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Les cauchemars

Il fait des cauchemars... Peu de parents échapperont à ce phénomène, qu’il soit ponctuel ou récurrent. En pleine nuit, ou au petit matin, l’enfant se réveille en pleurant, en criant et s’il sait parler, vous appelle.



Chez un nourrisson, les phases de sommeil paradoxal, durant lesquelles apparaissent les rêves, sont plus nombreuses que chez l’enfant plus âgé, et des réveils liés à des cauchemars peuvent fréquemment apparaître. Souvent, le sommeil paradoxal est un sommeil très agité. L’enfant présente des mouvements nerveux du visage, des bras et des mains ; quelquefois il émet des sons, des babils ou des petits cris. Il n’est pas forcément nécessaire de s’inquiéter : la plupart du temps, cela ne le réveillera pas complètement et il se rendormira profondément. Le prendre dans ses bras au moindre son serait donc davantage une perturbation de son sommeil qu’un soulagement. (JPG) Dans d’autres cas, en revanche, le bébé pleure franchement, il s’agite et ses cris ne se calment que lorsque ses parents interviennent. Dans les premiers mois de la vie, il est souvent difficile de distinguer un cauchemar d’un trouble d’origine différente. Les déterminations sont souvent multiples et mêlées. Comment savoir précisément si votre enfant a fait un cauchemar ou s’il s’est réveillé et a pleuré en ayant peur de se trouver seul dans sa chambre ?



Le cauchemar correspond à un état du sommeil souvent oppressant, durant lequel des apnées ou des dyspnées peuvent s’observer (c’est-à-dire des difficultés de respiration). Des inquiétudes, des angoisses non symbolisables durant la journée resurgissent pendant la nuit dans des rêves inquiétants et désagréables.

Jusqu’à l’acquisition de la parole, il sera donc très difficile de savoir avec certitude si l’enfant a fait un cauchemar et quelle origine a celui-ci. Si des réveils fréquents et angoissés se multiplient, sans qu’une cause physique (comme un trouble digestif ou de la fièvre) puisse y être associée, il convient de consulter, d’abord un pédiatre puis éventuellement un thérapeute, car cette situation fatigue beaucoup à la fois l’enfant et ses parents et crée un climat de tension rapidement dommageable.

Chez l’enfant à partir de 30 mois, la maîtrise du langage va permettre d’exprimer le contenu du cauchemar et le vécu qui lui est lié. L’enfant se réveille en pleurant, et appelle ses parents. On le retrouve dans son lit, assis le plus souvent ou même debout, ayant déjà rallumé la lumière. Il se calme dans les bras de ses parents, mais un temps plus ou moins long peut s’écouler avant qu’il n’accepte de retourner se coucher. Souvent il dit qu’il a peur et qu’il veut rester avec vous ou venir dormir dans votre lit. (JPG) L’évocation du cauchemar fait couramment référence à des thèmes classiques des peurs quotidiennes : « Le loup allait me manger. », « Les méchants vont m’emporter. » Dans certains cas, l’enfant rapporte des éléments qui sont plus directement connectés avec la réalité, et il faudra alors y porter une attention toute particulière. Le cas où il raconte une scène de l’école, comme « Clément voulait me taper », peut aider à comprendre combien certaines situations d’agressivité dans le milieu scolaire ont des répercussions angoissantes sur lui. Autre exemple : il s’exclame, à la veille du départ en colonie de son grand frère adoré : « Je veux pas qu’il parte. J’ai peur. Où est-ce qu’il va ? »

S’il s’agit de manifestations ponctuelles, liées à des situations aisément repérables, leur résolution sera généralement rapide. Le rêve contient beaucoup d’éléments qui n’ont pas pu être symbolisés pendant la journée, les peurs et les frustrations de l’enfant, qu’il a tues et qui reviennent se manifester quand sa conscience est assoupie. Tout comme un enfant qui n’a pas participé à une sortie parce qu’il était malade, et qui a vu partir ses copains avec tristesse et envie, rêvera peut-être qu’il joue avec eux et qu’il est le plus rapide à la course ou le plus fort dans les jeux, un enfant gardant en lui une peur qu’il n’ose pas communiquer durant la journée pourra retrouver dans ses cauchemars cette angoisse symbolisée.

Lorsque les cauchemars deviennent récurrents, envahissants, que l’enfant se réveille plusieurs fois par semaine, ou pleure longtemps et se débat dans son sommeil, il faut chercher les origines de cette situation avec l’aide de la famille d’abord, puis éventuellement d’un médecin ou d’un psychologue. Un enfant qui cauchemarde souvent est un enfant qui redoute le sommeil, qui peut être tendu, anxieux. La qualité de son sommeil est altérée ; souvent, il ne se sent pas assez reposé. La durée totale de sommeil diminue aussi en fonction de la fréquence et de la durée des réveils. La situation est rapidement épuisante pour les parents qui, à force d’être tout aussi fatigués, risquent d’être de moins en moins disponibles pour leur enfant.

Extrait de :

"Les Troubles du Sommeil et les Colères chez l’Enfant"
-  Charlotte Mareau, Collection Eclairages

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