L’illisibilité
L’écriture qui précède et celle qui suit présentent toutes deux une illisibilité.
Il faut discriminer l’illisibilité due à une recherche de rapidité, qui élude les formes d’une manière passagère, de l’illisibilité qui s’insinue puis s’installe dans l’écriture d’un adolescent. Celle-ci est à prendre au sérieux. Elle mérite qu’on se penche sur son origine et sur ce que l’adolescent nous donne à voir de son malêtre.
L’illisibilité est signe de confusion. L’adolescent a trop à gérer avec ses contradictions, il est dans un état de confusion. Il a perdu ses repères et n’arrive plus à respecter les codes de communication.
L’illisibilité est un signe de démission. L’adolescent ne se donne plus de mal pour mettre en forme ce qu’il pense. Il renonce à être compris, il sombre dans un laisser-aller démissionnaire. L’illisibilité est aussi une façon de se dissimuler, de se cacher pour ne pas donner prise.
Elle est toujours signe d’une forme de rupture. Il faut chercher laquelle dans l’écriture. Quelles sont les espèces les plus touchées ? Comment se sont-elles déformées ? Que nous donnent-elles à voir du mal-être de l’adolescent ? Quels sont les leviers qui pourraient
être actionnés pour l’aider à se restructurer ?
Il existe bien des manières de se rendre illisible !
Lisible ou illisible ? Les personnalisations de Henri Michaux
Le Grand Combat
« Il l’emparouille et l’endosque contre terre ;
Il le rague et le roupète jusqu’à son drâle ;
Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage à ri et ripe à ra.
Enfin il l’écorcobalisse. »
Henri Michaux, Qui je fus, 1927 |
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