Pourquoi l’enfant fait-il des colères : "Manifester son sentiment d’insécurité"
Il existe des cas où la colère excède ces simples manifestations d’individualité. Elle n’est plus alors une recherche de limites, mais l’expression d’un débordement d’affects ingérables.
En grandissant, l’enfant apprend chaque jour davantage à réguler lui-même ses afflux d’excitation. Il sait différer, c’est-à-dire accepter de ne pas avoir « tout toute suite » ; il sait renoncer et accepter dans une certaine mesure que certaines choses soient impossibles.
Lorsqu’il a eu du mal à acquérir ce rapport souple à la réalité, toute frustration trop forte risque de le déborder et, incapable d’accepter les choses telles qu’elles sont, il va faire de terribles colères exprimant d’une façon parfois violente son angoisse et son désespoir.
L’enfant se roule par terre, hurle, tape du pied, jette des objets, frappe les murs ou les personnes. Il paraît hors de lui, il est rouge, sa bouche se tord, souvent à mi-chemin entre les larmes et la colère. Il est alors difficile à calmer, et si ce comportement devient fréquent, les parents s’inquiètent rapidement de l’ampleur de ses réactions qui le rend associable et incontrôlable.
Ce type de colère signe une profonde difficulté chez l’enfant, au-delà de l’agacement qui suit la rencontre des limites, et indique souvent un manque de sécurité interne qui fait que le monde est vécu comme menaçant.
Extrait de :
"Les Troubles du Sommeil et les Colères chez l’Enfant"
Charlotte Mareau, Collection Eclairages
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