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Littéraires : des projets à construire !

Les littéraires ne manquent pas d’atouts ; reste à bien les valoriser sur le marché du travail. Les recruteurs ont souvent du mal en effet à évaluer leurs compétences professionnelles. Aux étudiants de se fixer très vite des objectifs clairs. Voici quelques pistes à discuter en famille.



La professionnalisation - les recruteurs l’ont assez reproché - est rarement littéraire. Encore moins en début d’études, au cours des troncs communs de licence, fortement généralistes. Cependant, selon les options choisies, l’effectivité du savoir professionnel varie et demande souvent un supplément de formation ou des outils.
Daniel Vimont, responsable de la formation et de l’orientation de la direction générale de l’Enseignement supérieur (DGES), tient néanmoins à émettre une réserve. « Pour moi, toutes les formations sont professionnalisantes. Cela se traduit plus ou moins pour les études littéraires par une préparation des étudiants à devenir enseignants. »

Se spécialiser pour se distinguer

Les observateurs universitaires sont unanimes : une spécialisation précoce est vivement déconseillée. Elle présente le grand défaut de réduire le champ des études et par conséquent de fermer les possibilités de réorientations éventuelles. En revanche, le choix d’options tend à diversifier les enseignements ou à introduire des outils comme la maîtrise de « techniques de communication ». (...)



(GIF) Par exemple, un étudiant en licence de lettres, passionné par l’archéologie, décide de prendre un module libre d’art et d’archéologie en première année. S’il excelle dans cette option, il peut choisir en troisième année de licence de se spécialiser en art et en archéologie. Autre exemple, au niveau de la maîtrise (première année de master), l’étudiant qui choisit de suivre la mention FLE (français langues étrangères) pourra, s’il le désire, enseigner le français à des étrangers, dès l’obtention de son diplôme, ce complément à sa formation étant immédiatement utilisable dans le cadre d’une activité professionnelle. Ces outils sont vivement appréciés dans les milieux professionnels.

Pluridisciplinarité

(...)La stratégie de double compétence est très peu utilisée par les étudiants littéraires. Celle-ci reste pourtant un bon moyen de compléter une formation très, voire trop, générale. Si acquérir un apport est essentiel, c’est un mariage de raison que l’on attend de vous. L’exemple des financiers de la City de Londres, pour la plupart diplômés de lettres et sciences humaines, en est une parfaite illustration.

Attention ! La double compétence ne doit pas être réduite à une simple juxtaposition de formations. Elle présente un intérêt seulement si les deux formations sont enseignées de manière complémentaire. Toutefois le volume horaire de certaines licences autorise difficilement cette liberté de conforter sa formation par un module supplémentaire, voire un double cursus.

Orientation

(GIF) La dernière année de formation semble être le moment privilégié d’une professionnalisation. Sur le terreau d’un savoir général, et d’une représentation précise des matières étudiées, l’étudiant se spécialise. C’est l’occasion pour lui d’accorder son orientation avec son projet professionnel. Attendre n’est pas toujours une bonne stratégie. Dans certains secteurs économiques comme celui de la presse ou de l’édition, les entreprises sont plus naturellement ouvertes aux jeunes diplômés d’un niveau bac + 3, bac + 4 qu’aux titulaires d’un DESS ou d’un master professionnel. Une orientation habile ne se fait pas en dernier recours. [Il ne faut pas] attendre d’avoir la corde au cou. En revanche, on l’a vu, certains secteurs demandent des qualifications plus élevées et peuvent malgré tout commander une spécialisation ultérieure.

Lire aussi : Littéraires, des compétences à valoriser


Extrait de Que faire avec des études de lettres ?, coll. Guides J, éd. Studyrama, 2005.

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