Vos enfants se disputent : devez-vous intervenir ?
Selon la psychanalyste française Françoise Dolto, l’intervention des parents dans les disputes de leurs
enfants ne serait pas souhaitable. En le faisant, ils placeraient nécessairement un enfant dans le rôle
d’agresseur et l’autre dans celui de victime. Or ceci risquerait de figer leurs comportements et de faire de chacune de ces attributions un prédicat dont les
enfants auraient du mal à s’extraire. Mieux vaudrait
donc les laisser se chamailler.
Les disputes font partie de la normalité dans la mesure
où elles aident les enfants, entre autres, à forger leur
personnalité et à expérimenter leurs limites. Ainsi, il
peut paraître sage, comme le préconise Françoise
Dolto, de les laisser vivre certaines querelles afin qu’ils
en tirent des leçons utiles.
Toutefois, l’intervention des parents est souhaitable -
outre les situations où il y a une violence verbale et
physique - dans la mesure où elle montre, implicitement,
qu’ils ne cautionnent pas les chamailleries.
Comment savoir s’il faut intervenir ?
Afin de parvenir à faire la part des choses entre les
petites disputes anodines et celles qui peuvent dégénérer
en altercation plus importante, une solution consiste à se placer, dans un premier temps, dans le rôle d’observateur.
C’est en prêtant attention au démarrage et à l’évolution
des querelles des enfants que l’on réussit à identifier les
tournants de celles-ci. Car les conflits qui les opposent
se déroulent, la plupart du temps, suivant le même schéma.
Selon les fratries, les indices peuvent être les décibels
des cris, un objet jeté sur le sol, des pleurs, un mot
récurrent lancé par l’un qui suscite inévitablement de la
colère chez l’autre, voire une demande explicite d’arbitrage.
Quand faut-il intervenir ?
• Quand il y a violence verbale et physique.
• Quand vos enfants vous demandent explicitement
d’intervenir. Cette demande est en effet un besoin
exprimé d’être aidé.
De quelle manière intervenir ?
• En posant des questions. Essayez d’amener vos
enfants à trouver la solution en leur demandant, par exemple, ce que chacun pense de la situation.
• En évitant de prendre parti pour l’un des deux opposants, cela cristallise les conflits.
• En ne les jugeant pas. Chacun a ses raisons de se disputer et votre but est de les aider à résoudre leur problème, porter un jugement risquerait d’alimenter encore plus leur querelle.
• En écoutant tous les protagonistes de la dispute. Comme chacun pense avoir raison, il est important de donner un temps de parole aux uns et aux autres pour que chacun puisse s’exprimer.
• Si la querelle est trop forte, vous pouvez séparer les opposants le temps qu’ils se calment. Les explications viendront dans un second temps.
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Fratrie, stop à la jalousie, Capucine Junguenet, coll. Que faire ?, éd. Studyrama
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