Pédophilie : comment les protéger
Le choc causé par l’affaire Dutroux en Belgique est resté dans toutes les mémoires...
Côté parents, c’est l’inquiétude - légitime - qui l’emporte, et qui pose le problème de la prévention. Grande est la tentation de verser dans l’alarmisme. Or, une prévention n’est efficace que si elle est réaliste, nourrie de faits et non de fantasmes.

Le pédophile de proximité : un voisin, un éducateur...
Inutile d’axer la prévention sur la diabolisation du « méchant monsieur qui va te faire mal » : le pédophile de proximité est rarement agressif. « Les pédophiles avertis vont jouer sur la curiosité et la naïveté de l’enfant, qu’ils auront au préalable sécurisé », prévient la thérapeute familiale Martine Nisse . Là réside le vrai danger.
En général, les enfants abusés vivent dans un milieu où les adultes imposent leurs volontés sans notion de règle ni de droit. Ces enfants ont aussi été élevés dans le “faire plaisir” à l’adulte, ils ont appris à se soumettre et n’ont pas conscience de leurs droits. » Il n’est évidemment pas question ici de rendre les parents coupables des actes pervers du pédophile, mais bien de poser la prévention en termes de responsabilité éducative au sein de la famille.
Le respect commence en famille
« En matière de prévention, les conseils généraux n’ont de valeur que si, dans sa famille, l’enfant se sent propriétaire de son corps, explique le psychanalyste Gérard Sévérin. L’abus sur l’enfant commence en famille lorsqu’il est traité comme un objet. »
Câlins forcés, obligation d’embrasser tel ou tel membre de la famille sans tenir compte de son déplaisir, non-respect de sa pudeur... Il s’agit de garder à l’esprit que l’enfant est une personne dont les parents ne peuvent pas disposer à loisir.
Les mots pour le dire
Trop souvent, l’enfant dit et n’est pas entendu. « Les enfants m’expliquent qu’ils ont voulu donner des indices, poursuit Martine Nisse. En disant par exemple : “Je ne veux pas aller chez Untel” ou “Je ne veux pas l’embrasser”... De petites choses auxquelles les adultes devraient faire plus attention. » Sans verser dans les interrogatoires inquisiteurs, il est souhaitable de ne jamais laisser en suspens ces phrases.
Les limites de la prévention
Même si c’est intolérable à admettre et à entendre, une prévention garantissant une sécurité à 100 % n’existe pas. C’est dans les situations concrètes, au quotidien, que l’on exerce la meilleure des préventions, en restant à l’écoute de la parole et des émotions de l’enfant.
DECELER : Les symptômes
• Rejet de certains adultes et crainte ou refus d’être seuls avec eux.
• Aversion ou recherche excessive des contacts physiques.
• Troubles du sommeil (terreurs nocturnes, reprise de l’énurésie) et alimentaires (comportement boulimique ou anorexique).
• Troubles scolaires avec stagnation des résultats et indifférence.
• Perte d’intérêt pour les activités et les loisirs habituels.
• Dessins explicitement sexuels.
• Comportement sexuel exagéré avec ses camarades ou ses jouets.
• Masturbation compulsive chez le petit enfant.
• Brusque intérêt pour les parties génitales des adultes.
• Phobie soudaine pour certains lieux.
• Crainte subite de se déshabiller en public.
• Plaintes récentes somatiques, notamment les maux de ventre.
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