Quotient intellectuel total et niveau scolaire
Lorsque le but de l’examen psychologique est d’apprécier si un sujet
sera en mesure de suivre une classe avec des chances de succès ou
de déterminer le niveau scolaire qui correspond à son niveau de
développement mental, il sera important de comparer dans un
premier temps ses scores avec ceux des sujets de son âge, puis d’affiner
l’analyse en appréciant quel est son âge mental et à quel
niveau de scolarité celui-ci correspond.
Supposons, par exemple, que l’on examine un enfant de 10 ans (âge normal du CM2) et qu’on lui trouve au WISC un QI de 85, cela permet de dire qu’il a de fortes chances de peiner pour en suivre
l’enseignement et qu’il pourra difficilement suivre un enseignement
secondaire classique. En revanche, si son QI standard est de 115, on peut prédire en principe une bonne adaptation à l’enseignement secondaire et la capacité à en suivre le cursus en y obtenant des
résultats honorables.
Supposons maintenant que cet enfant de 10 ans obtienne au WISC un QI de 70 ; il est évident qu’il ne sera pas capable de suivre le
CM2. Mais quel est le niveau de l’enseignement qui lui conviendrait
? En ayant recours à des tables de conversion, il est possible
d’évaluer approximativement son âge mental et de déterminer le
niveau d’enseignement qu’il est en mesure de suivre. Ainsi, si les
notes obtenues par cet enfant de 10 ans correspondent pour la plupart à des notes standard moyennes (entre 9 et 11) obtenues par un enfant de 7 ans et demi, on pourra en déduire qu’il pourra suivre
un enseignement du niveau du CE1.
Lorsqu’on envisage un saut de classe pour un enfant qui fait preuve
d’une grande précocité intellectuelle, il est recommandé, selon la méthode prônée par J.-C. Terrassier, de recalculer un QI théorique
de l’enfant en se référant à l’âge moyen de la nouvelle classe d’âge.
L’intervalle de confiance (correspondant à + ou - 7 points autour du score observé, en raison de la présence inévitable d’erreurs d’estimation
et d’appréciation) amène à relativiser la note obtenue et à
prendre en compte d’autres éléments d’appréciation pour prendre une décision d’orientation ou de saut de classe. Ainsi, lorsqu’il s’agit
de prendre une décision en se basant sur le résultat du bilan psychologique (comme cela se passe dans les commissions d’orientation)
et lorsque le résultat obtenu par le sujet est proche d’une valeur de référence (par exemple, lorsque son QI est proche de 70, c’est-àdire
à la frontière du retard mental), le caractère toujours approximatif
de l’évaluation oblige à prendre en compte d’autres informations
que le seul QI pour pouvoir poser un diagnostic de handicap
mental ou pour orienter un enfant vers un établissement d’éducation
spécialisée.
Extrait tiré de l’ouvrage de Thérèse Durandeau : Le QI chez l’enfant et l’adolescent, aux éditions Studyparents.
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