Qu’est-ce qu’un trouble du sommeil ?
Il pleure, il dort mal... Est-ce normal ?
Avec la naissance du premier enfant arrivent les premiers doutes quant à la capacité d’être parents. Entre nuits agitées et bouleversées par les pleurs, stress et crises de paniques, le sommeil n’est plus de tout repos...

Les parents, surtout lorsqu’il s’agit d’un premier enfant, sont très inquiets de voir leur bébé en pleurs ou avec des difficultés à s’endormir, et se demandent souvent s’il a mal ou s’il est malade. L’image véhiculée par les médias, du bébé lisse et parfait, ainsi que la culpabilité des autres parents qui hésitent à évoquer leurs problèmes avec leur enfant font que les jeunes parents peuvent malaisément évaluer la situation avec objectivité.
Un enfant qui pleure est un enfant normal
Un enfant qui va mal, qui hurle, qui ne dort pas, n’existe pas : la société n’en renvoie presque aucune image ; ou alors, il devient « anormal » et cette conception culpabilise d’autant plus les parents.
Il est donc de bon ton de rappeler une vérité élémentaire : un enfant qui pleure est un enfant « normal » ! Jusqu’à un certain âge, c’est son mode d’expression privilégié, la façon dont il communique ses besoins à ceux qui prennent soin de lui. Il faut donc parvenir à faire la part des choses, et à distinguer des pleurs passagers, qui ont souvent une fonction précise (appel, colère, recherche du sommeil...) les pleurs qui témoignent d’une plus grande souffrance.
Entre une mère qui s’affole et consulte au moindre « problème », et une autre qui laisse un trouble s’installer sans en voir la gravité, de nombreux cas de figure existent et démontrent bel et bien toute la difficulté d’être parent.
La notion même de « normalité » et d’« anormalité » est à relativiser. Personne n’est anormal, ou normal, puisqu’il s’agit seulement d’une référence par rapport à un code (une norme) et que personne ne satisfait jamais tous les critères de celui-ci. Il n’y a donc pas d’enfant « anormal », même dans les cas de pathologie avérée, mais un enfant qui rencontre des difficultés et qu’il va falloir soulager.
Il existe un continuum entre le normal et le pathologique et il est parfois difficile de dire avec précision à partir de quel moment un comportement est passé d’un état à l’autre. Un trouble s’installe par palier, progressivement, et peut disparaître rapidement et spontanément. Les réactions des parents, et de l’entourage proche, sont bien sûr très importantes dans l’évolution de ce trouble. Selon la façon dont il est interprété, et selon les stratégies développées, il peut se résoudre ou au contraire s’aggraver.
Les naissances sont aujourd’hui très préparées, peut-être même trop, et la lecture d’ouvrages contradictoires et le recueil de conseils souvent très différents n’a parfois fait qu’envenimer le manque de confiance en soi du parent. Combien de mères nous disent être perdues entre les conseils de la maternité, ceux de leur pédiatre et ceux de leur propre mère ! Bien des parents en oublient ce qu’ils auraient voulu spontanément faire...
Notre principal conseil est le suivant : faites-vous confiance ! Votre compétence à être parent ne doit pas être remise en cause par des professionnels ou des personnes de votre entourage, et vous trouverez la plupart du temps une réponse naturelle aux besoins de votre enfant.
Vous avez envie de le prendre dans vos bras, prenez-le !
Donc si « on » vous dit de le laisser crier et que vous avez envie de le prendre dans vos bras, prenez-le ! L’une des meilleures façons de comprendre ce qui se joue dans la relation avec votre enfant est aussi tout simplement de vous interroger sur vos propres émotions. Vous êtes inquiet, tendu ? L’enfant le ressentira et s’endormira encore moins facilement. Il a besoin de se sentir en sécurité pour s’abandonner au sommeil ; il faut donc qu’il vous sente vous aussi en confiance. Vous trouvez qu’il ne parvient pas à se « décoller » de vous, qu’il pleure dès qu’il ne vous voit plus ou dès qu’il n’est plus dans vos bras ? Interrogez-vous sur votre propre inquiétude à le laisser seul. La solution n’est pas forcément uniquement dans ces modalités de la relation, mais elles jouent un grand rôle dans la régulation des tensions quotidiennes.
Extrait de :
"Les Troubles du Sommeil et les Colères chez l’Enfant"
Charlotte Mareau, Collection Eclairages
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