Qu’est-ce qu’une classe bilangue ?
Apprendre la langue de Shakespeare tout en s’initiant à l’espagnol, dès son entrée au collège ? Ou s’inscrire alors en anglais sans renoncer à l’allemand, découvert en CE2 ? Est-ce impossible sans recourir à des cours extrascolaires ? Non, si l’on suit une classe bilangue. Explications sur ce dispositif.

Entre cursus bilingues et bilangues, attention aux confusions ! Dans le premier cas, on aborde d’autres matières (histoire, sciences...) dans la langue étrangère ou régionale choisie. Tel n’est pas le principe des classes bilangues. Il s’agit là d’étudier deux langues en parallèle, dont l’anglais, dès la sixième, alors qu’il faut en général attendre la quatrième pour débuter une seconde langue.
« Prendre de l’avance », voilà l’intérêt majeur, souligne monsieur Garcia, principal du collège Lucie Aubrac (75).
On acquiert ainsi de solides compétences linguistiques, fort utiles si l’on pose sa candidature à une section européenne.
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Autre spécificité : les élèves gardent deux langues vivantes 1 (LV1) tout au long du collège. C’est au lycée seulement qu’ils mettront l’accent sur l’une ou l’autre, en leur attribuant les statuts de LV1 et LV2. « Cela constitue un petit plus dans l’optique du bac », note monsieur Odokine, principal du collège La Nacelle à Corbeil Essonnes (91). En effet, les élèves pourront privilégier les langues qu’ils maîtrisent le mieux, selon les coefficients et les épreuves correspondants.
Un dispositif qui devrait gagner du terrain
Anglais/italien, anglais/espagnol, anglais/ chinois... Les combinaisons sont multiples. Mais vous n’aurez pas autant de choix dans les établissements de votre secteur. Il ne s’agit pas en effet de composer soi-même un emploi du temps, en sélectionnant une option. Chaque classe bilangue s’organise autour d’un couple de langues précis, et son ouverture a été décidée au niveau de l’académie. Actuellement, notez que c’est l’allemand qui est le plus représenté aux côtés de l’anglais. A Paris, par exemple, il concerne 76% des élèves en classes bilangues en 2007-2008.
L’offre dépend des établissements. De plus, l’occasion d’inscrire votre enfant dans ces filières ne se présente pas toujours. Si l’on reprend à nouveau les statistiques de Paris, 12% des élèves de sixième et 11,6% en cinquième y sont scolarisés. Mais l’exception pourrait bien devenir la règle dans les années à venir ; la généralisation des sixièmes bilangues fait partie du plan pour renforcer la pratique des langues vivantes étrangères, comme l’indique la circulaire du ministère de l’Education pour la rentrée 2008.
Motivation exigée !
Inutile d’envisager une classe bilangue si votre enfant est réticent. Discutez-en toujours avec lui, avant de prendre une décision. Tout enseignement supplémentaire demande en effet un investissement personnel. Mais si votre enfant est prêt à relever le défi, cela ne devrait pas trop lui peser. « La question ne s’est jamais posée en termes de surcharge de travail », observe monsieur Odokine.
Quoiqu’il en soit, profitez des réunions d’information en vue de l’entrée en sixième. Parfois même, des responsables des collèges voisins viendront vous présenter les classes bilangues. N’hésitez pas à leur soumettre tous les points qui vous préoccupent : quelles sont les langues enseignées ? Quel est l’emploi du temps ? Les professeurs de langues travaillent-ils autour de projets communs ? D’un collège à l’autre, l’organisation peut varier.
Aurélie Djavadi
(Mai 2008)
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