L’intelligence sociale et l’intelligence émotionnelle
La recherche sur l’intelligence est donc en plein chantier ; les
psychologues élargissent désormais la notion d’intelligence à des
domaines qui n’ont pas grand-chose à voir avec les domaines
cognitifs classiques. On parle beaucoup d’intelligence émotionnelle et d’intelligence sociale, considérant comme une forme d’intelligence
la capacité à exprimer et à reconnaître des émotions chez
soi-même et chez les autres. L’intelligence émotionnelle consiste
donc à savoir déchiffrer ses propres sentiments et à bien les utiliser.
Ainsi, plutôt que de vouloir masquer tel ou tel sentiment, une personne intelligente saura le communiquer aux autres et faire en
sorte que ceux-ci adoptent une attitude appropriée.
Certains psychologues estiment qu’une part importante de la réussite ou des difficultés rencontrées dans les études ou dans la vie
professionnelle n’est pas explicable par la mesure du QI classique.
Ils recherchent donc d’autres critères susceptibles de quantifier d’autres formes d’intelligence et leur incidence sur la réussite/l’échec dans le parcours individuel.
Salovey et Mayer ont réellement inventé le terme d’intelligence émotive en 1990. Ils ont décrit l’intelligence émotive comme « une
forme d’intelligence sociale qui implique de contrôler ses propres sentiments et émotions et celles des autres, de les distinguer entre
elles, et d’utiliser cette information pour guider la pensée et l’action
de l’individu ». Selon eux, l’intelligence émotive est constituée de
quatre composantes :
• l’habileté à percevoir les émotions d’une manière correcte ;
• l’habileté à utiliser l’information émotionnelle pour faciliter la
pensée ;
• la capacité à comprendre les émotions ainsi que les significations
qui y sont associées ;
• la capacité à gérer ses émotions.
S’inspirant des recherches de Salovey et Mayer, Daniel Goleman reprend dans son livre sur l’intelligence émotionnelle (1995) les
principaux domaines dans lesquels s’exerce cette forme d’intelligence :
• Reconnaître ses propres émotions ; conscience de soi-même et de
ce qui est éprouvé au moment où cela se produit.
• Gestion de soi-même et de ses émotions ; maintien d’un contrôle
sur ses émotions mises au service d’un but.
• Conscience sociale : reconnaissance des émotions chez les
autres ; empathie.
• Gestion des relations et des conflits.
L’interaction entre processus cognitifs et émotions semble désormais
établie et on ne peut plus considérer l’intelligence comme une manifestation de ce qui relève avant tout de la cognition. La compréhension
et la gestion des émotions contribuent également, dans une
certaine proportion, à la mise en œuvre de conduites intelligentes.
Mais revenons à l’intelligence cognitive, puisque notre propos est surtout centré sur le QI, dont la détermination demeure un élément important de l’évaluation des possibilités intellectuelles d’un sujet et
de son fonctionnement cognitif.
Il convient de ne pas négliger les rapports qui existent entre la capacité
d’acquérir et les acquisitions, entre intelligence et connaissance.
Les outils intellectuels se construisent, se différencient et s’aiguisent
en fonctionnant. « Si l’intelligence est bien ce qui permet d’acquérir,
elle se trouve en retour modifiée de manière essentielle par ce
qu’elle acquiert. » (R. Perron, 1994)
Extrait tiré de l’ouvrage de Thérèse Durandeau : Le QI chez l’enfant et l’adolescent, aux éditions Studyparents.
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