Que peut-on recommander aux parents dont l’enfant est reconnu précoce ou surdoué ?
Si l’enfant est reconnu précoce intellectuellement et connaît un développement
psychologique, moteur et cognitif harmonieux, il est possible
de proposer un saut de classe en fin de maternelle pour éviter le
risque qu’il s’ennuie et perde le goût d’apprendre et le sens de l’effort.
Si la scolarité primaire s’est déroulée sans difficulté, si le développement
est harmonieux et si le jeune continue de se retrouver en tête
de classe sans avoir à fournir d’effort mais en ayant acquis des
méthodes pour apprendre, le saut d’une deuxième classe pourra
éventuellement lui être proposé au collège à condition que le bilan
psychologique passé avant de prendre cette décision montre qu’il a
largement la maturité mentale requise pour suivre aisément cette
nouvelle classe et que ce saut de classe ne risque pas de se faire au
détriment de son équilibre affectif.
Ce qui importe surtout avec l’enfant intellectuellement précoce, c’est
d’alimenter ses capacités ludiques et créatrices, ses aspirations
culturelles ou sportives.
« Le plus important est de soutenir sa motivation
et son sens de l’effort en lui proposant de bonnes méthodes
de travail ou des activités supplémentaires pour qu’il occupe ses
facultés intellectuelles généralement plus vives. » (M.-N. Tardy-
Ganry, 2003)
Chez l’enfant surdoué, le fonctionnement cognitif se différencie de
manière sensible de celui des autres enfants de son âge. Il importe
donc de lui proposer une pédagogie adaptée aux particularités de
son mode de pensée, à sa grande soif d’apprendre et à sa difficulté à s’adapter aux modalités habituelles d’apprentissage dans le cadre
scolaire. En effet, l’enfant surdoué a besoin, pour investir l’apprentissage
et s’approprier la connaissance, de modalités d’apprentissage
adaptées, sinon il n’y parvient pas.
Son cerveau fonctionnant sur un mode global, l’enfant surdoué a
besoin, pour comprendre et pour intégrer ce qui lui est enseigné
d’en avoir une vision globale. Ce n’est que dans un deuxième temps
qu’il pourra procéder à une analyse des parties qui composent ce
tout. Dans l’enseignement classique, on a tendance à simplifier afin
de permettre au plus grand nombre de comprendre aisément ce qui
est enseigné. Or chez l’enfant surdoué, la simplification ne suscite
aucun intérêt, aucune motivation à apprendre. Il décroche et s’agite
car il a besoin d’être confronté à la complexité pour mobiliser et
activer ses ressources intellectuelles et pour s’impliquer dans les
apprentissages proposés.
Aujourd’hui, les écoles qui proposent des alternatives pédagogiques
pour les enfants surdoués sont, dans une très grande majorité, des
écoles privées sous contrat ou non avec l’Etat. Certaines sont des
écoles spécialisées qui accueillent exclusivement des enfants
surdoués. D’autres ouvrent des classes d’accueil de surdoués dans
lesquelles ces enfants sont regroupés. Il existe également des écoles
intégratives qui regroupent les enfants surdoués dans une classe,
parmi d’autres enfants, et qui ont un véritable projet pédagogique
sur le long terme. Les expériences de ces écoles intégratives sont
encourageantes et répondent avec pertinence aux attentes scolaires,
intellectuelles et affectives des enfants surdoués, tout en les maintenant
en contact avec des enfants de leur âge pour des activités
moins spécifiquement intellectuelles.
Dans la vie familiale, comme au sein de n’importe quelle famille, le
rôle des parents dans l’éducation de l’enfant précoce et surdoué est
essentiel. Si celui-ci est doté d’un niveau intellectuel hors norme, il a
aussi un besoin affectif plus grand. Les parents sont là pour lui offrir
un cadre familial et affectif solide ainsi que les possibilités culturelles
et d’ouverture d’esprit dont il a besoin pour enrichir sa personnalité
et exploiter au mieux ses capacités.
Il est important que soient reconnues par les parents et l’entourage
familial l’avance intellectuelle et les particularités du fonctionnement
de l’enfant surdoué, ainsi que la complexité affective et psychologique
que celles-ci entraînent. Plus les adultes lui accorderont une
véritable attention et une disponibilité pour répondre aux multiples
questions qu’il a envie de poser, plus il se sentira épaulé et pourra
s’épanouir. Mais il est parfois difficile de trouver l’équilibre entre
une grande disponibilité d’écoute et une attitude de fermeté dont
l’enfant précoce a également besoin.
Extrait tiré de l’ouvrage de Thérèse Durandeau : Le QI chez l’enfant et l’adolescent, aux éditions Studyparents.
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