Redoubler en 3e
La classe de troisième, une étape décisive ? Oui à n’en pas douter. En fin de troisième, le conseil de classe du troisième trimestre propose, en réponse aux vœux des familles, soit une voie d’orientation en seconde générale et technologique ou seconde à régime spécifique ; en seconde professionnelle ; en première année de préparation du CAP ; soit le redoublement.
Pour de nombreux responsables pédagogiques, mieux vaut redoubler à ce stade que de poursuivre coûte que coûte en seconde avec la perspective d’un échec, arguant qu’il est parfois difficile de combler les retards accumulés au lycée.
Redoublement sous surveillance
Pour autant le redoublement vaut-il la peine d’être vécu ? Comme souvent, il est mal perçu et pas toujours aussi efficace qu’on veut bien le dire. Il a un réel impact émotionnel et affectif et il est courant d’entendre rapporter des expériences positives ou négatives sur le sujet. Sandrine n’a pas oublié son redoublement contraint et forcé en 3e parce que ces parents divorçaient ; ses enseignants jugeant nécessaire d’en passer par là pour des raisons psychologiques. Nombre d’enseignants partent du principe qu’un redoublement peut être positif pour l’élève qui a connu un drame familial.
Mais tous les redoublants n’ont pas la chance de vivre cet "écart" dans leur scolarité avec enthousiasme.
Les élèves en "retard" ont tendance à sous estimer leur niveau réel de compétences. Moins ambitieux, ils ont une peur accrue de l’échec. Peu parviennent à intégrer une seconde générale ou technologique, et le système éducatif, ne leur offre d’autre perspective que celle de la voie professionnelle. Est-ce pour autant déshonorant ? Non, mais cette orientation est subie et non décidée.
Si redoublement il y a, redoublez, vous parents, de vigilance. Redonnez à votre enfant l’envie d’aller, malgré les circonstances, en classe. Il faut qu’il éprouve le sentiment d’être scolairement compétent. Tachez de savoir s’il ressent de la crainte d’être mal évalué par ses pairs ; une crainte obsédante d’échec et ou tout simplement de la crainte de vous contrarier ou de vous décevoir. Il est fréquent d’entendre, "J’ai peur que mes parents soient déçus si je ne réussis pas aussi bien mes études qu’ils le souhaitent" ou bien "Je crains de décevoir mes parents si je n’entreprends pas des études très élevées".
Pour rendre ce redoublement bénéfique, il doit retrouver une réelle motivation et une estime de soi. Rappelez-vous : l’adolescence est un cap difficile à traverser émotionnellement. Ne laissez pas le sentiment d’échec scolaire, l’anxiété suscitée par l’avenir scolaire et professionnel s’installer. Il est également vérifié que l’élève qui a redoublé reste souvent plus exposé que les autres à de nouvelles difficultés scolaires.
Qui redouble ?
En réalité, seule une petite part d’élèves redoublera en 3e. Les élèves en réelles difficultés scolaires seront orientés vers une seconde professionnelle.
Quant à savoir si le redoublement est équitable en fonction des établissements, il semble que non. Il existe de grande variable entre les différents collèges. D’aucun supputent qu’un élève faible scolarisé en ZEP aura plus de chance de passer en classe supérieure, qu’un élève éprouvant des difficultés scolaires dans un établissement plus exigeant.
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