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La consommation de substances


L’adolescence, en tant que période d’exploration, conduit certains jeunes à consommer des drogues, du tabac ou de l’alcool (produit le plus expérimenté à ce moment-là). Il est important de préciser que la consommation d’une substance à l’adolescence doit être prise en compte mais ne signifie pas que le jeune est toxicomane.
Il peut certes le devenir s’il n’est pas pris en charge à temps. En effet, la consommation de drogue ou d’alcool est étroitement liée à des troubles du comportement, à la délinquance et à des problèmes scolaires importants (échec ou décrochage). Les jeunes de 13 ans et plus ayant des comportements violents consomment plus de drogues, d’alcool ou de cigarettes que les adolescents non-violents.
De même, ceux qui ne sont plus dans un cursus scolaire ont tendance à adopter des comportements à risques (toxicomanie, alcoolisme, sexualité...), et, inversement, les comportements à risques des adolescents peuvent participer à leur déscolarisation et à l’augmentation de ces mêmes comportements. Ils sont plus souvent victimes ou auteurs de vols, d’insultes et de violence que leurs pairs non-violents.



La consommation de drogue est liée à une tentative de maintenir une estime de soi satisfaisante et la consommation d’alcool est garante d’une restauration de l’image sociale. En consommant, l’adolescent va rechercher des états ou sensations particuliers : détente, euphorie, bien-être ou désinhibition.
Cependant, à long terme, la consommation régulière de produits va fragiliser l’adolescent en diminuant son estime de soi.

Facteurs explicatifs
Les conduites addictives peuvent être expliquées par quatre facteurs liés au remaniement de l’adolescence : identité, corps, rite, appartenance à un groupe.
La quête identitaire incite l’adolescent à se situer par rapport aux relations extérieures. Quand il a une estime de soi faible, cette période peut être angoissante et porteuse de souffrance. La consommation d’un produit viserait l’apaisement de ces tensions.
Le corps se situe au cœur de nombreux soucis pour certains adolescents, qui vont essayer de le contrôler et le mettre à l’épreuve. La consommation d’un produit peut conduire à tester ce corps et à se donner l’illusion d’un contrôle sur lui. Il s’agit d’agir pour éviter la passivité.
La notion de rite de passage à l’adolescence est source de passage à l’acte. La consommation d’un produit s’inscrit dans une démarche de passage à l’acte adulte par imitation.
L’appartenance à un groupe est susceptible d’influencer la conduite de l’adolescent et de favoriser le passage à l’acte. La non-consommation d’un produit peut même entraîner l’exclusion de l’adolescent du groupe.

Prévention
Le travail de prévention peut être effectué à l’école et à travers une sensibilisation au repérage de tout ce qui touche à la consommation de substances nocives sur le plan de la santé. Cela peut se traduire par l’intervention de professionnels, par la projection d’images percutantes ou de petits films portant sur les conséquences de l’abus de substances, ou sur l’irréversibilité de certaines situations (invalidités, paralysies, amputations...) provoquées par ces conduites.
De façon indirecte et pour leur faire prendre la mesure des risques pris, on peut tenter de mobiliser les jeunes pour imaginer des publicités préventives (alcool au volant par exemple).

Prise en charge
Les interventions ont lieu au niveau des soins. Plus elles sont précoces, moins le jeune s’enlisera dans sa consommation et moins il se coupera de l’environnement.
Il s’agit avant tout de diagnostiquer le niveau de dépendance sur lequel se situe l’adolescent. Ce dernier ne vient pas forcément avec une demande.
Les hospitalisations sont rares, et sont plutôt à visée préventive s’il existe un risque vital. Les adolescents sont en général suivis en ambulatoire dans les centres hospitaliers et ont des consultations avec divers professionnels (médecin, psychologue, assistante sociale).
L’approche avec un psychologue ou un psychiatre, sous forme d’entretiens, vise à écouter l’adolescent raconter comment il en est venu à consommer. Il s’agit de créer une alliance avec lui.
Il existe également des thérapies qui vont lui permettre de comprendre le sens de sa consommation, d’essayer de verbaliser ce qu’il ressent et de se représenter la situation dans laquelle il est enfermé.
Cela peut avoir lieu par le biais de groupes de paroles ou à médiation (peinture, musique...), ou d’approches corporelles (psychomotricité, danse-thérapie...).

Lire : "Comprendre son enfant 11-17 ans", Caroline Sahuc, Studyrama.

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