Vacances : Lâchez vos enfants !
Les vacances sont un moment rêvé pour les aider à devenir autonomes. Rêvé... mais très angoissant pour les parents ! A moins de transformer ses peurs en outils d’épanouissement. Conseils pour apprendre à les lâcher.

La peur, inévitable
La peur de mère est indissociable de la fonction parentale. La peur raisonnable permet en effet de protéger l’enfant, de l’avertir du danger, de lui transmettre la notion de risque.
Durant les vacances on explore des horizons nouveaux, l’espace des possibles s’ouvre. Face à cela, les inquiétudes parentales s’amplifient. D’autant plus que, paradoxalement, le temps des vacances représente, pour ces parents à l’emploi du temps surchargé, un moment espéré pour rattraper la culpabilité de ne pas se sentir suffisamment « bons parents » le reste de l’année.
Les besoins des uns et des autres ne coïncidant pas toujours, les vacances peuvent alors se transformer en machine à frustration, et à conflit.
Apprendre à se « déparentaliser »
Il est possible de transformer ces peurs en dynamique éducative, pour les enfants comme pour les parents !
« Les dangers réels ne sont pas si nombreux », explique le psychanalyste Jean-Pierre Winter. « Les parents ont une représentation anachronique des capacités de leurs petits à faire face au danger. A l’enfant de signifier qu’il a grandi », conclut le psychanalyste. Et aux parents d’apprendre à se « déparentaliser », à lâcher.
La juste attitude demande un travail d’observation, pour permettre au jeune explorateur de se rassurer. Il est acquis que les jeunes enfants explorent le monde à partir de la « base de sécurité » représentée par l’adulte. Ils s’échappent, reviennent se réfugier, repartent, agrandissant peu à peu le terrain conquis.
A CHAQUE AGE LA BONNE ATTITUDE :
5-12 ans : Le premier départ en colo
Il n’y a pas de raison qu’un accident survienne et de toute façon, il vous faut admettre que vous ne pourrez jamais protéger complètement vos enfants.
La prise de risque fait partie de l’apprentissage Quand l’enfant est loin d’eux, les parents ont le sentiment qu’il ne sera pas capable d’affronter l’inconnu. Mais il ne faut pas confondre dangers réels et projection de nos propres peurs. La confiance se conquiert en acceptant la séparation, en parlant avec son enfant avant le départ, en refusant les pensées morbides, en rationalisant.
10-14 ans : La fête chez Kevin, un copain de plage
Poser des balises. Pas question de laisser l’« adonaissant » partir
à l’aventure, quelle que soit sa demande. Mais pourquoi refuser ? La grande peur parentale, dans ce cas, c’est bien sûr la mauvaise rencontre et le dérapage de la soirée.
Mener l’enquête permet de dissiper les craintes : rencontre avec Kevin et ses parents (sinon, pas de soirée), limite horaire...
16-17 ans : La sortie en boîte
Impossible d’interdire. Il faut négocier et lui expliquer la réalité du danger : les risques de mort (accident, alcool, drogues) et les risques liés à la sexualité. Passer un contrat. À chacun de les établir : si l’accident de voiture représente le plus gros risque, organisez le transport ; si vous donnez une heure de retour, sanctionnez le retard. Le respect des règles est un gage de tranquillité pour tous.
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