Suicide et tentative de suicide
Le suicide renvoie à la volonté et/ou au désir conscient et délibéré de se donner la mort. La tentative de suicide peut de ce fait être définie comme un suicide échoué, indépendamment de la cause de cet échec (arrivée des
secours, passage à l’acte interrompu...). C’est un comportement qui cherche
et trouve une solution pour un problème existentiel dans le fait d’attenter à sa vie.
Les diverses conduites mettant la vie d’un sujet en danger s’inscrivent dans un continuum qui implique la notion de conscience du désir de mort et
s’étend des conduites dangereuses, via les équivalents suicidaires, jusqu’aux tentatives de suicide. Les équivalents suicidaires et conduites à risques
correspondent à un ensemble de conduites au cours desquelles l’adolescent met sa vie en danger mais dénie ou ne reconnaît pas ouvertement le risque encouru. Dans ces cas-là, le désir conscient de mettre fin à sa vie n’est pas
clairement exprimé. Cependant, il ne faut pas négliger la potentialité d’une réelle tentative de suicide.
Les garçons choisissent, dans la grande majorité des cas, des moyens violents et radicaux, comme la pendaison ou les armes à feu, alors que les filles privilégient les intoxications médicamenteuses ou la phlébotomie (elles
se coupent les veines).
Un adolescent qui fait une tentative de suicide essaie d’attirer l’attention sur un problème qu’il ne peut plus gérer tout seul. Ce
n’est pas un renoncement mais une revendication qui doit être entendue avec la plus grande attention.
Le suicide à l’adolescence dénote la présence d’un malaise important, c’est un cri de souffrance, de désespoir et d’appel à l’aide. L’explication du suicide ne réside pas dans le facteur déclenchant mais dans l’histoire
passée, le vécu problématique, les conflits antérieurs. Il y a eu une escalade de problèmes, qui se sont accrus et accumulés avec les années, puis qui ont
atteint un point culminant. Un dernier problème vient s’ajouter et c’est la porte ouverte au passage à l’acte suicidaire. L’adolescence est une période de changements qui font vivre différents
degrés d’angoisse et d’anxiété au jeune. Si d’autres agents stressants s’ajoutent à ce lot d’angoisse, ils peuvent le précipiter dans des comportements
suicidaires. Le comportement suicidaire n’est choisi seulement qu’après la tentative et l’échec d’autres solutions. Il est alors perçu comme la seule solution possible. La tentative de suicide de l’adolescent témoigne de l’expression d’un désir de changement et d’une volonté de mettre fin à l’environnement dans lequel il se trouve. Le suicide prend la signification
d’une contrainte et d’une revanche contre le sentiment d’impuissance à faire
changer la situation problématique. L’objectif est de changer sa vie.
D’un point de vue explicatif, le suicide survient suite à une perte qui peut prendre différentes formes. La perte peut renvoyer à des besoins non satisfaits
perçus comme une absence de soutien, mais peut aussi s’exprimer dans des termes de perte d’identité et d’estime de soi. La charge émotive et affective
liée à la perte est importante.
Plusieurs facteurs (familiaux, sociaux, individuels) peuvent contribuer à expliquer ce passage à l’acte. Les problèmes familiaux sont fréquemment
évoqués par les jeunes. On retrouve des familles dissociées et séparées, des conflits parentaux, l’absence fréquente du père ou du substitut paternel.
D’autres caractéristiques comme les incestes ou climats incestueux, la violence, la présence d’antécédents pathologiques familiaux, l’alcoolisme
d’un des parents, l’absence de soutien des parents envers l’adolescent, des conduites de négligence, les placements ou l’absence d’affection témoignée
à l’adolescent sont également relevées au niveau familial. Parfois même, les parents offrent un cadre éducationnel trop rigide qui freine toute possibilité
d’indépendance pour l’adolescent, lui donnant l’impression de ne pas pouvoir se réaliser. Le cadre parental peut être à l’opposé trop laxiste et manquer de limites, ce qui donne à l’adolescent l’impression qu’il ne compte
pas et qu’on ne l’aime pas.
Sur le plan personnel, l’adolescent peut présenter des problèmes de santé ou des échecs au niveau de sa scolarité. Il peut être influencé par l’exemple
de personnes qui sont passées à l’acte dans son entourage. La perte d’une personne chère peut s’avérer décisive. L’adolescent se montre extrêmement
sensible aux événements de vie. Cela peut être un déménagement, le départ d’un proche, un changement de collège, une rupture sentimentale ou le
décès d’un proche. Certains de ces événements peuvent provoquer une douleur intense que l’adolescent aura l’impression ne jamais pouvoir
surmonter. Il peut également être isolé socialement et en souffrir. Ce peut être dû à une différence culturelle, anatomique ou autre (timidité par exemple).
Il peut aussi être rejeté de son groupe de pairs ou servir de bouc émissaire.
L’isolement est affectif et physique.
Lire : "Comprendre son enfant 11-17 ans", Caroline Sahuc, Studyrama.
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