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Psychologie » Comprendre son enfant » Troubles et colères de l’enfant
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Les phobies


Les phobies représentent des moyens pour le psychisme de déplacer l’angoisse issue d’un conflit intrapsychique vers un objet extérieur.
La phobie constitue une peur irraisonnée et incontrôlable pour un ou plusieurs objets, situations ou personnes (dits objets phobogènes) n’étant pas dangereux par eux-mêmes. La peur cède lorsque l’objet phobogène disparaît et entraîne des conduites d’évitement et l’utilisation d’objets contraphobiques (pour lutter contre ces phobies). Selon l’objet phobique, la phobie est plus ou moins handicapante.
Les phobies sont fréquentes et normales dans l’enfance, c’est leur trop grande intensité ou leur caractère handicapant comme l’enfant qui ne veut plus aller à l’école, qui doit entraîner une consultation psychologique. Elles apparaissent généralement vers 5-6 ans.
Parmi les plus courantes, on rencontre la peur du noir, qui persiste parfois jusqu’à l’âge adulte (et pousse à des conduites d’évitement et de réassurances comme allumer une veilleuse), les phobies d’animaux, petits ou gros (du loup à l’araignée...), les phobies alimentaires et les phobies scolaires.
L’important est d’amener l’enfant à s’exprimer autour de sa phobie afin d’identifier quand c’est possible l’origine de celle-ci.

La phobie des animaux
La peur des animaux constitue un problème qui se rencontre fréquemment chez l’enfant. Ce dernier connaît la peur dès son plus jeune âge. Cette peur représente un sentiment positif qui lui permet d’éviter un certain nombre d’accidents. C’est un mécanisme normal de défense qui devient cependant pathologique lorsqu’elle est chargée d’angoisse.



Certaines peurs sont spontanées et d’autres suggérées ou insufflées, reflétant par exemple celles transmises par les parents à leurs enfants. Ainsi, un enfant peut avoir peur d’un chien parce que ce dernier lui paraît menaçant du fait de sa taille ou de ses aboiements, mais il peut en avoir également peur parce que ses parents, eux-mêmes inquiets que l’enfant agace le chien et se fasse mordre ou craignant que le chien n’ait une réaction inattendue, envoient des signaux de peur à leur enfant qui se les approprie.
Généralement, un enfant a une phobie d’un animal qui n’a pourtant pas présenté de comportement répréhensible (agressivité, morsure). Cela peut prendre racine dans l’utilisation de certaines menaces parentales qui accroissent le sentiment de peur de l’enfant, comme par exemple « si tu ne ranges pas ta chambre, tu seras le prochain dîner du chien ».
L’enfant qui manifeste un comportement de peur devant un animal doit être rassuré et non ridiculisé ou grondé. L’idée est de l’amener progressivement à revoir sa position sur l’animal qu’il redoute, éventuellement d’essayer de se familiariser avec ce dernier. Les parents doivent se montrer compréhensifs et accompagner l’enfant étape par étape à dominer et vaincre sa peur.
L’enfant peut par exemple regarder le chien redouté de loin, puis voir que d’autres enfants jouent avec lui sans crainte, puisqu’ils lui donnent à manger. Il peut ensuite se joindre au groupe, puis un jour essayer de le caresser. Les parents peuvent cependant conseiller à l’enfant de ne pas faire de gestes brusques qui pourraient surprendre le chien.
La phobie des animaux chez l’enfant concerne fréquemment les chiens quelles que soient leur race ou leur taille, et plus rarement les chats (ailurophobie).
Ainsi un enfant peut avoir peur d’un doberman comme d’un caniche ou d’un bébé labrador. Cette peur s’estompe progressivement, excepté dans le cas où l’enfant aurait subi agression (morsure, aboiements intempestifs...).
Dans ce cas, l’idée est d’essayer de redonner du sens à l’agression, comme par exemple dire à l’enfant que le chien l’a mordu parce qu’il lui a tiré fortement la queue, que le chien a réagi et s’est défendu en le mordant. Il faut également expliquer à l’enfant qu’un animal n’est pas un jouet mais un être vivant et que, à ce titre, il doit être respecté et non torturé.
La phobie des chats déclenche chez le sujet phobique pâleur, nausées et « crises de nerfs ».

