Rentrée 2008 : demandez le programme !
Des réformes aux grèves des lycéens, l’année scolaire 2007-2008 fut mouvementée. Après la trêve de l’été, zoom sur les nouveautés à l’ordre du jour.

La rentrée sera européenne. Certains écoliers se sont déjà mis dans le bain grâce aux cahiers de vacances édités par l’Education nationale. Pour les autres, le ton sera donné dès le 2 septembre : les établissements vont arborer le drapeau de l’Union européenne. L’apprentissage des langues étrangères est primordial ; si certains restent indifférents à ce message, la « Journée européenne des langues » se chargera de le décliner sur un autre mode le 26 septembre, suivie par la semaine de « l’Europe à l’école », du 20 au 24 octobre. Au fil de ce calendrier, les partenariats et les échanges scolaires seront encouragés. Objectif : rapprocher les élèves « du monde multiculturel et plurilingue qui est le leur aujourd’hui », d’après la circulaire de la rentrée.
Cependant, derrière ce parcours festif, le malaise est toujours là. Plus de 11000 enseignants ne seront pas remplacés en septembre. Le ministère prévoit d’ailleurs 13500 autres suppressions de postes
pour la rentrée 2009. Comment améliorer la qualité des cours s’il n’y a pas assez de profs pour les assurer ? Le ministre de l’Education expliquait sa décision par une décrue démographique dans le second degré, lorsqu’il évoquait son projet de loi de finances pour 2008. Un argument qui est loin de rassurer tous les enseignants et parents d’élèves.
En primaire, les nouveaux programmes, présentés en avril dernier, entrent en vigueur. « Recentrés sur l’essentiel », ils font la part belle à la lecture, à la rédaction et au calcul. Par ailleurs, 24 heures de cours, au lieu de 26, réparties sur quatre jours, telle sera la semaine type des élèves de primaire. Finie la classe le samedi matin. Les enseignants consacreront les deux heures libérées par cette nouvelle organisation aux élèves en difficulté. Si les cycles du primaire restent flous pour vous, pas de panique, une brochure - Mon enfant à l’école - vous sera remise à la rentrée, afin de mieux cerner les compétences en jeu à chaque niveau.
Du côté de l’accueil en cas de grève, le dispositif a été testé en 2007-2008. Il sera cette année mis en œuvre dans toutes les écoles primaires publiques et privées sous contrat. Il ne s’agit plus d’expérimentation, la loi sur le droit d’accueil des élèves a été adoptée en juillet, puis validée par le Conseil constitutionnel en août. Selon l’ampleur de la grève, c’est soit la commune, soit l’Etat, qui prendra en charge le choix des locaux et du personnel. Dans tous les cas, c’est l’Education nationale qui financera ce « service minimum », à partir des retenues sur les salaires des grévistes.
Les dérogations ne sont plus taboues : avec l’assouplissement de la carte scolaire, les demandes ont augmenté de 17% pour la rentrée 2008. Résultat : 88% ont été satisfaites, selon le bilan annoncé par le ministère en juillet. Autre mesure qui devrait prendre de l’ampleur dans le secondaire : l’accompagnement éducatif. Il était organisé dans 1508 établissements l’année dernière, et doit être généralisé lors de cette rentrée.
Au lycée, pas encore de bouleversements... Mais cela ne saurait tarder, car la réflexion sur les séries et leurs finalités se poursuit. A l’heure actuelle, c’est le principe de modules semestriels qui prévaut pour la première et la terminale. Ainsi, chaque élève devrait construire son propre parcours autour d’enseignements généraux et complémentaires. Une manière d’acquérir de l’autonomie, tout en personnalisant son parcours, après une seconde qui reprendra tout son rôle de détermination. Le lancement de ce nouveau système est prévu en septembre 2009.
(le 26/08/08)
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