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Les rituels de travail

Beaucoup d’enfants rencontrent des difficultés à passer du domaine du jeu à celui du travail. Ainsi, plus de la moitié des enfants n’aiment pas aller à l’école pour le versant laborieux qu’elle représente mais pour son versant relationnel (les amis et les camarades de classe). Les enfants s’opposent donc fréquemment à l’encontre d’une certaine organisation.



Les parents peuvent commencer par accepter que l’enfant ne soit pas motivé. C’est une étape relativement difficile pour eux, mais elle est nécessaire pour pouvoir saisir le point de vue de l’enfant et le conduire progressivement vers le changement. Ensuite, l’idée est de recenser les améliorations que les parents souhaiteraient observer chez leur enfant, et de les inscrire noir sur blanc. Il ne sert évidemment à rien de s’adresser à l’enfant en élevant le ton (souvent de manière inadaptée) car cela renforce l’attitude d’opposition de ce dernier.

Chaque amélioration souhaitée doit se baser sur des faits précis et doit être expliquée clairement à l’enfant. Les parents peuvent attribuer des priorités à certains points. Seule la répétition sera source d’apprentissage. L’apprentissage se fera plus aisément si ce que les parents demandent à l’enfant s’inscrit dans un ensemble de valeurs auxquelles l’enfant doit adhérer. Il semblerait que toute punition ou toute récompense soit inefficace.

Il est également important que l’enfant puisse trouver un exutoire et un certain plaisir dans une activité, un sport ou un loisir. Cela lui permet de plus d’exercer une certaine créativité et de déployer certains efforts pour obtenir certains résultats. A ce titre, les parents ne doivent pas sanctionner l’enfant en le privant des activités dont il retire un bénéfice certain. Cependant ils peuvent s’en servir pour inciter l’enfant à s’améliorer ou pour effectuer des ponts avec des matières scolaires.



Le rôle des parents consiste également à accompagner au quotidien leur enfant, notamment dans les activités pour lesquelles l’enfant peut être en difficulté ou mal à l’aise. Si, par exemple, l’enfant doit faire un exposé dont le thème ne lui plaît guère, il se sentira soutenu si un des deux parents l’accompagne dans ses recherches sur internet ou à la bibliothèque. Dans la même lignée, les parents se doivent de montrer l’exemple ; ainsi un parent ne peut pas exiger de son enfant qu’il soit motivé pour se rendre à l’école si lui-même montre peu d’entrain pour aller travailler. L’enfant fonctionne par imitation : ainsi si le parent est enthousiasme et motivé par son travail, l’enfant aura tendance à être dans le même état d’esprit.

Les parents peuvent exercer un certain contrôle quant à la télévision ou aux jeux vidéo, en ne les supprimant pas forcément mais en dosant leur utilisation. En effet, consommés à haute dose, ces médias peuvent devenir néfastes et inhiber la motivation de l’enfant en montrant une facette du monde dans lequel tout est aisé. Par exemple, il n’est pas nécessaire pour un enfant de regarder la télévision le matin, avant d’aller à l’école, mieux vaut qu’il dorme un peu plus longtemps pour être frais et dispo pour la journée à venir. De même, lors d’un repas, il vaut mieux privilégier la communication et les échanges que la télévision qui occulte toute possibilité de s’intéresser à l’autre.

Il s’avère également nécessaire de prendre le temps de dialoguer individuellement avec l’enfant et chaque membre de la fratrie. Chaque enfant a ses propres compétences et sa propre personnalité qu’il convient de prendre en compte pour le faire progresser. Les parents peuvent en dernier lieu cerner si l’enfant rencontre des gênes, de l’ordre d’un trouble d’apprentissage qui le mettrait en difficulté. Ce repérage est essentiel et peut être confirmé ou infirmé par des professionnels de santé, afin de mettre en place et de développer des stratégies spécifiques.

Comment aider l’enfant à apprendre ?

Les parents peuvent en premier lieu instaurer des rituels de travail, c’est-à-dire des séquences d’activité qui permettront à l’enfant d’acquérir une certaine organisation de travail. Ce rituel peut commencer avec le goûter qui revêt un caractère de plaisir après une journée d’école. Ensuite, les parents doivent essayer de faire travailler l’enfant à la même heure chaque jour, dans un endroit calme et confortable, dans lequel il se sent à l’aise (chambre, table du salon).

Il s’agit dans un deuxième temps de délimiter à l’avance avec l’enfant la quantité de travail à effectuer, avec un but précis et selon un apprentissage fractionné. Par exemple, il peut s’agir d’apprendre les deux premières strophes d’une poésie. Les parents peuvent encourager l’enfant à se projeter dans le futur pour restituer sa leçon (au tableau, à sa place), s’assurer que l’enfant comprend bien le sens de ce qu’il doit retenir et ne pas hésiter à faire reformuler l’enfant si ce n’est pas très clair. La reformulation permet à l’enfant de s’approprier le sens de ce qu’il doit retenir et d’apprendre pas la suite avec plus de facilité les mots exacts.

Ensuite, les parents peuvent vérifier si l’enfant a bien appris sa leçon et s’il est capable d’appliquer ce qu’il vient d’apprendre en lui refaisant faire des exercices qu’il a déjà effectués en classe ou en utilisant des exemples du quotidien. Au final, il s’agit de s’assurer que l’enfant révise régulièrement ce qu’il appris, au moins deux à trois fois, pour une meilleure mémorisation. De plus, apprendre par cœur est une étape nécessaire, dans la mesure où l’enfant comprend ce qu’il apprend, et parce que cela permet de retenir du vocabulaire technique, l’orthographe, et une certaine structuration.

En dernier lieu, certaines situations ludiques d’apprentissage permettent à l’enfant d’apprendre en s’amusant et trouvent leur source dans la vie quotidienne. Cela peut se traduire par exemple par des jeux mathématiques, lors du tri du linge, de la préparation d’un gâteau (unités de mesure...), au moment des courses au supermarché. Cela peut également se traduire par la liste des courses à mémoriser ou fabriquer un journal de bord lors d’un voyage. La vie quotidienne offre tout un panel de situations que les parents peuvent utiliser pour associer l’enfant à leurs activités.

Article extrait de l’ouvrage : Comment motiver un enfant, Carolline SAHUC, collection Studyparenst aux éditions Studyrama

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