Le psychodrame analytique
Le psychodrame constitue une technique privilégiée pour traiter certaines pathologies de l’adolescent. Il dure généralement entre trois et quatre ans.
Cette thérapie est recommandée dans les cas de forte inhibition, de difficulté de représentation ou de failles psychosomatiques. L’intérêt réside dans le fait
que lorsque les pathologies sont lourdes, cela permet de créer un espace de fiction où il y a possibilité d’éprouver des affects et des représentations. Cela
permet d’associer des affects à des représentations et donne la possibilité d’ouvrir un imaginaire.
Les adolescents sont soumis à des pressions intérieures contradictoires. Le psychodrame offre la possibilité de montrer que les positions contradictoires
peuvent coexister sans que cela entraîne une rupture, un déchirement existentiel.
Le psychodrame est d’abord l’invention de Moreno : il s’agit alors d’un jeu de rôles permettant à Moreno d’inspecter les postures familiales, sociales,
de chaque individu. Au lieu d’assister à un spectacle, le participant est invité à le jouer, éventuellement échangeant son rôle avec d’autres participants.
Sigmund Freud correspondit avec Moreno, mais n’en tira pas de méthode clinique. Ce sont trois psychanalystes français, René Diatkine, Serge Lebovici
et Evelyne Kestemberg qui modifièrent la structure du psychodrame, l’adaptant aux particularités de la psychanalyse et fondant le psychodrame
analytique individuel.
En psychodrame analytique individuel, le patient est seul avec le directeur de jeu (analyste qui ne joue pas) qui commente, interprète, donne les consignes,
et un groupe de cothérapeutes (environ six personnes) chargés de jouer les rôles donnés par le patient. On propose à l’adolescent quelques
séances d’essai. Il propose une scène et distribue les rôles. Il y a deux scènes par séance, et cela dure environ trente minutes. Le directeur de jeu
commente et interprète ce qui s’est passé dans l’espace scénique.
Le psychodrame se répartit sur trois temps : élaboration de la scène, jeu psychodramatique et interprétation. Cependant, le meneur de jeu peut interrompre
le jeu pour livrer une interprétation ou pour mettre fin à une scène inutile née d’une résistance.
L’élaboration
Pendant le temps d’élaboration, le psychanalyste meneur de jeu écoute le patient inventer une scène, souvent mettant en jeu des proches ou une situation
récemment vécue. Chez un adolescent, cela peut être un problème d’agressivité. Le meneur de jeu peut éventuellement orienter le patient,
surtout un patient en difficulté à ce moment. L’élaboration permet aussi d’assigner
les rôles de la scène à des cothérapeutes, eux aussi psychanalystes.
La phase du jeu
C’est le moment pour le patient de confronter sa représentation de la scène avec sa figuration en acte. Cependant, les cothérapeutes peuvent jouer
d’une manière que le patient n’attendait pas. De plus, il existe des procédés particuliers : un cothérapeute joue un double du patient, un cothérapeute se
place derrière le patient et murmure ses pensées les plus latentes, les rôles sont inversés, et le meneur de jeu met fin à la scène pour livrer une interprétation,
puis la laisse redémarrer ou non. Le jeu réside avant tout dans la
verbalisation. D’ailleurs le meneur de jeu interrompt la scène dès qu’un lapsus, une parole inédite, un acte manqué ou une sortie de jeu intervient.
L’interprétation
La phase d’interprétation constitue le temps de la représentation, de l’élaboration et de la construction. Le meneur de jeu interprète ce que l’adolescent
a joué, ses réactions qu’il n’a pas jouées, ou la différence entre ce qu’il a
joué et la scène qu’il avait proposée. Si le patient réagit, a une prise de
conscience, l’entretien peut durer plus longtemps.
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