Repérer les signes précurseurs d’un suicide chez l’adolescent
Le suicide, même chez l’adolescent, ne se produit pas sans avertissement. Le plus souvent, les personnes suicidaires adressent des messages (directs ou indirects) et laissent des indices qui peuvent révéler leurs intentions. C’est souvent un moyen détourné pour alerter leur entourage. Ce sont des appels à l’aide, des restes d’espoir.
Les parents doivent être sensibles à des remarques dévalorisantes de l’adolescent comme « je déçois tout le monde », « je ne vous embêterai plus bientôt
», « tout va bientôt être différent », « je vais faire un long voyage »...
Tous les messages verbaux et allusions à la mort sont des messages directs adressés aux proches. De même, les menaces de suicide telles que « je vais
me tuer », « je vais mourir », ou les comportements d’automutilation doivent être pris au sérieux.
Chez les filles, les idées suicidaires se traduisent surtout par des fugues, des conduites sexuelles à risques, des scarifications ou des troubles du comportement
alimentaire. Pour les garçons, cela se manifeste davantage par des comportements violents (bagarres), des prises de risque au volant, ou des
consommations excessives d’alcool ou de cannabis.
Il est important d’être attentif à des changements radicaux chez l’adolescent : il reste confiné au domicile familial ou dans sa chambre alors qu’il
adorait sortir. L’isolement de l’adolescent peut se traduire par une perte d’intérêt et de plaisir pour des activités, un retrait et une recherche de solitude
importante. Il peut même couper les contacts avec la famille ou les amis. Il se replie sur lui et refuse de communiquer.
De nouveaux intérêts peuvent également éveiller l’attention, comme les dons d’objets ayant une valeur personnelle importante ou l’attrait soudain pour
les armes à feu ou les produits toxiques. De même, l’attrait face aux sujets de la mort et de la réincarnation doit inquiéter. Il peut survenir un changement dans les apparences, se caractérisant par une certaine négligence et associé à une consommation excessive d’alcool et/ou de drogue et de médicaments.
Des signes d’allure dépressive peuvent également être remarqués : des troubles du sommeil (insomnie/hypersomnie), des troubles du comportement
alimentaire (anorexie/boulimie), un manque d’énergie, une fatigue ou une agitation extrême à certains moments, et de l’anxiété. L’adolescent semble incapable de prendre plaisir à quoi que ce soit. Il est triste, pleure fréquemment, se décourage facilement. Il peut se montrer indécis, se sentir dévalorisé et dénué d’intérêt.
Au niveau du comportement, cela peut se manifester par un manque d’attention en classe, une mauvaise concentration, un absentéisme important et une situation d’échec scolaire. L’adolescent montre un désintérêt général.
Lire : "Comprendre son enfant 11-17 ans", Caroline Sahuc, Studyrama.
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