Les psychopathologies de la dépression chez l’enfant
Le trouble dépressif majeur
Le trouble dépressif majeur (TDM) se traduit par un ou plusieurs épisodes dépressifs d’une durée d’au moins 2 semaines. Ce trouble nécessite la présence d’au moins deux des symptômes suivants : à savoir une humeur dépressive qui persiste pendant au moins deux semaines, toute la journée et pratiquement tous les jours ; une diminution marquée de l’intérêt, du plaisir pour des activités agréables ; et une réduction de l’énergie.
Il nécessite également la présence d’au moins quatre des symptômes suivants :
• une perte de confiance en soi ;
• un sentiment de culpabilité ;
• des pensées récurrentes de mort (idées suicidaires) ;
• une diminution de l’aptitude à penser et à se concentrer ;
• une modification de l’activité psychomotrice (agitation, ralentissement) ;
• une perturbation du sommeil ;
• une modification de l’appétit (augmentation ou diminution) et une variation pondérale correspondante.
Ce trouble apparaît en moyenne entre 10 et 17 ans. Pour les enfants plus jeunes, âgés de 8 à 10 ans, il se manifeste par une apparence de tristesse, car ils n’expriment pas véritablement leurs sentiments de tristesse. Ils sont agités, irritables et très opposants (de manière systématique). Ils ont des plaintes somatiques non fondées et des idées suicidaires. Les enfants présentant un trouble dépressif récupèrent en 1 an pour 80 % d’entre eux et en 2 ans pour 90 %. Il y a environ 10 % de rechute dans les 5 années suivantes.
Le trouble dysthymique
Le trouble dysthymique (TD) correspond à une dépression chronique qui présente de courtes périodes de rémission. D’une part, on distingue une humeur dépressive, toute la journée pendant au moins un an, avec possibilité d’une humeur irritable.
Ensuite, on retrouve au moins deux signes dépressifs :
• perte d’appétit ou hyperphagie ;
• insomnie ou hypersomnie ;
• baisse d’énergie ou fatigue ;
• faible estime de soi ;
• difficultés de concentration ou difficultés à prendre des décisions ;
• sentiments de perte d’espoir.
Il n’existe pas de trouble psychotique, pas d’influence due à des substances ou à des affections médicales. La souffrance est cliniquement significative, avec une altération du fonctionnement social.
Ce trouble apparaît entre 6 et 13 ans, et a une durée moyenne de 3 ans. Les enfants présentant ce trouble possèdent un risque élevé de rechute et d’apparition ultérieure d’autres troubles.
Quelles interventions psychothérapeutiques peut-on mettre en place ?
Trois types de thérapies peuvent être proposés en cas de dépression chez l’enfant ou l’adolescent : des thérapies psychanalytiques, cognitivo-comportementales, ainsi qu’un traitement pharmacologique. Les thérapies psychanalytiques recouvrent des psychanalyses d’enfants, des psychothérapies par le jeu, l’interprétation et le jeu cathartique. Les thérapies comportementales peuvent être des thérapies associant les parents, un entraînement aux compétences sociales comme les jeux de rôle ou des techniques de conseil aux parents. Le traitement pharmacologique est généralement composé d’antidépresseurs.
LA DÉPRESSION CHEZ L’ENFANT : KEVIN, 7 ANS
Kevin, 7 ans, scolarisé en classe de CE2, est un enfant agressif, irritable, sensible, pleurant pour des broutilles. Il a une petite sœur, Cécile, âgée de 4 ans et demi, et scolarisée en maternelle. Les parents rapportent qu’il n’y a pas eu de problèmes particuliers pendant la grossesse et qu’à la naissance, Kevin était un nourrisson très éveillé, qui dormait bien et présentait un développement normal. Il se montrait cependant sensible à la contrariété. Il a parlé tôt, vers 10 mois, et jouait beaucoup.
Deux évènements rapportés par les parents semblent avoir été déterminants pour Kevin. Il s’agit de la naissance de Cécile et de l’entrée de Kevin en maternelle. A partir de là, les parents ont remarqué que Kevin avait des difficultés d’endormissement et qu’il était extrêmement agité lors des séparations. Puis, Kevin grandissant, d’autres manifestations inhabituelles ont continué d’apparaître, comme une impulsivité, des crises de colères violentes, une fatigabilité et une angoisse importantes.
Les parents, très inquiets, ont consulté un pédopsychiatre qui a diagnostiqué chez Kevin une humeur d’allure dépressive accompagnée d’une faible estime de soi, d’une thématique à caractère abandonnique et d’une agressivité contenue à l’égard de la petite sœur. Des entretiens de soutien avec une psychologue et un traitement visant à améliorer son sommeil sont venus progressivement à bout de ses troubles.
Article extrait de l’ouvrage :
Comment motiver votre enfant, Caroline SAHUC, collection Eclairages aux éditions Studyrama
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