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Psychologie » Comprendre son enfant » Troubles et colères de l’enfant
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Les autres psychoses infantiles précoces


Les psychoses de l’enfant constituent un trouble de la personnalité relevant d’un désordre de l’organisation du Moi et de la relation de l’enfant avec le monde environnant. Cela se traduit particulièrement par des relations interpersonnelles anormales et un retard de langage.
Ces psychoses précoces apparaissent après une période de développement psychoaffectif normal, aux alentours de 2 ans et demi ou 3 ans et 5-6 ans.
L’enfant présente des symptômes très variables comme des crises d’angoisse, une instabilité majeure ou une inhibition, des rituels défensifs, des troubles du langage et de la voix et des troubles psychosomatiques, une labilité affective fréquente, et un investissement déficitaire des fonctions cognitives.
F. Tustin a beaucoup travaillé sur l’autisme et sur la dépression psychotique. Selon elle, toute psychose débuterait par une dépression psychotique.
Elle l’a élaborée sous la forme du fantasme du trou noir, évoquant la perte du sein maternel et d’une partie de la bouche de l’enfant. Le bébé a l’illusion que le mamelon fait partie de lui-même et la mère a l’illusion que le bébé fait partie d’elle-même.



C’est un moment crucial que l’enfant ne peut supporter que grâce au soutien et à la protection maternelle qui constituent un système de pare-excitation. Ce n’est qu’à cette condition de holding chaleureux que la perte peut être compensée par la production mentale du bébé. Le mamelon perdu devient le trou noir de la dépression désorganisante, et les enfants vont développer contre ce trou noir un certain nombre de mécanismes de défense. Il va aussi se constituer des objets autistiques qui peuvent être des parties du corps de l’enfant ou des objets extérieurs considérés comme appartenant à son corps.
Tustin a décrit trois formes d’autisme : primaire anormal, secondaire à carapace, et secondaire régressif.

L’autisme primaire anormal

Il existe une carence grave au niveau du nourrissage. Ce sont des enfants seuls, abandonniques, isolés, en institution avec un manque de stimulation tactile, ou des enfants qui ne peuvent pas tirer la meilleure partie du maternage en raison d’un handicap sensoriel ou d’une déficience mentale.
Dans ces cas, il faut un maternage riche pour compenser le handicap. Quandl’intériorisation du monde extérieur est entravée par ce handicap, les sensations internes deviennent dominantes. Du côté de la mère, il s’agit d’un maternage incohérent avec un double message : mère rigide, angoissée, dépressive. Le bébé va capter la peur de séparation de sa mère et va jouer ce jeu-là.
Le bébé a une conscience très vague de l’image du corps et de l’identité. Son corps est mou et flasque. Les enfants ne parlent pas, au mieux c’est un langage gribouillé. Mère et enfant ne se différencient pas. C’est lié à une déficience sensori-mentale ou de l’environnement.

L’autisme secondaire à carapace

C’est un mode de défense contre la panique liée à une séparation corporelle insupportable. Les parents sont d’un type particulier : la mère est trop insécurisée et préoccupée par elle-même, elle déménage fréquement. Les pères sont soit absents, soit passifs, ne soutenant pas la mère. Donc aucun des deux n’accorde l’attention et le soutien considérable dont l’enfant a besoin. Le bébé rencontre chez sa mère le vide.
Sur le plan des symptômes, les enfants font souvent tourner leur corps et les objets extérieurs. Ils trouvent une constance dans les mouvements incessants. Ils évitent le non-moi du monde extérieur et aboutissent à un état d’autohypnose  ; ils réduisent les êtres vivants à des états de choses inanimées. Ils repoussent la mère ce qui accroît leur détresse. Il y a arrêt du développement psychique.
Ces enfants « s’enveloppent en eux-mêmes pour éviter d’affronter le traumatisme moral de la perte de l’unité originaire avec la mère ». Les objets extérieurs sont vécus comme parties de leur propre corps.
Il y a un encapsulement, un arrêt du développement pour se protéger contre le non-moi. Il y a constitution d’une carapace rigide (routine, rythmies, stéréotypies) et utilisation d’objet autistique mécanique pour recouvrir la dépression par rapport au trou noir. Le corps est raide, insensible. L’enfant fuit le contact physique. Il ne différencie pas les personnes et les choses.
Les enfants sont mutiques, écholaliques et évitent de regarder. Le mécanisme de défense est l’encapsulement.

L’autisme secondaire régressif

C’est la forme qui se rapproche le plus du tableau de la schizophrénie de l’enfant. Ce sont des enfants qui vont se disloquer et régresser après une phase de développement correcte. Ils se présentent comme des enfants passifs ou trop sages.
La relation est artificielle entre la mère et le bébé, c’est-à-dire que l’adaptation est excessive de l’un à l’autre (enfant modèle, mère modèle). Il y aurait eu conscience de la séparation corporelle dans ce cas-là. C’est la désintégration après la phase d’intégration.
On note un clivage avec mécanisme de défense de type identification projective : c’est une combinaison entre clivage de certaines parties de soi et projection de ces parties sur ou dans une autre personne. L’enfant régresserait souvent sous l’effet d’un stress. Le mécanisme principal est l’identification projective.
Ces enfants ont souvent grandi trop vite. Impression de vie fantasmatique intense. Le langage, s’il existe, est confus, la pensée aussi. Le développement est confus et parcellaire.

Lire : "Comprendre son enfant 0-12 ans", Caroline Sahuc, Studyrama.

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