Primaire : que vont devenir les enseignants spécialisés ?

Lutter contre l’échec scolaire, c’était l’une des priorités affichées par Xavier Darcos en cette rentrée scolaire. Le 4 novembre encore, c’était l’un des leitmotive du ministre, venu présenter son budget 2009 devant l’Assemblée Nationale. Voilà un projet on ne peut plus louable ; mais il y a un hic dans l’histoire : la suppression de 3000 postes d’enseignants intervenant dans le cadre des réseaux d’aide aux élèves en difficulté (RASED).
Au lieu d’assister les élèves qui décrochent, ces 3000 professeurs seront affectés à des classes, ce qui représente plus du quart des effectifs des RASED, qui s’élevait à 11000 professionnels, soit des enseignants et des psychologues. De nombreux élèves, qui souffrent de problèmes d’apprentissage ou d’intégration dans leur classe, ne pourront donc plus bénéficier de ce soutien spécifique. Mais ils participeront aux heures d’aide individualisée, mises en place depuis septembre 2008, objecte le ministre de l’Education : « tous les professeurs des écoles ont pour fonction de s’occuper des élèves en difficulté et sont capables de le faire », a-t-il répondu aux députés.
Or le nouveau dispositif de soutien ne peut en rien se substituer au suivi qui est mis en place dans le cadre des RASED, expliquent les enseignants. Les RASED mènent leurs activités de prévention et de remédiation pendant le temps scolaire, que ce soit dans la classe ou hors de celle-ci. De plus, ces enseignants ont une formation spécifique, et mettent en place d’autres démarches pédagogiques. Ils apportent une approche complémentaire aux équipes des différentes écoles dans lesquelles ils interviennent.
Les enseignants ont lancé depuis le mois de septembre une pétition, « Sauvons le RASED ».
(le 05/11/08)
|