Le pensionnat est à nouveau d’actualité
La pension, tombée en désuétude, semble faire à l’heure actuelle un retour en force ! Elle regagne des galons auprès des familles et des jeunes puisque 300 000 élèves l’ont fréquentée l’an passé contre 250 000 en 1997. Public ou privé, l’internat peut être une solution à vos problèmes... sous certaines conditions.

Plusieurs raisons nous poussent, nous parents, à envisager un jour la pension d’un autre œil.
Votre enfant vit mal sa crise d’adolescence et vous n’arrivez plus à le gérer, votre travail vous oblige à être fréquemment absent, les résultats scolaires de votre adolescent sont catastrophiques, il a de plus en plus de fréquentations que vous jugez « douteuses », etc. Bref, les raisons sont légions ! Attention, l’internat n’est pas un remède miracle et pour que la potion prenne, et il vous faudra suivre quelques règles.
Aujourd’hui, la pension-punition n’est plus de mise
; il faut donc arrêter de brandir cette menace comme le faisaient nos parents. Tous les psychologues et chefs d’établissements restent d’accord : « Venir à l’internat ne doit jamais être vécu comme une contrainte. Il s’agit pour l’enfant de devenir pour la première fois un acteur de sa scolarité. » Aujourd’hui, il est rare de voir, parmi les élèves internes, des enfants de moins de 12 ans, sauf pour des raisons géographiques ou familiales majeures ; c’est généralement à partir de 14 ans que la question commence à se poser, en pleine crise d’adolescence ! Ce peut être un soulagement pour un adolescent de s’éloigner du cocon familial au plus fort de la crise. Il ne doit pas avoir l’impression qu’on se débarrasse de lui, mais qu’il s’agit d’une solution pour le remettre sur les rails.
Vivre toute sa scolarité en internat n’est pas non plus la panacée ! La pension doit intervenir dans la vie de votre enfant pour une période d’un ou deux ans maximum. Attention, un enfant qui refuse catégoriquement de travailler ne le fera pas plus en pension. En revanche, un élève qui possède de grosses lacunes a toutes les chances de les voir comblées.
Une discipline sans faille au cœur du pensionnat reste la recette de base concoctée par les établissements scolaires privés ou publics. Les enfants ne doivent pas confondre école et colonie de vacances. La sévérité reste donc une priorité et tous les élèves sont logés à la même enseigne.
L’essentiel n’est pas la rigueur de la sanction, mais qu’aucun écart ne reste impuni. Un élève qui fait tout pour se faire renvoyer n’est pas à sa place en internat. Tous les établissements s’attachent à un suivi individualisé pour chaque pensionnaire avec un adulte référant (l’internat, par définition, doit pendant la semaine suppléer la famille) et à deux heures d’étude quotidienne obligatoire. Certains élèves trouvent étrange de dormir à l’école au début, mais la plupart restent portés par l’effet de groupe et voient leurs résultats scolaires s’améliorer autant que leur comportement. C’est l’occasion unique de donner à des gosses parfois en perdition une seconde chance. L’élève est à nouveau fier de son bulletin, l’ambiance familiale redevient sereine et l’internat devient signe de réussite et non plus d’échec.
(Juin 2005)
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