hypersomnie peut avoir des causes somatiques et la consultation d’un médecin, si le phénomène prend de l’ampleur, s’avérera nécessaire pour procéder à des analyses plus poussées.
Il s’endort dans la journée
Une fois les origines physiologiques écartées, beaucoup de possibilités demeurent encore. L’hypersomnie apparente peut n’être que la conséquence d’une insomnie jamais détectée et cachée par l‘enfant. L’absence de sommeil pendant plusieurs heures au cours de la nuit justifie alors aisément qu’un enfant s’endorme durant la journée ou éprouve des difficultés particulières à se lever le matin. Il faut donc s’assurer que cet excès de sommeil ne cache pas un manque à un autre niveau.
S’il s’avère que l’hypersomnie n’est pas consécutive à une insomnie, alors ce trouble peut être étudié comme tel, en s’interrogeant sur les raisons de son apparition. L’enfant a-t-il toujours eu tendance à beaucoup dormir ? Le trouble s’est-il développé à la suite d’un événement particulier, d’un changement dans son rythme de vie ? Si l’enfant possède une maîtrise du langage suffisante, en parler librement avec lui, sans le gronder, pourra permettre d’en apprendre davantage.
Un enfant peut avoir mal supporté un changement de rythme scolaire, avec davantage de devoirs, surtout s’il multiplie les activités le soir, les week-ends et les mercredis. Il est possible qu’il s’épuise sans s’en rendre compte et sans oser se plaindre de cet emploi du temps chargé de sports et de loisirs qu’il a parfois lui-même réclamés.
L’école est le second lieu de vie de l’enfant après son domicile familial. Il y passe des journées entières, y travaille et y joue, au milieu d’adultes et d’enfants de son âge. Que se passera-t-il s’il s’y sent mal ? C’est souvent l’une des grandes inquiétudes des parents, surtout que l’enfant hésite parfois à parler de ses difficultés. Le refuge dans le sommeil est alors un système de défense courant, l’enfant demandant toujours à dormir un peu plus avant d’aller à l’école, espérant qu’on le laissera dans son lit plutôt que de l’envoyer affronter une autre journée là-bas.
Les parents pressés par les contraintes horaires se fâchent, surtout s’ils le retrouvent endormi sur le canapé alors qu’il avait enfin accepté de se lever, et cette situation prend vite l’allure d’un affrontement général.
Extrait de :
"Les Troubles du Sommeil et les Colères chez l’Enfant"
Charlotte Mareau, Collection Eclairages
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