Les psychoses de déstructuration ou schizophrénie
Les psychoses de déstructuration surviennent après des phases de développement plus ou moins normales, souvent dysharmoniques. La schizophrénie
apparaît chez l’adolescent ou chez l’adulte jeune. Il est difficile d’en fixer un début précis car le début est souvent progressif.
Un des premiers signes est le fléchissement scolaire. Une sensation de vide intellectuel est éprouvée. La pensée devient floue et embrouillée avec des barrages (arrêt soudain du discours, qui ne reprend pas). Le sujet lui-même
s’en inquiète. Cela peut entraîner une très vive angoisse.
Le sujet lutte contre elle en se repliant sur lui-même, en restant couché par exemple. Il peut aller
jusqu’à l’incurie (saleté, mauvaises odeurs, manque d’hygiène). Le sujet peut aussi se lancer dans des activités multiples et bizarres.
Le deuxième grand trouble correspond à un trouble de l’affectivité. L’enfant devient indifférent à l’entourage et aux activités qu’il aimait avant. L’enfant
a des sentiments ambivalents à l’égard de ses parents, surtout à l’égard de sa mère ; il éprouve haine et sentiment de dépendance.
On observe une discordance qui correspond à la manifestation extérieure de la dissociation : le sujet paraît bizarre et semble détaché de la réalité. La
dissociation désigne l’état mental d’une rupture de lien entre les différents éléments de la personnalité : pensée, affect et comportement ne sont plus liés. Cela donne lieu par exemple à la présence simultanée de deux affects
contradictoires. C’est caractéristique de la schizophrénie. Les thèmes les plus
crus peuvent être évoqués avec indifférence. Il peut y avoir des rires et des larmes immotivés. L’enfant se perd et se complaît dans une rationalisation
morbide et une sur-intellectualisation sans fin. Le caractère se modifie. Il y a des bizarreries, des fugues et un exhibitionnisme, voire des impulsions meurtrières.
Le troisième trouble concerne la présence d’éléments délirants. Il y a un sentiment d’étrangeté, dépersonnalisation, impression de morcellement, de
se transformer.
Les enfants présentent un délire d’influence : ils ont l’impression qu’on leur vole leur pensée, qu’on les téléguide, qu’on commente leurs actes. Cela
rejoint le tableau de l’automatisme mental. On note des thèmes hypocondriaques, délire de filiation, délires mystiques. Les délires restent flous,
extensifs avec des éléments persécutoires de type paranoïde.
L’entrée dans la schizophrénie juvénile se fait par l’intermédiaire d’un épisode dépressif atypique (brusque tentative de suicide dans un contexte
étrange), suite à une excitation et une agitation atypique ou suite à une bouffée délirante aiguë.
Lire : "Comprendre son enfant 0-12 ans", Caroline Sahuc, Studyrama.
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