Les phobies de situations
Les phobies de situations concernent chez l’enfant la peur de l’obscurité, la peur de l’école ou la peur des éléments naturels (orage, eau). Nous étudierons ici deux exemples : la peur de l’eau et la peur du noir.

-  La peur de l’eau
La peur de l’eau peut se manifester à l’occasion des premières vacances au bord de la mer. Même si plage signifie joie d’être en famille et jeux d’eau, cela peut cependant représenter un nouvel environnement déroutant pour l’enfant qui est confronté à un grand espace d’eau bruyant.
Même si l’enfant a passé neuf mois dans l’eau pendant la grossesse et qu’il apprécie le contact de l’eau à travers les expériences du bain, la mer peut devenir angoissante pour l’enfant. Une expérience douloureuse peut être à l’origine de ce rejet, et le seul souvenir désagréable de cette expérience devient un obstacle que l’enfant ne parvient pas à surmonter.
Les parents peuvent aider l’enfant à s’accoutumer progressivement à cet environnement marin. Il est vivement déconseillé de forcer l’enfant à entrer dans l’eau. Quel que soit le problème évoqué par l’enfant, la découverte de l’eau doit passer par le jeu, l’échange et le plaisir.
Il est préférable d’avancer par étapes et de contourner l’obstacle par exemple en jouant au ballon au bord, en creusant le sable et en remplissant d’eau les creux, en construisant un château... Ces petites activités permettent à l’enfant de se familiariser progressivement avec la mer sans en avoir vraiment conscience. Cela lui permet d’aller dans l’eau à son propre rythme.
Une autre approche de familiarisation avec l’eau peut passer par le dialogue et le questionnement de l’enfant sur ce qui le dérange, afin de proposer des solutions adaptées. Par exemple si l’enfant trouve l’eau trop froide, les parents peuvent marcher avec lui au bord de l’eau pour que l’enfant s’habitue à la température de l’eau et ainsi faciliter la baignade. De même, si l’enfant ressent des sensations de brûlures à cause du sel, les parents peuvent choisir une plage équipée d’une douche ou emporter une bouteille d’eau douce pour le rincer.

-  La peur du noir
Peu d’enfants n’ont pas peur du noir. C’est une angoisse fréquente entre 2 et 5 ans. L’obscurité devient l’obstacle qui empêche l’enfant de vérifier que son environnement est sain, qu’il n’y a pas de monstre caché sous le lit, qu’il peut trouver aisément le chemin des toilettes.
Le noir angoisse l’enfant, le désoriente et le met à mal. Il s’endort difficilement, se réveille la nuit, pleure et appelle ses parents.
Les parents peuvent alors répondre à cet appel en se levant, en allumant une lumière dans sa chambre et, vérifier avec lui les recoins de sa chambre qu’il juge dangereux pour qu’il se sente en totale sécurité.
Ainsi, une fois qu’il sera rassuré, l’enfant pourra se rendormir. Les parents peuvent pour un temps mettre une petite veilleuse dans sa chambre ou laisser la lumière du couloir allumée la nuit, permettant d’avoir une assurance dans la pénombre.
Cette première étape est nécessaire mais doit rester transitionnelle et ponctuelle.
L’enfant doit parvenir avec le soutien de ses parents à maîtriser sa peur du noir et à la dépasser. Le dialogue entre le parent et l’enfant va permettre d’identifier le stress ou l’angoisse de l’enfant. Les parents doivent prendre au sérieux les dires de l’enfant et l’encourager à trouver des solutions.
Ils peuvent également rappeler à l’enfant qu’il avait d’autres peurs qu’il a su dépasser et que, à ce titre, il peut faire de même pour sa peur du noir. Il s’agit de donner confiance à l’enfant et de ne pas hésiter à lui indiquer les différentes sources de lumière de la maison.

Lire : "Comprendre son enfant 0-12 ans", Caroline Sahuc, Studyrama.

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