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L’insomnie

L’insomnie est une perturbation de la durée et/ou de la qualité du sommeil qui, lorsqu’elle s’instaure de façon durable, entraîne très vite des conséquences néfastes sur l’équilibre de l’enfant.



D’une façon générale, un enfant insomniaque est un enfant en manque de sommeil chronique, qui n’arrive jamais à récupérer complètement de sa fatigue et qui développe en grandissant des stratégies pour aménager ce trouble s’il n’a pas pu être soulagé. Tous les degrés de sévérité se rencontrent et toutes les insomnies ne sont pas aussi invalidantes les unes que les autres.

L’insomnie à l’endormissement

L’une des formes les plus courantes est l’insomnie à l’endormissement. L’enfant est couché dans son lit, après avoir été bercé si c’est un bébé, ou avoir écouté une histoire s’il est plus grand, on éteint la lumière et... l’enfant ne s’endort pas. Nourrisson, souvent il s’agite et pleure. Quelquefois il reste silencieux, éveillé, observant les contours de sa chambre. Plus âgé, il se tourne et se retourne dans son lit, hésite à se relever car il sait que ses parents risquent de le gronder s’il le fait. Le sommeil peut mettre longtemps à venir si l’enfant a peur et lutte contre celui-ci, appelle ses parents ou demande à dormir avec eux, ou simplement s’il n’a pas encore la sensation d’avoir sommeil.


(JPG) Ce type d’insomnie rend l’enfant très fatigué au réveil, surtout s’il doit se lever pour aller à l’école. Ici, le problème se situe essentiellement au niveau de l’entrée dans le sommeil, de l’abandon à celui-ci. Une fois endormi, l’enfant fait a priori sa nuit jusqu’au matin. Les causes sont donc à rechercher dans la période de l’endormissement et dans les inquiétudes qu’elle est susceptible de faire jaillir. Selon chaque situation familiale, des raisons particulières peuvent être identifiées, pouvant induire ou renforcer le trouble du sommeil.

L’insomnie de milieu de nuit Une autre forme d’insomnie courante est l’insomnie de milieu de nuit. L’enfant s’endort sans trop de difficultés, il dort profondément en début de nuit, mais se réveille en pleine nuit, à minuit, 3 heures ou 4 heures du matin, et ne parvient pas à se rendormir tout de suite. Les conséquences de ce type d’insomnie seront d’autant plus importantes que le temps jusqu’au rendormissement sera long.

Un enfant qui pleure ou qui se lève en pleine nuit pour aller voir ses parents manifeste ouvertement son trouble, tandis qu’un autre qui reste silencieux pourra laisser inaperçue son insomnie.

Lorsqu’il s’agit d’un nourrisson, cette insomnie de milieu de nuit dévoile très souvent l’existence d’un trouble physique associé, et les cris et les pleurs qui accompagnent cet inconfort alertent rapidement les parents.

Ces insomnies de milieu de nuit peuvent se déclencher en toute fin de nuit, vers 5 ou 6 heures du matin, et souvent l’enfant s’occupe dans sa chambre en attendant l’heure du levé. Dans ce cas, la fatigue s’accumulera jusqu’à ce que l’entourage s’aperçoive de l’existence d’un trouble du sommeil. (JPG) Quand l’enfant ne reste pas discrètement dans sa chambre, il vient souvent trouver ses parents en pleine nuit, les réveillant, ce qui bien sûr n’est pas toujours bien accueilli. Il veut parfois être rassuré, et pris dans le lit des parents, ou il vient simplement annoncer qu’il ne peut pas dormir, en espérant que ses parents vont lui fournir une solution. Si une réassurance ponctuelle peut parfois être trouvée, le trouble nécessitera le plus souvent une interrogation sur ses origines et ses possibilités de résolution.

L’insomnie quasi-totale

Il existe une forme plus rare, et plus grave, de l’insomnie, dans laquelle l’ensemble du cycle de sommeil est perturbé. Le sommeil est morcelé, les cycles ne sont pas complets. La qualité du sommeil est très altérée et les réveils fréquents alternent avec les difficultés à se rendormir. L’enfant ne s’abandonne pas complètement au sommeil, il est agité, tendu, son inquiétude lui donne l’impression d’être « sur le qui-vive ».

Cette forme d’insomnie passe rarement inaperçue, même s’il est possible que l’enfant réussisse à la cacher. Ses effets n’en sont pas moins invalidants. L’enfant au réveil n’est absolument pas reposé ; il est tendu, triste, agacé. Ses relations avec les autres et son travail à l’école s’en ressentiront, et il est possible qu’il s’endorme pendant la journée, l’essentiel de son angoisse se manifestant durant la nuit.

Extrait de :

"Les Troubles du Sommeil et les Colères chez l’Enfant"
-  Charlotte Mareau, Collection Eclairages

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