Accueil Studyparents >> Psycho/santé >> Les pathologies de l’adolescence
Les troubles addictifs
Les addictions sont des troubles qui se caractérisent par une répétition d’actes susceptibles de provoquer du plaisir, marqués par la dépendance à un objet ou à une situation et consommés avec avidité. Ainsi, le sujet perd la liberté de s’abstenir de consommer l’objet. Le trouble addictif se retrouve dans diverses organisations psychiques. Mais à l’adolescence, période où la structure est toujours en construction, tout est encore possible. Aussi le trouble sera-t-il à interpréter dans le processus de construction, en fonction de l’âge et de l’histoire infantile de l’adolescent. Ce type de trouble est particulièrement lié à l’adolescence dans la mesure où les sujets qui en souffrent présentent des carences majeures des assises narcissiques. Or comme nous l’avons vu plus précédemment, le narcissisme est ébranlé par les changements pubertaires.
La prise de drogue et la toxicomanie
La toxicomanie est un trouble se caractérisant par une dépendance à la drogue. A l’adolescence, les drogues sont utilisées dans le but de calmer l’angoisse liée aux changements. Attention, tout adolescent qui prend de la drogue occasionnellement n’est pas à considérer comme toxicomane. La notion de toxicomanie implique un cercle vicieux dans lequel l’effet recherché de la drogue devient la cause pour en prendre. Il faut donc distinguer l’adolescent qui fume de la marijuana pour « faire comme les autres » ou pour expérimenter la chose, de l’adolescent qui en fume quotidiennement et qui subit une dépendance, notamment psychologique.

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC)
Les TOC sont connus du grand public car ils ont été fortement médiatisés. Loin de faire peur comme la schizophrénie, les TOC rappellent à chacun ses manies ou ses rituels de l’enfance, mais poussés à leur extrême. Car le rituel obsessionnel fait partie du monde de l’enfance. A cette période, il est la conséquence de la pensée magique caractérisée par le manque de séparation entre la pensée et l’acte. C’est par exemple l’enfant qui, dans la rue, marche sur les lignes du trottoir en s’inventant un code de conduite qui, s’il est respecté, donnera lieu à un événement heureux. C’est la façon dont l’enfant compense son impuissance à choisir et sa soumission à ce qu’il vit. A l’adolescence, les TOC prennent alors leur sens par rapport aux remaniements dus à la puberté. Ils surviennent généralement d’une façon envahissante proportionnellement à l’angoisse suscitée par les changements internes. Certains adultes, qui ont encore du mal à séparer pensée et acte (subissant une soumission angoissante à ce qu’ils vivent), ont toujours dans un coin de leur tête ce mode de pensée ; les croyances superstitieuses en témoignent.
Les troubles anxieux : phobies, crises d’angoisse, anxiété permanente
A l’adolescence, l’angoisse ravivée par le changement pubertaire doit trouver un moyen de se décharger. Elle est parfois déplacée vers un objet ou une situation. Cela donne naissance à une phobie. Si elle n’est pas déplacée sur un objet précis elle peut rester diffuse et donner éventuellement lieu à des crises d’angoisse dans des moments qui la ravive particulièrement.
Dépression, sentiments dépressifs, idées suicidaires

Les sentiments dépressifs sont les symptômes les plus répandus au niveau de la psychopathologie de l’adolescence. On note cependant différents degrés qui vont de la morosité passagère à la véritable maladie. L’adolescent connaît des passages dépressifs normaux liés aux remaniements internes qu’il subit. Cependant, si c’est un état qui s’installe de manière prolongée, il faut s’en préoccuper. S’il va bien, un adolescent dépasse assez rapidement ces moments dépressifs. En revanche, si ces moments n’alternent pas avec des moments joyeux socialisés, c’est que l’adolescent est déprimé au sens psychopathologique du terme.
Le passage à l’acte : délinquance, automutilation, autodestruction
L’adolescence est l’âge de l’agir. Poussé par des chamboulements internes qu’il fuit, l’adolescent est contraint à agir pour se soulager de sa tension intérieure. Il ne choisit pas forcément la verbalisation qui est plus difficile et plus longue que l’action, et dont il a l’impression que l’effet ne sera pas immédiat. L’impulsivité est variable chez chacun et dépend de la tolérance à la frustration. Pour certains celle-ci est insupportable et réactive les manques précoces.
Le but de l’agir est de décharger la tension interne de façon immédiate. Les pulsions agressives et libidinales en sont à l’origine. Lorsque celles-ci sont mal liées entre elles, les pulsions agressives se donnent à voir à travers des actes violents.
La violence que l’adolescent subit à l’intérieur de lui-même et projetée contre des objets externes (objet ou personne) ou contre lui-même. Cela se manifeste par des actes de violences hétéroagressives ou autoagressives. Ainsi certains adolescents se mettent-ils à frapper leurs parents, à se bagarrer avec leurs pairs ou à commettre des actes violents et transgressifs.
Extrait de :
"La Crise d’Adolescence"
Adeline Vanek-Dreyfus, Collection Eclairages


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