Mon enfant n’aime pas sa maîtresse
Il vous l’annonce un jour sans ambages : il ne s’entend pas avec son professeur. De là à traîner des pieds pour aller en classe, il n’y a qu’un pas. Comment réagir pour éviter un rejet de l’école en général ? Voici quelques pistes.

Tout au long de sa scolarité, l’enfant établit avec ses
enseignants un rapport affectif important. Même s’il ne
travaille pas « pour faire plaisir », la qualité des rapports qu’il entretient avec sa maîtresse puis ses professeurs agit sur son comportement vis-à-vis de la matière enseignée ou de la scolarité en général.
Il arrive qu’un enseignant ne soit pas apprécié par l’enfant. Il peut s’agir d’un simple dédain ou au contraire
d’une profonde hostilité.
Quand le rejet devient perturbant, quand l’enfant en
primaire refuse d’aller à l’école par antipathie vis-à-vis
de la maîtresse ou bien quand, au collège, il se désintéresse d’une matière parce qu’il rejette l’enseignant, il faut agir.
Comment agir ?
Comprendre
En premier lieu, il convient de comprendre la nature
de l’antipathie.
L’enfant exprime souvent son rejet par des généralités
ou des termes souvent peu flatteurs. « Elle est
méchante », « Elle est bête », « Elle est vilaine. » Il est
important de lui faire préciser. Est-ce que la maîtresse
a fait quelque chose de grave ? D’injuste ? Est-ce qu’il
s’est passé quelque chose en particulier ? A-t-elle des
problèmes avec d’autres enfants ? A-t-elle des chouchous ? Et l’enfant, est-il poli avec elle ? Respecte-t-il les
consignes ?
Rassurer
Il est important de montrer à l’enfant qu’on accorde de
l’importance à ses problèmes. Lui demander de raconter,
partager avec ses frères et soeurs d’éventuelles expériences similaires, lui demander s’il souhaite qu’on
l’aide, tout ce qui prouve à l’enfant qu’il est pris au
sérieux contribue à le rassurer.
Dédramatiser
Il est important d’expliquer clairement à l’enfant de
primaire qu’il n’a pas à « aimer » sa maîtresse. Parfois,
cela suffit à libérer l’enfant qui se sent contraint à des
sentiments qu’il ne ressent pas. Au collège et au lycée,
rappeler à l’enfant qu’il ne voit cet enseignant que
quelques heures par semaines et que la matière enseignée
ne mérite pas d’être désinvestie à cause d’une
antipathie.
À éviter
La moquerie ou le dénigrement de l’enseignant devant
l’enfant. Enhardi par la caution de ses parents, l’enfant pourrait adopter vis-à-vis de l’enseignant un comportement
qui aggrave la situation.
Rencontrer l’enseignant
Quand la situation n’évolue pas, quand l’enfant en primaire
refuse d’aller à l’école, ne fait plus son travail ou
pleure le soir et le matin, quand le collégien rejette la
matière enseignée et que les notes chutent, il est
important de faire le point avec le professeur concerné.
Il arrive que l’enseignant ne se soit pas rendu compte
de l’existence du problème et le dialogue permet de
débloquer la situation.
À éviter
• Dire à l’enseignant que l’enfant ne « l’aime » pas. En
présentant les choses comme un malaise de l’enfant,
on évite à l’enseignant de se sentir jugé ou humilié, ce
qui à coup sûr n’arrangerait pas la situation.
• La culpabilisation : « Tu n’es probablement pas assez
obéissant. » L’enfant non soutenu se sentirait isolé dans
son problème et en viendrait à s’angoisser.
Extrait de Mon enfant a de mauvaises notes, Catherine Bethenod Auch-Roy, éd. Studyparents, avec la participation de PsychoEnfants. Pour plus d’infos, cliquez ici
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