Nos enfants et la télé
Scotchés devant le poste dès le retour de l’école, ils ne l’abandonnent qu’après quelques cris et grincements de dents. Permission, répression ? Souvent, nous ne savons quelle position adopter. Le pédopsychiatre Claude Allard, auteur de “L’enfant au siècle des images”, propose des pistes de réflexions.

Quels effets produisent sur eux les images ?
Avant 3-4 ans, ils sont surtout fascinés par tout ce qui est de l’ordre de l’action et du mouvement dans l’image. Entre 4 et 7 ans, c’est l’identification qui prévaut. Ayant encore du mal à distinguer réalité et imaginaire, ils s’identifieront à certains personnages en fonction de leurs fantasmes. Après 7 ans, ils peuvent choisir leurs programmes et personnages fictifs favoris. Vers 10-11 ans, un peu blasés par la télé, ils s’en détourneront au profit des jeux vidéo. Le contenu des images prendra plus d’importance. C’est surtout à cet âge que les parents doivent s’interroger sur le choix des programmes.
À quel âge peuvent-ils regarder seuls le petit écran ?
À partir de 7 ans, les enfants peuvent regarder seuls la télévision. Mais, être parent, c’est d’abord les guider dans leurs choix et les aider à décrypter les phénomènes. Surtout auprès des moins de 7-8 ans, incapables de s’imposer seuls une limite.
La télévision dans leur chambre : dangereux ou pas ?
Dangereux, parce que banaliser la télévision, c’est restreindre leurs chances de trouver d’autres occupations plus enrichissantes. La télé ne doit pas être leur seul objet de divertissement.
Comment gérer les scènes d’amour, ou de sexe ?
Dans un film tout public, s’ils posent des questions ou sont gênés face à une scène d’amour, c’est l’occasion d’évoquer la sexualité. Si la scène mêle sexualité et violence, il est indispensable d’en parler. L’essentiel est alors de leur dire que faire l’amour, c’est faire plaisir à l’autre.
Un frein à la culture ?
La télé empiète sur le temps de jeu qui aide au développement des fonctions psychomotrices et de la créativité. Les enfants ont besoin d’exprimer leurs représentations imaginaires dans l’action. L’essentiel n’est pas tant ce que l’enfant voit sur le petit écran que ce qu’il en fait. Et c’est aux parents de l’aider à l’utiliser pour son bien.
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