Les signes cliniques de la dépression chez l’enfant
La dépression, que l’on retrouve chez l’adulte comme chez l’enfant, correspond à un trouble de l’humeur. Ce trouble se traduit par un changement des émotions ou de l’état émotionnel de l’enfant qui se manifeste de façon marquée, durable et notable. On peut parler d’humeur maniaque (excitation, jubilation) et d’humeur dépressive (changement caractérisé par des états émotionnels de tristesse et de désespoir). Il existe également un manque d’intérêt et une baisse générale du niveau d’activité avec effondrement, état d’abattement.
La dépression a été identifiée au siècle dernier. Elle a été reconnue chez l’enfant depuis une trentaine d’années par les psychologues et les pédopsychiatres. Il existait auparavant des descriptions présentant des enfants caractérisés par des symptômes dépressifs, mais isolées.
Ce terme de dépression est utilisé un peu particulièrement et comporte plusieurs acceptations. Au sens large, la dépression correspond à un symptôme caractérisé par la tristesse et le désespoir. Ce symptôme existe chez tout être humain, et peut persister à tous les moments de la vie. On observe une difficulté des personnes présentant des troubles de l’humeur.
Au sens clinique, ce terme correspond à un syndrome, c’est-à-dire plusieurs symptômes en constellation qui vont constituer le syndrome : humeur dépressive, perte d’énergie, perturbation du sommeil et de
l’appétit. Ce syndrome n’est pas forcément indicatif d’un trouble de l’humeur.Au sens diagnostique, la dépression correspond à un trouble psychopathologique établi à l’aide des systèmes de classification des troubles mentaux, distinct des autres troubles psychopathologiques et identifié à partir d’entretiens diagnostiques structurés. La dépression chez l’adolescent correspondrait ainsi à un bouleversement normal dû aux modifications de la puberté.
Quels sont les signes cliniques de la dépression et leurs manifestations ?
Tristesse pathologique :
durée, intensité, caractère envahissant ;
la tristesse désorganise la capacité d’adaptation à l’environnement ;
perturbation des relations à autrui, sentiment d’incompétence et de mésestime de soi ;
plaintes directes « je suis seul », « personne ne m’aime », pleurs, soupirs, attitudes de repli, de retrait ;
asthénie, absence d’entrain, irritabilité avec agressivité, voire violence.
Dégoût de la vie :
absence de plaisir, de recherche de plaisir, de joie ;
persistance de l’ennui ;
fléchissement possible dans les activités scolaires.
Sentiment d’indignité :
dévalorisation de soi, autodépréciation ;
sentiments de nullité qui peuvent être repérés par rapport aux tests d’efficience ;
sentiments d’incompétence, idées pessimistes et morbides.
Pensées récurrentes relatives à la maladie, à la mort :
angoisse lors de séparations ou de ruptures ;
anxiété, peur, tristesse ;
peur de perdre les personnes proches ;
anticipations anxieuses chez l’enfant plus âgé ;
sensibilité accrue aux évènements de la vie (grande crainte à la vue de films avec bagarres par exemple).
Culpabilité, auto-accusation :
moins fréquent chez l’enfant jeune ;
évoquée quand maladie ou à l’occasion d’une séparation.
Idées suicidaires et tentatives de suicide :
plus rares mais peuvent être observées ;
ne sont pas exprimées clairement.
Syndrome somatique :
Expression de troubles somatiques, plus généralement sous la forme d’excitation motrice.
Troubles de l’attention, de la concentration :
en relation avec la baisse des efficiences scolaires ;• l’enfant rêve, regarde ailleurs.
Troubles du sommeil :
sous la forme plutôt d’insomnies d’endormissement ;
quand l’enfant dort, réveils nocturnes et cauchemars.
Article extrait de l’ouvrage :
Comment motiver votre enfant, Caroline SAHUC, collection Eclairages aux éditions Studyrama
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